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Thales investit 10 M€ pour son usine high-tech troyenne

Industrie. Les travaux ont démarré sur le Parc du Grand Troyes pour accueillir la nouvelle usine hightech dédiée à la fabrication de systèmes de communication et de connectivité pour l’aéronautique. Entretien avec Nicolas Bonleux, vice-président d’Aerospace Communications Thales.

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Photo de Jacky Raguin et Nicolas Bonleux
Lors de la pose de la première pierre, Jacky Raguin, 1er vice-président de la communauté d’agglomération Troyes Champagne Métropole (à gauche) et Nicolas Bonleux, vice-président d’Aerospace Communications Thales (à droite). (Crédits : MBP)

Vous avez posé la première pierre de votre nouveau site sur le Parc du Grand Troyes pour une usine de 5 000 m². Quand transférerez-vous votre activité ?


Nicolas Bonleux, vice-président d’Aerospace Communications Thales :
Notre chantier se déroule conformément aux prévisions. Nous parlons d’un investissement de 10 à 11 millions d’euros. La nouvelle usine sera prête à la fin de l’été 2027. Nous livrons des industriels pour une chaîne de production d’avion et évidemment, le déménagement doit faire l’objet d’une planification extrêmement détaillée pour ne pas mettre à risque nos clients. On va déménager les services les uns après les autres, pas en même temps, pour qu’un service donné ne soit arrêté que quelques jours. Cela nous demandera, à partir de maintenant, le plus grand exercice de planification pour que tout se déroule sans problème. Pour la construction de l’usine, nous avons sélectionné l’entreprise générale LCR basée en Alsace et très implantée à Troyes.

Qu’avez-vous privilégié ?

Aujourd’hui, les temps ont changé, notre conscience environnementale collective est plus affûtée. Ce bâtiment sera beaucoup plus vertueux pour l’environnement que notre site actuel qui date des années 1980, mais également plus vertueux en termes d’organisation industrielle. Nous allons nous organiser différemment. Des robots serviront les coéquipiers avec des préparations toutes faites. Aujourd’hui, le coéquipier doit se lever pour aller au magasin et chercher les caisses de préparation. Les stocks seront totalement automatisés avec des emplacements roulants. Le dispositif optimisera la place et calculera là où il y en a de disponible dans les magasins pour qu’on puisse y mettre des équipements.

Quel sera l’impact sur l’emploi ?

Notre charge augmente tous les ans au rythme de l’augmentation des cadences de nos clients avionneurs, Airbus au premier plan, mais de tous les autres aussi. Nous avons le bon effectif pour la charge industrielle que nous avons aujourd’hui. Quand nous déménagerons l’an prochain, nous serons probablement 5 à 10 de plus. C’est le rythme de croissance qui sera aussi la bonne maille. La situation a changé depuis qu’on a rejoint Thales [1]. Nous avons mis quelques années à courir après les recrutements. Dans le monde des électroniciens, Thales est vraiment un grand nom français. Les profils sont soit des techniciens électroniques, soit des compagnons de nos ateliers, des monteurs. Nous avons grandi très vite ces dernières années : avec une trajectoire d’augmentation des effectifs de 5 à 10 personnes par an, soit entre 5 et 10 %, c’est beaucoup. Il y a trois ans, nous étions 90, nous sommes 115 aujourd’hui.

Chez nous, le temps de formation est entre un et cinq ans, ce qui demande énormément d’investissement et de temps. C’est extrêmement porteur d’avenir et nous l’accomplissons avec plaisir, mais c’est juste pour donner une idée de l’effort que constitue, pour notre organisation le fait d’accueillir de 5 à 10 personnes par an.

Quels produits fabriquerez-vous dans la nouvelle usine ?

Future usine Thales
Future usine (Crédits : DR)

Dans l’aéronautique, les cycles sont très longs et nous développons déjà les produits qui seront en production en 2030. Nous faisons la recherche et la technologie pour ces produits. En 2026 et 2027, nous ne produirons pas à Troyes d’autres systèmes que ceux que nous faisons déjà aujourd’hui. Nous avons prévu, sur le nouveau site, les futurs produits que nous avons l’intention d’y concevoir d’ici la fin de la décennie. Le segment de marché de la connectivité embarquée vit actuellement une révolution qui n’est pas finie. Cela change quasiment tous les ans ou tous les deux ans et donc nous devons nous préparer à mettre sur le marché des produits de nouvelles technologies à l’horizon 2030, un peu différents de ce que nous faisons aujourd’hui. Notre usine de Troyes est un symbole de l’excellence industrielle des territoires français. Je le dis, parce que l’Aube n’est pas un territoire aéronautique, ce n’est pas Toulouse, par exemple, qui est connu pour être un territoire aéronautique, ou l’Île-de-France. Troyes n’a rien d’aéronautique dans l’écosystème. Pourtant, ici, notre usine est vraiment un des symboles de l’excellence des territoires français en termes d’aéronautique. Nous sommes l’un des meilleurs mondiaux en connectivité embarquée.

[1Rachat de Cobham Aerospace Communication par Thales en 2024