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Superbe Musée de la Reddition du 7 mai 1945

Culture. Au coeur d’un musée « tout neuf », la salle ou fut signée la reddition de l’Allemagne nazie conserve, depuis 81 ans, toute sa poignante signification. Opération d’ampleur, la réhabilitation des lieux est une réussite qui mérite absolument la visite.

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Photo de Laurent Sick, Bénédicte Hernu, Arnaud Robinet et Pascal Perrin
Dans la « salle des cartes », de gauche à droite : Laurent Sick (agence scénographique Kascen), Bénédicte Hernu (directrice des musées historiques de la ville), Arnaud Robinet (maire de Reims), Pascal Perrin (adjoint au maire, délégué à l’Événementiel aux Commémorations et à l’Animation de la Ville). (Crédits : JR)

Le 7 mai 1945 à 2 h41, l’Histoire mondiale a fait escale à Reims, le temps d’une signature. Mais pas n’importe quelle signature, puisque celle-ci entérinait la capitulation sans condition des armées du Troisième Reich et de l’Allemagne nazie, et mettait fin à la Seconde Guerre mondiale, au moins sur le territoire européen. Il importe d’ailleurs de souligner que la reddition allemande a bien eu lieu, à Reims, le 7 mai, même si la commémoration de l’événement est célébrée le 8 mai.

Le théâtre de l’événement fut la salle des professeurs du Collège moderne et technique devenu le lycée Roosevelt aménagée en salle de commandement (ou « War Room ») du corps expéditionnaire allié sous l’autorité du général Eisenhower. Restée en l’état depuis 1945, classée Monument historique le 31 décembre 1985, c’est cette « salle des cartes » qui est aujourd’hui au cœur du Musée de la Reddition du 7 mai 1945.

Vocation pédagogique

(Crédits : JR)

Après le Musée du fort de la Pompelle, avant le renouveau du Musée des Beaux-Arts, le Musée de la Reddition « s’inscrit dans la politique culturelle menée par la Ville, avec une vocation pédagogique affirmée visant à transmettre l’histoire aux jeunes générations », selon Arnaud Robinet, maire de Reims.

Le projet était ambitieux mais, après deux ans et demi de travail des équipes et une année de réhabilitation et transformation, le résultat est incontestablement à la hauteur de l’ambition initiale.

La nouvelle scénographie du musée, réalisée par l’agence Kascen (Belgique), est conçue de façon chronologique pour faire comprendre à tous publics l’importance historique des lieux. À travers 5 thèmes, comme autant de salles d’exposition [Reims et l’entrée en guerre ; l’Occupation (1940-1944) ; la libération de Reims et la présence américaine (1944-1945) ; la salle des cartes où eut lieu la fameuse signature (point d’orgue de la visite, d’où se dégage une évidente émotion, comme le faisait remarquer Pascal Perrin, adjoint au maire) ; la fin de la guerre et un nouvel ordre mondial (jusqu’à la réconciliation du 8 juillet 1962 à Reims)], le nouveau parcours met en perspective la vie des Rémois à cette époque.

Attractivité renforcée

(Crédits : JR)

Outre les dispositifs vidéo et sonores (films, audioguides…), 17 uniformes, 65 documents d’archives, 130 objets pas uniquement militaires, issus pour la moitié d’entre eux des réserves de la Ville, et dont la petite histoire raconte la grande accompagnent le visiteur, à l’image de cet outil, sorte de poinçonneuse (et l’un des deux exemplaires sont connus en France), qui permettait d’apposer la mention « juif » sur les cartes d’identités.

2 M€ (dont 912 000 € de l’Union Européenne (FEDER), 200 000 € du Ministère des Armées et des Anciens combattants, 40 000 € de la région Grand Est et plus de 26 000 € de mécènes privés, entreprises et particuliers du territoire) ont été nécessaires à l’aménagement d’un musée municipal qui attire 60 % de visiteurs étrangers, renforçant ainsi l’attractivité touristique de Reims en mettant en valeur un pan exceptionnel de son histoire.