Studios de Reims : installation unique et création d’une nouvelle filière
Projet. Les Studios de Reims prennent forme, avec deux plateaux dédiés aux futures productions. Cet équipement pourrait être le départ de la création d’une nouvelle filière au cœur de la Champagne. Livraison finale du chantier le 31 mars 2027.
En l’état actuel, difficile de s’imaginer que dans moins d’un an, au milieu des immense murs en béton en construction d’une hauteur de 22 mètres, prendront place deux studios flambant neufs et uniques en France. C’est au cœur de l’ancienne BA 112, sur 45 hectares cédés par l’association Terrasolis pour 8 millions d’euros à NJJ Holding, société détenue par Xavier Niel, homme de presse et homme d’affaires, que se construisent les décors et supports techniques du cinéma de demain. Deux plateaux principaux sont ainsi en construction, un de 2 000 m2 et un autre de 1 000 m2. « Le plus grand plateau doit être achevé d’ici la fin de l’année. Il disposera d’une hauteur utile de 16 mètres. Son grill, destiné à accueillir les équipements techniques et les décors, pourra supporter jusqu’à 60 tonnes. C’est unique en France », relève Vincent Bochu, directeur opérationnel des Studios de Reims.
Le site a donc été pensé comme un véritable outil de production. Une rue couverte, de 14 mètres de longueur sur 9 mètres de largeur, permettra notamment de faire circuler les décors et les équipements. Entièrement piétonne, elle sera dédiée aux activités liées à la décoration. « Nous avons construit l’ensemble du site en ring, c’est-à-dire avec des accès extérieurs », détaille Vincent Bochu. Une organisation qui doit offrir davantage de souplesse dans les déplacements et la logistique. « Nous avons essayé de construire des espaces le plus flexibles possible. »
Plusieurs tournages simultanément
La conception des bâtiments a, quant à elle, intégré des contraintes spécifiques liées à l’activité, aussi bien en matière de sécurité, avec des murs coupe-feu, qu’en matière d’équipements, avec des isolations phoniques de haute qualité devant permettre des tournages simultanés et en toute confidentialité. Chaque plateau disposera ainsi d’environ 830 m² d’espaces annexes, comprenant notamment des loges climatisées, une loge collective et des bureaux pour les équipes de production. « Nos plateaux sont conçus sur le standard américain notamment avec cette très grande hauteur. C’est une particularité que l’on retrouve dans très peu de plateaux français. Et puis Reims est connu des anglo-saxons et notamment des Américains pour le champagne et aussi pour le tourisme de guerre », poursuit-il, ouvrant ainsi la porte à de grosses productions. Car outre les deux plateaux intérieurs, un espace extérieur de 25 ha est également disponible pour des reconstitutions à grande échelle.
Le projet mobilise actuellement une trentaine d’entreprises, dont Thouraud, chargée de l’édification des murs en béton armé de 45 cm d’épaisseur, et une cinquantaine de personnes. Les installations devront par ailleurs répondre aux exigences liées au classement en établissement recevant du public (ERP). Le gros œuvre et la couverture du grand plateau doivent être achevés d’ici la fin de l’année. La livraison finale de l’ensemble est prévue le 31 mars, avec une première production qui devrait débuter dès le 1er avril. Le budget total évoqué se situe aux environs de 80 millions d’euros.
Une nouvelle école de techniciens de cinéma
« C’est une nouvelle filière qui se crée ici, sur le territoire rémois, parce qu’il y a de la production, avec différents prestataires qui vont graviter autour, que ce soit pour les séries, les films ou des émissions de télévision. Il y a aussi l’écosystème rémois pour attirer les professionnels ici : notre proximité avec Paris, le TGV, mais aussi la facilité également de loger les personnes », se réjouit Arnaud Robinet, Maire de Reims, avant d’annoncer : « Nous allons également aller aussi jusqu’à la formation, avec une école qui s’implantera bientôt. Le site a été choisi, il sera près des futurs écoles NEOMA et de l’ESAD, le long des Berges. C’est une école qui va former des techniciens et autres professionnels aux métiers du cinéma et de l’image. » À terme, ce nouveau pôle cinéma rémois, devrait permettre de générer 250 à 300 emplois directs.