Sotratex redonne des couleurs à la filière textile
Industrie. La teinturerie troyenne résiste et poursuit ses investissements avec de nouvelles machines.
Nostalgique du temps où les machines de la Sotratex tournaient à plein régime, Jean-Dominique Regazzoni son dirigeant, ne se résigne pas. Il poursuit ses investissements pour la filière textile. 80 000 euros pour deux nouveaux tumblers rotatifs les velours et l’aménagement des réseaux de vapeur et de traitement des eaux sales en plus des investissements de maintenance annuels et récurrents. Opérationnelles, les deux nouvelles machines, dernière technologie, portent à six leur nombre sur le site. Elles permettent de sécher 12 pièces de tissu de 20 kg. Cette opération, qui nécessitait plusieurs étapes pour absorber le volume, se fait désormais en une seule fois, assurant efficacité et qualité de réalisation. Bien que le tonnage ait baissé, passant de 1 300 tonnes de tissus traités en 2007 à 300 tonnes aujourd’hui, la Sotratex met donc un point d’honneur à investir et à croire à l’industrie textile. Si Jean-Dominique Regazzoni maintient l’outil industriel dans un secteur où les acteurs disparaissent, c’est pour continuer de proposer lensemble de la filière du fil au produit fini. « Certains confrères ont jeté l’éponge et nous avons plus de volume aujourd’hui. » Le chef d’entreprise dirige également le site Emo pour le tricotage des tissus et la production des vêtements en sous-traitance. « Avant, les clients faisaient tricoter à Troyes, façonner à Troyes. Aujourd’hui encore, 90 % de nos clients sont dans l’Aube. »
À présent, le site fonctionne avec deux équipes de teinturiers et une équipe pour les traitements comme le rasage des tissus et sur d’autres postes. « Nous avons embauché deux personnes », ce qui porte l’effectif à 14 salariés, permettant d’absorber l’augmentation des commandes. Alors, il s’adapte et anticipe. Il fait évoluer le parc machines sur ses 7 800 m² d’ateliers troyens dédiés à la teinture, au traitement et à la finition des tissus comme le grattage par exemple pour réaliser des molletons. Il s’agit d’être réactif, de mieux servir ses clients et d’être prêt à honorer de nouveaux contrats avec le souci de la qualité de service et des produits. « Toutes nos teintures sont certifiées. »
Teinture et environnement
Jean-Dominique Regazzoni recherche également les postes d’économie d’énergie et de préservation des ressources dans une activité qui demande beaucoup d’eau et de gaz. Il voit toujours plus loin et projette d’autres investissements dans des machines à teinture moins gourmandes en eau et implicitement en produit de teinture. La mise en place d’une pompe à chaleur devra aussi permettre de réduire l’énorme facture de gaz, 250 000 euros, pour chauffer les bains de teinture. Des leviers d’économie vertueux tant pour l’environnement que pour la rentabilité de l’entreprise. Chaque année, la Sotratex injecte environ 120 000 euros pour la maintenance du site et de ses machines. Des investissements nécessaires pour rester dans la course du pari de la réindustrialisation du secteur dans son berceau territorial.