Seul un bachelier du Grand Est sur huit est accepté dans une formation hors de la région
Éducation. L’INSEE analyse le bilan Parcoursup 2022. Un bachelier sur cinq souhaite poursuivre ses études hors du Grand Est. Un sur huit y parvient. Les sortants : des filles plus que des garçons, des diplômés avec mention, vers des écoles de commerce ou d’ingénieurs. A contrario, près de 6 000 étudiants, d’autres régions ou de l’étranger sont accueillis dans la région.
En 2022, 51 500 élèves ont eu leur baccalauréat dans le Grand Est. 43 000 d’entre eux ont exprimé au moins un voeu sur la plateforme Parcoursup. Si 60 000 places de formation y sont proposées, certaines sont pourvus par des anciens bacheliers, des bacheliers venus d’autres régions ou de l’étranger. L’origine sociale des bacheliers favorise le parcours moins fréquemment dans le Grand Est (35%) qu’en France (40%). La proportion de bacheliers diplômés d’un baccalauréat général, par rapport aux filières technologiques et professionnelles est moindre que dans le reste du pays. L’Académie de Reims est, dans ce domaine, un cas particulier : 19% pour la part des bacs professionnels contre 16% dans le Grand Est. L’Académie de Strasbourg recense, à la fois, plus de diplômés issus de familles aisées et plus de meilleurs résultats à l’examen qu’ailleurs dans le région.
Dans le Grand Est, 28% des demandes portent sur l’accès aux licences et 26% sur la filière Brevet de Technicien Supérieur. La filière licences suppose plus de places à pourvoir (41% de l’offre de formation régionale) que de demandes de la part des bacheliers. A contrario, les demandes en BTS et BUT dépassent largement les offres de formation de ces filières. La demande et l’offre en écoles de commerce et de management sont sous-représentées dans la région par rapport à la France métropolitaine. La part des élèves issus de milieux très favorisés est surreprésentée dans la demande de classes préparatoires aux grandes écoles. À l’inverse, les élèves issus de milieux plus défavorisés sont surreprésentés dans la demande en BTS. Les filles et les garçons ne choisissent pas les mêmes filières, plutôt Diplômes d’Etat sanitaire et social et licences chez les filles, plutôt écoles d’ingénieurs, BTS ou BUT chez les garçons.
Les formations hors de la région représentent 17% de la demande
Dans la région, comme en France métropolitaine, les deux tiers des demandes visent des formations qui n’existent pas dans la zone d’emplois dans laquelle les élèves ont passé leur baccalauréat. Dans le Grand Est, comme en Auvergne-Rhône-Alpes et dans les Hauts-de-France, moins d’un cinquième de la demande porte sur des formations hors de la région. À l’inverse, en Bourgogne-Franche-Comté ou dans le Centre-Val de Loire, les formations hors région représentent plus d’un tiers des demandes. Si dans le Grand Est les licences et formations technologiques sont suffisamment présentes pour limiter les mobilités géographiques lors de l’entrée dans le supérieur, la région est déficitaire en places dans les écoles d’ingénieurs et dans les écoles de commerce. En général, les candidats de la région réalisent 37% de leurs demandes à l’intérieur de la zone d’emploi de leur résidence, 46% hors de leur zone mais dans la région et 17% hors de la région. Les demandes de mobilité hors de la région sont plus fréquentes chez les filles, chez les bacheliers issus de milieux favorisés, chez les possesseurs d’un bac général ou chez les bacheliers mention très bien.
Parcoursup dévoile moins de mobilités acceptées que demandées
En 2022, 37% des candidats au supérieur envisageaient de rester dans leur zone d’emploi. Au final, ils sont 43% à y poursuivre leur études. Seul un candidat sur huit est accepté dans une formation hors de la région alors que la demande était d’un candidat sur cinq. Cette tendance se retrouve dans toutes les filières. Elle est accentuée pour les classes préparatoires aux grandes écoles et les diplômes d’Etat. Deux tiers des élèves qui acceptent de quitter la région partent étudier dans des régions limitrophes : 25% d’entre eux vers l’Ile-de-France, un sur cinq vers les Hauts-de-France ou la Bourgogne-Franche-Comté, un sur dix vers l’Auvergne-Rhône-Alpes.
Dans le Grand Est, les taux de bacheliers sortant de la région sont plus importants dans les zones d’emploi de Champagne-Ardenne que dans celles de la Lorraine ou de l’Alsace. Dans le premier cas : 16% des bacheliers de la zone d’emploi de Reims ont poursuivi leurs études hors de la région, 17% pour Charleville-Mézières, 19% pour Châlons-en-Champagne, 21% pour Troyes, 24% pour Epernay, 28% pour Romilly-sur-Seine et 35% pour Chaumont. En Lorraine, 8% pour Metz et 7% pour Nancy. En Alsace : 11% pour Strasbourg, 12% pour Mulhouse et 14% pour Colmar.
L’attractivité de écoles de commerce et des écoles d’ingénieurs du Grand Est
En 2022, 5 600 nouveaux bacheliers d’autres régions sont venus étudier dans le Grand Est. Six sur dix proviennent des régions limitrophes du Grand Est et un sur dix de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ces étudiants choisissent principalement Strasbourg (31%) et Reims (23%). Plus de la moitié d’entre eux sont issus de familles très favorisées. Ils ont généralement un très bon niveau scolaire (30% d’entre eux ont un bac avec mention très bien. Dans les écoles d’ingénieurs du Grand Est, près de la moitié des élèves viennent d’une autre région, plus d’un tiers dans les écoles de commerce. Ils ne sont que 13% dans les effectifs inscrits en licence.
Source : INSEE Analyses Grand Est, janvier 2026 et Parcoursup 2022.