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Serment de Nogent : le livre blanc remis à Emmanuel Macron

Nucléaire. La candidature auboise à la construction des EPR2 rassemble tous les acteurs de la Région Grand Est et de l’Île-de-France, désormais en ordre de bataille et prêts à agir.

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Photo du comité stratégique du Serment de Nogent
Le comité stratégique du Serment de Nogent réuni en préfecture pour finaliser le livre blanc de candidature à la construction de deux EPR2. (Crédits : MBP)

Dix milliards d’investissements, dix mille emplois créés, dix ans de travaux, auxquels s’ajoutent le travail préparatoire, les politiques publiques d’accompagnement sur le logement, les infrastructures, la formation, et surtout la grande fierté pour le territoire de contribuer à la souveraineté énergétique. Le livre blanc du Serment de Nogent, achevé des dernières décisions statuées le 16 janvier en comité stratégique, va être remis au Président de la République. La décision présidentielle, initialement annoncée fin 2026, pourrait ainsi intervenir avant ou après l’été. « J’avais pris l’initiative de mettre tout le monde autour de la table et ce que j’avais appelé le Serment de Nogent est devenu un acte administratif », explique François Baroin, maire de Troyes et président de Troyes Champagne Métropole. « La relance du nucléaire est possible. Ma compréhension est qu’il est de l’intérêt de l’État de fixer une feuille de route pour EDF, pas pour le prochain mandat présidentiel mais pour les 50 ans à venir. »

Soixante personnes, élus, collectivités et forces vives, étaient rassemblées en préfecture le 16 janvier dernier pour statuer sur les différents paramètres de la réussite du projet. « Bien que le dossier soit complexe, bien qu’il y ait des défis à relever, on sent une volonté de bouger les montagnes et aucune réserve n’a été émise de la part des différents participants », poursuit Franck Leroy, président de la Région Grand Est.

Anticiper pour la prospérité

Le Serment de Nogent porte la candidature du nogentais pour la construction de deux EPR2. Scellé en février 2023, il mobilise tous les acteurs du territoire, y compris de la Région Île-de-France avec la Seine-et-Marne, pour que tous les voyants soient au vert quand le Président de la République rendra sa décision. « Il s’agit d’offrir à l’État toutes les conditions requises pour que la décision soit acceptée et qu’elle soit vécue comme au fond un privilège d’être un partenaire de l’État pour offrir à tous les Français notre part de souveraineté », ajoute le maire de Troyes. Le livre blanc doit être une aide à la décision pour Emmanuel Macron. Il présente le fruit de deux ans de travail d’anticipation qui engage tous les acteurs du comité de pilotage. Foncier et compensation environnementale, biodiversité, ressource en eau avec les lacs d’Orient et celui du Temple-Armance, des atouts avec 400 millions de m³ d’eau capables aussi de faire refroidir les réacteurs de la centrale au-delà d’être des régulateurs d’inondation, emplois, compétences et formation, construction d’infrastructures et de logements, le livre blanc présente tous les atouts favorables à l’accueil du projet.

Des arguments renforcés par la 4e visite décennale obligatoire pour le maintien en service du CNPE de Nogent, prévue en 2029/2030 et dont les enjeux et la réussite préfigureront la capacité de construction des nouveaux EPR. Si la Région Île-de-France ne possède pas de centrale nucléaire sur son territoire, elle s’associe au Serment de Nogent par sa proximité et y voit sa compétence pour répondre aux besoins en formation aux métiers du nucléaire et des énergies, des cursus existants sur le territoire IDF. « Nous n’avons pas de centrale nucléaire en Île-de-France, mais nous sommes une Région qui va avoir une forte demande en électricité avec l’émergence des datacenters et avec l’électrification massive des usages », commente Yann Wherling, vice-président de la Région Île-de-France, qui place aussi dans le nucléaire le moyen de répondre aux besoins et à l’enjeu environnemental de décarbonation.

SNC2R : la compensation environnementale bi-régionale

Côté compensation environnementale, la création d’un site naturel de compensation-restauration et renaturation est à l’étude. Un site cogéré par deux régions, Grand Est et Île-de-France, une première nationale, qui permettra, par des actions de génie écologique, de compenser les impacts du projet en convertissant les gains en unités de compensation. Les 185 hectares de réserve foncière nécessaire aux EPR2 sont par ailleurs en grande partie déjà acquis ou réservés par EDF. 99,7 % des propriétaires fonciers sont favorables ou en négociation et près de 32 % de la surface nécessaire est acquise ou réservée par EDF. Un moyen de cumuler projet industriel et préservation de l’environnement.