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Sept maisons en conteneurs voient le jour à Fismes

Logement. Le bailleur social Plurial Novilia et l’entreprise de construction modulaire High Cube s’associent pour la création de sept maisons individuelles au sein du lotissement « Le Cheval Blanc » à Fismes.

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Une maison de 110m² nécessite l’empilement de cinq conteneurs de tailles différentes. (Crédits : ND)

Sur les hauteurs de Fismes, dans un lotissement qui comptera à terme 250 logements, sept de ces maisons ont la particularité d’être réalisées en collaboration avec l’entreprise châlonnaise High Cube. Leur spécificité ? Être construite à base d’anciens conteneurs maritimes. « Nous récupérons des conteneurs maritimes déclassés qui ont plus de 15 ans et qui ne peuvent plus naviguer. Il faut que leur stabilité structurelle soit validée par un bureau de contrôle au port avant qu’on l’achète. Il y a également d’autres points que l’on vérifie, notamment au niveau des marchandises qu’il a transportées », explique le fondateur, Tolgay Yildiz. Ce fils de maçon a créé sa start-up il y a cinq ans, en passant par une incubation chez Innovact, avec comme objectif de rendre la construction de logement plus écologique et moins pénible pour les salariés.

Une fois les conteneurs récupérés, l’entreprise les transporte dans son atelier châlonnais de 6 000 m2 et commence un processus de sélection et de traitement. « Il y a sept étapes de transformation dont la découpe des ouvertures pour venir plugger les conteneurs d’après, ainsi que les ouvertures pour les menuiseries, fenêtres ou baies vitrées. » Pour réaliser une maison de 5 pièces d’environ 110 m2, il faut cinq conteneurs de tailles différentes (26 et 13 m2) que l’on va venir accrocher et empiler, un peu comme un jeu de construction. Deux avantages principaux à cette technique, le temps de construction et la préfabrication hors site. « Aujourd’hui, dans le bâtiment, nous sommes confrontés à un manque de main-d’œuvre », relate Pierre Duvernoy, directeur maîtrise d’œuvre d’exécution, chez Plurial Novilia. « C’est pourquoi nous réfléchissons à comment préfabriquer nos maisons pour que ces métiers – qui se font habituellement à l’extérieur sous la pluie, dans le froid ou dans le chaud – puissent se faire dans une usine. »

De plus en plus, le bailleur social mène des chantiers de ce type, avec des entreprises locales et innovantes comme Muance ou Inergeen. Cette opération s’inscrit ainsi dans la continuité des expérimentations menées par Plurial Novilia autour de nouveaux modes constructifs, comme récemment la construction d’un immeuble en impression 3D béton à Bezannes. Car pour Plurial Novilia, répondre aux critères d’émissions carbone de la RE2020 est indispensable. « Avec ce projet, nous répondons au critère 2028 en termes de consommation carbone pour construire le bâtiment. C’est vraiment une solution bas carbone », insiste Pierre Duvernoy. Le bailleur social vise par ailleurs l’obtention de certifications environnementales reconnues, telles que HQE (Haute Qualité Environnementale) et BREEAM. « Ces certifications garantissent un projet respectant les meilleurs standards en matière de performance environnementale, de gestion de l’énergie et des ressources, ainsi que de qualité de l’air intérieur. »

Performance énergétique et rapidité

A terme, voici ce à quoi devraient ressembler ces habitations. (Crédits : DR)

Ces chantiers présentent aussi comme deuxième avantage d’être rapides. « Pour réaliser des opérations, nous contractons des prêts auprès d’établissements bancaires. Notre but est donc de faire rentrer au plus vite des loyers pour pouvoir rembourser », précise Pierre Duvernoy. « En fabrication, on sort à peu près un conteneur par jour de nos ateliers. Cela fait donc cinq jours ouvrés pour une maison sortie de nos ateliers. Mais quand on a un lotissement comme celui-ci, suivant les plannings, nous avons démarré l’opération le 15 juin 2026, avec les travaux de terrassement. On livre le projet fini, clé en main, dans six mois, le 15 décembre », annonce Tolgay Yildiz.

Quant à l’isolation thermique des structures et leur consommation énergétique, avec les épisodes de canicule à répétition mais également l’augmentation des coûts de l’énergie et donc du chauffage, on peut logiquement s’interroger sur la performance des logements. « On travaille sur une boîte métallique, un conteneur en acier corten, conçu pour résister à des conditions extrêmes. Mais 50 % du produit final, c’est du bois puisque le bâtiment possède une façade à ossature bois rapportée sur le conteneur, comme lorsqu’on rénove un bâtiment, avec aussi une charpente en ossature bois. On a également une double isolation thermique intérieure et extérieure. Cela nous permet de prendre le conteneur en sandwich et d’améliorer de manière importante le confort été comme hiver », souligne le fondateur d’High Cube, qui prévoit de livrer 200 conteneurs l’année prochaine et 700 dans deux ans.

« Au-delà de la réalisation de ces sept logements, le projet a vocation à démontrer la faisabilité technique, économique et environnementale d’une solution industrialisable et reproductible. Il constituera un retour d’expérience pour Plurial Novilia et le Groupe Action Logement afin d’envisager le déploiement de ce mode constructif sur de futures opérations de logements bas carbone », souligne pour sa part Johnny Huat, Directeur Général de Plurial Novilia.

(Crédits : ND)