Se réinventer parce que « la crise devient la norme »
Conjoncture. Le point de conjoncture sur les bilans et perspectives économiques en Grand Est de la Banque de France n’a rien de réjouissant même si la récession semble évitée. Au-delà du contexte, les entreprises doivent se préparer au rebond.
La Banque de France a présenté son enquête annuelle sur le bilan et les perspectives économiques en Grand Est alors que le taux d’emprunt de la France atteint de tristes records à 4,8 % quand l’Allemagne emprunte à 3,6 %. En empruntant 300 milliards, la charge de la dette va représenter 100 milliards en dix ans. Alan Piat, directeur Aube de la Banque de France, a décrit une situation de crises perpétuelles accentuées par l’international aux forces vives auboises.
À l’heure de la construction de la Loi de finances, la dette va devenir le premier budget de l’État devant la défense, l’éducation et la santé. Parce que, sauf l’aéronautique et la défense, peu de secteurs s’en sortent en France, avec des secteurs du transport, de l’hôtellerie et de la restauration marqués par le ralentissement.
Si la situation reste atone, l’emploi reste préservé, au cas où, les entreprises ne voulant pas se séparer d’une main-d’oeuvre compétente et difficile à recruter. Certains secteurs cherchent d’ailleurs à recruter en prévision de la reprise. Pour la construction, le chiffre d’affaires attendu passe de +1,4 % à 0,4 % dans le gros oeuvre comme dans le second oeuvre et les chiffres liés aux travaux publics se détériorent pour un repli négatif à -1,2 %.
Effets collatéraux dans un contexte de crise continue : les trésoreries des entreprises plongent, les investissements sont repoussés et les défaillances d’entreprises augmentent de 6,5 % dans l’Aube (-0,2 % en Grand Est) par rapport à l’an dernier.
Retour vers le futur
Et si le retour à la normale n’arrivait jamais ? Comment être présent en 2030 dans un contexte industriel complexe et instable ? Pour inciter les entrepreneurs à changer de posture, parce que finalement la crise devient une donnée récurrente, le cabinet KPMG s’est projeté en 2030 avec le témoignage d’une entreprise fictive qui revient sur son changement. Avec une autre approche des approvisionnements qui devient stratégique pour ne pas manquer de pièces indispensables, pas forcément coûteuses mais dont l’absence peut bloquer la production.
L’usine agile et flexible doit s’adapter à chaque type de crise et en profiter. L’innovation, la plus utile étant celle qui est invisible, avec un travail sur le service. Les travaux sur la marque employeur, sur la réglementation, sur l’utilisation de l’IA et sur l’impact environnemental se sont révélés des leviers indispensables pour continuer à produire en générant plusieurs scénarios. Une démonstration qui, si elle reste théorique, repose sur des pratiques simples à mettre en oeuvre avec un postulat de base : se dire que la crise n’en est plus une, qu’elle est devenue la norme et qu’il faut faire avec.