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Redressement judiciaire des deux sites Aginode dans les Ardennes

Industrie. Les deux anciens sites Nexans dédiés aux télécommunications ont été placés en redressement judiciaire avec une période d’observation de trois mois afin de trouver d’éventuels repreneurs.

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Aginode
Les 238 salariés de Vrigne-aux-Bois, Fumay et Courbevoie connaîtront une nouvelle décision judiciaire le 17 septembre prochain. (Crédits : DR)

Le Tribunal de commerce de Sedan a placé en redressement judiciaire les deux sites Aginodede Vrigne-aux-Bois et Fumay. 238 personnes dont celles du siège de Courbevoie sont également concernées par la mesure. Ils sont encore 110 à Aginode France à Fumay, unité spécialisée dans la fabrication de câbles LAN pour les systèmes de réseaux locaux et la connectivité des entreprises. Le principal pourvoyeur d’emploi de la cité de l’ardoise a existé sous différentes dénominations (Alcatel, Câbles de Lyon, Filotex et Nexans). Il œuvrait principalement dans les systèmes de câblage pour les centres de données, les réseaux d’infrastructure fibre optique (FFTx) et les réseaux mobiles 4 et 5G.

Les 120 autres salariés d’Aginode Connect (ex-Nexans Interface) fabriquent à Vrigne-aux-Bois des équipements de raccordement aux réseaux fibre optique et ADSL pour les réseaux de télécommunication. Cette unité a fêté ses 100 ans en 2019. Aginode Connect propose aussi des services en qualité de partenaire OEM (Original Equipment Manufacturer) et met à disposition son savoir-faire et ses outils de production (injection plastique, tôlerie fine, soudure découpe, assemblage, finition…) au service d’autres entreprises. Le fait d’être plus qu’un fournisseur pour les réseaux numériques peut lui servir d’atout pour son avenir immédiat.

Le 29 juin, lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire tenu à Charleville-Mézières, la direction des deux sites avait annoncé l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire « en raison d’une situation économique et financière très dégradée au sein des deux sociétés » en plus d’une concurrence très forte de la Chine.

Lauréat de France Relance en 2021

Une douche froide pour les employés qui ne s’attendaient pas à une telle décision. « Un coup dur » pour le Préfet des Ardennes qui a reçu les représentants des salariés. Rappelons que le 28 octobre 2021, l’État avait attribué une aide de 434 000 euros au groupe Nexans, alors lauréat du plan France Relance, pour soutenir un plan d’investissements de 2,7 millions d’euros visant à moderniser, digitaliser et robotiser les deux sites ardennais pour « renforcer leur ancrage dans les Ardennes » et les préparer aux transformations d’avenir. Des outils de production finalement revendus en 2023 au fonds d’investissement belge Syntagama Capital avant de devenir des filiales d’Aginode qui conçoit des solutions de connectivité flexibles reliant les réseaux numériques du monde entier.

Aujourd’hui, seul un projet de reprise pourrait assurer la pérennité des deux sites alors que les derniers chiffres du chômage dans les Ardennes font état de 23 000 personnes sans emploi dans le département. Les 238 salariés de Vrigne-aux-Bois, Fumay et Courbevoie devront patienter jusqu’au 17 septembre pour connaître leur sort, le tribunal de commerce ayant renvoyé l’affaire à cette date pour permettre à l’administrateur judiciaire d’analyser la situation financière des deux PME et ainsi, trouver au plus vite des repreneurs. À la barre, Jean-François Cécillon, le directeur du groupe Aginode a promis de participer à ces recherches. « Les salariés entendent rester mobilisés en continuant de travailler pour sauver l’entreprise », indique Joël Deleflie, secrétaire du CSE.