Prud’hommes : Audrey Canonne, nouvelle présidente
Justice. C’est Audrey Canonne, issue du collège salariés, qui a été élue présidente pour l’année 2026.
Petit évènement au sein du Conseil de prud’hommes de Charleville-Mézières où l’alternance habituelle, ces dernières années, entre Loïc Gobé et Sandrine Parizel, s’est interrompue. C’est Audrey Canonne, issue du collège salariés, qui a été élue présidente pour l’exercice 2026. Ayant fêté ses 44 ans en fin de semaine dernière, la native de Villers-Semeuse après avoir obtenu un D.U.T. « Carrières juridiques » en 2004 à Lille, est devenue juriste à la CPAM des Ardennes depuis 2006. « J’avais donc l’habitude à travers cette fonction de fréquenter régulièrement le pôle social de la rue de l’Arquebuse », exprime-t-elle.
+ 43% d’affaires
Membre du Conseil des Prud’hommes depuis décembre 2008, elle présente la particularité d’être la plus ancienne membre de cette juridiction avec 18 ans de présence derrière elle. Celle qui avoue lire beaucoup et notamment des ouvrages traitant de la géopolitique était jusqu’alors la présidente de la section « activités diverses » et a déjà été vice-présidente du conseil. Lors de cette audience de rentrée, la vice-procureure a rappelé qu’entre 2024 et 2025, le nombre de dossiers enregistré avait atteint la barre de 595, soit une augmentation de 215 par rapport à l’exercice précédent. Même constatation sur nombre d’affaires en cours passé de 582 à… 832 (+43%).
Après cette réquisition, Loïc Gobé, a dressé le bilan de l’activité juridictionnelle de l’année écoulée, « soutenue », car marquée par un volume important d’affaires nouvelles, une reprise de l’activité contentieuse et une baisse progressive des saisines.
« En 2025, la section industrie, toujours très sollicitée, concentre une part importante. Elle démontre pourtant une capacité constante à traiter des dossiers parfois très techniques. Alors que les sections agriculture et encadrement, bien que moins volumineuses, participent pleinement à l’équilibre général de la juridiction. »
« Les chiffres que nous partageons aujourd’hui ne sont pas des motifs d’inquiétude mais des outils de pilotage au service d’une justice prud’homale toujours plus lisible, accessible et humaine. Si le stock d’affaires en cours progresse, nos délais de traitement s’inscrivent dans des niveaux comparables à ceux constatés au plan national », indique Loïc Gobé. Autrement dit, cette juridiction « régulatrice des tensions sociales » n’est ni à la traîne, ni en difficulté structurelle mais confrontée à une charge croissante.
Celle qui lui succède a d’emblée prononcé un discours « punchy ». Audrey Canonne a, en effet, dénoncé « des moyens alloués insuffisants » ; « la mise sous tension permanente des greffes » et « l’accumulation de réformes techniques » alors que le monde du travail a été touché par la multiplication des licenciements individuels et collectifs, un amenuisement des protections et des rémunérations ne suivant pas le rythme de vie réél. « Les salariés qui saisissent notre juridiction cherchent le droit, la reparation et parfois une dignité retrouvée. Ils poussent notre porte parce que le monde du travail, tels qu’ils l’ont vécu n’a pas tenu ses promesses. Pourtant, les délais s’allongent, les charges administratives se complexifient. Les conseillers prud’hommes, voient leurs missions s’alourdir tandis que les contraintes procédurales se multiplient. »