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129e année

Olivier Stroh créé le groupe Obomo pour structurer ses offres

Evénementiel. Restaurant, séminaires, château... après 17 mois de fermeture, le patron de l’Atrium diversifie ses activités.

Après avoir traversé la crise sanitaire, Olivier Stroh symbolise la nouvelle génération de dirigeants du monde de la nuit qui a su se diversifier pour proposer d’autres activités complémentaires telles que la restauration ou l’accueil de séminaires professionnels. Axel Coeuret

Olivier Stroh a retrouvé le sourire. Après une fermeture forcée d’un an et demi, le dirigeant de la discothèque rémoise l’Atrium a enfin rouvert ses portes début septembre et la clientèle est au rendez-vous. Mieux encore, le dirigeant a profité de cette période de crise sanitaire pour réfléchir à l’avenir de ses activités, les structurer et les regrouper au sein d’une seule et unique entité : le groupe Obomo. Mais nous y reviendrons un peu plus loin. Retour sur la reprise d’activités de l’Atrium début septembre.

« Nous aurions pu ouvrir début juillet mais nous avons préféré attendre début septembre, quand le vaccin était devenu la règle et le test l’exception, explique le dirigeant à qui les faits ont donné raison. Nous avons mis en place un stand de dépistage devant l’Atrium les vendredis et samedis soir en partenariat avec la Croix Rouge : nous n’avons finalement eu aucun dépistage à réaliser ». Un élément de satisfaction pour les équipes de l’établissement qui accueillent ainsi entre 1200 et 1800 clients par semaine, en toute sérénité.

« Le Covid a aussi été l’occasion de nous questionner sur qui nous sommes »

« En tout et pour tout, nous avons eu trois ou quatre personnes sans pass sanitaire qui se sont présentées ». Il faut dire que depuis de nombreuses années déjà, l’Atrium a développé un système de réservation et de billetterie en ligne pour inciter les clients à anticiper leur venue et éviter ainsi les déplacements tardifs inutiles. Une question d’organisation, de sécurité mais aussi de gestion pour Olivier Stroh qui connait ainsi sa jauge à l’avance et peut prévoir ses équipes en conséquence.

Un restaurant à venir

Au cours de ces 17 mois de fermeture, le dirigeant s’est lancé dans de nombreux projets, à commencer par des travaux au sein de son établissement. « Avant le Covid nous avions deux salles pour deux ambiances différentes. Au moment de la fermeture nous étions en pleine réflexion pour savoir si nous gardions la deuxième salle ou pas, avec la possibilité de créer un restaurant, une salle de séminaire ou un bar. Le Covid a accéléré notre réflexion et le processus de décision », explique celui qui a donc décidé de créer un restaurant. Une salle de 80 couverts à l’intérieur, 60 en terrasse, avec une ouverture le midi en semaine et la nuit le weekend.

« C’est aussi pour nous une manière de faire progresser notre offre de séminaires Avant le Covid, nous accueillions déjà des entreprises dans nos salles pour leurs réunions mais nous faisions appel à des restaurateurs ou des traiteurs pour la pause déjeuner. Désormais, nous pourrons proposer ces prestations sur place ». Il compte aussi apporter un service supplémentaire de restauration dans la zone du Port-Sec où l’offre est plutôt faible en la matière pour les salariés des dizaines d’entreprises de la zone. Les travaux en cours devraient se poursuivre encore quelques semaines pour permettre une ouverture fin 2021 voire début 2022.

Un château à 45 minutes de Reims

Autre décision d’envergure donc, le chef d’entreprise a décidé de structurer ses différentes activités dans un groupe, baptisé Obomo ((pour Organisateurs de BOns MOments). « Le Covid a aussi été l’occasion de nous questionner sur qui nous sommes », rappelle Olivier Stroh, qui, outre l’Atrium, avait déjà créé Combo, une société informatique chargée notamment de gérer ses applications de réservation. Il avait également ouvert Musikall (bar-karaoké box) au printemps 2020, au moment du premier confinement et a créé le Village Atrium à l’été 2020, pour porter de nouvelles activités de soirées et de loisirs en extérieur.

Autant de structures qui nécessitaient un cadre commun au-delà de leur dirigeant-fondateur. Surtout que l’année 2021 a également été pour le chef d’entreprise l’occasion de mettre en oeuvre une nouvelle opportunité. « J’ai appris par hasard la mise en vente du Château de l’Abbatiale de Braine (Aisne) en janvier 2021 et je me suis positionné assez rapidement pour acquérir ce bien », rappelle-t-il.

Devenu propriétaire au printemps 2021 de cette demeure de 500 m2 (et 300 m2 de dépendances) entourée de 4,5 hectares de parc clos avec un étang, située à 45 minutes de Reims et à une heure de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, le chef d’entreprise compte désormais y installer des activités. Il s’adressera aux particuliers et aux entreprises pour l’organisation de mariages, incentive, réunions d’entreprises clés en main, séminaires en mode immersif... et attirer ainsi une clientèle parisienne en recherche de province mais aussi de proximité avec la Capitale.

« Nous allons réaliser d’importants travaux pour y installer une grande salle, des chambres d’hôtes ainsi qu’un ou plusieurs gîtes afin d’atteindre un niveau d’hébergement suffisant pour permettre un certain niveau d’autonomie », explique Olivier Stroh qui vise des réceptions de 150 personnes et une capacité de couchage sur place d’une cinquantaine de personnes. Un projet d’envergure dont l’investissement dépasse le million d’euros et un calendrier qui prévoit un accueil des premiers événements à l’été 2023.

Benjamin Busson