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Musée des Beaux-Arts de Reims : ouverture prévue en juin 2027

Culture. En cette fin février, une visite de chantier du Musée des Beaux-Arts de Reims, sous la conduite éclairée de Georges Magnier (directeur des musées de la ville), Ludovic Dingreville (agence d’architecture Aires Mateus) et Walter Gavard-Perret (chef d’opération, Grand Reims), a fait le point sur l’avancement des travaux et l’ampleur des réalisations.

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Georges Magnier
Dans un bâtiment toujours en travaux, Georges Magnier, directeur des musées de la ville de Reims, présente la vue d’une salle telle que la découvriront les visiteurs. (Crédits : JR)

153 600 ardoises – évidemment posées et clouées une par une par une dizaine de couvreurs – recouvrent le toit du Musée des Beaux-Arts de Reims, en pleine rénovation. À lui seul ce chiffre donne une idée d’une opération architecturale rarissime en France. Car le futur musée, revisité de fond en comble, sera le résultat d’un subtil mariage entre la préservation du patrimoine et des espaces classés monuments historiques de l’ancienne abbaye Saint-Denis - avec les contraintes techniques que cela implique - et des structures plus modernes comme, par exemple, la création d’un second étage réalisé sous les combles ou encore un sous-sol creusé à 10,50 mètres de profondeur pour abriter diverses salles… Sans oublier, bien entendu, les plus récentes innovations en matière de ventilation, de lumière, de traitement acoustique pour diminuer le bruit, etc.

Une surface d’exposition triplée

Après la fermeture des lieux en 2019 et quelques vicissitudes - la période Covid, notamment -, les travaux ont débuté en mai 2023. Une vingtaine de lots ont été attribués aux entreprises représentant divers corps de métiers : des plus classiques, comme le gros oeuvre, la menuiserie, la serrurerie, la peinture… aux plus spécifiques, tels que la dorure à la feuille d’or, ou la signalétique. En moyenne, quelque 50 ouvriers travaillent en permanence sur le chantier. Lorsque le musée accueillera ses premiers visiteurs, sa surface utile (hors surfaces techniques) sera de 7 200 m2, contre 3 500 m2 à l’heure de sa fermeture. La surface d’exposition permanente aura été multipliée par trois, passant de 1 200 à 3 500 m2. 1 280 oeuvres y seront présentées, contre seulement 350 en 2019.

Art nouveau et Art déco

La mise en valeur de l’Art nouveau et de l’Art déco fera partie des points forts du musée. Le premier étage sera consacré à l’Art nouveau, et l’on y retrouvera, par exemple, dans des espaces dédiés, la salle à manger d’Henri Vasnier réalisée par Emile Gallé, ou encore une autre salle à manger (époque 1906/1906) donnée par la famille Krug. Au second étage, place à l’Art déco, avec du mobilier des années 1920/1930. Un parti pris muséographique consiste à alterner une scénographie vaste et claire et des cabinets plus intimes. Dans une aile, une longue galerie des sculptures permettra de mettre en valeur les richesses du musée en la matière, dont le fonds porte principalement sur la période 1870/1960, en présentant 140 oeuvres de tout format - contre une dizaine auparavant -, faisant la part belle au travail du célèbre artiste rémois René de Saint-Marceaux. Une autre aile (240 m2) sera entièrement consacrée à Foujita. Au centre de la cour intérieure, la « faille dorée » (à la feuille !), rappelant les crayères, fera le lien entre patrimoine et modernité pour conduire le visiteur vers un sous-sol créé de toute(s) pièce(s) où il trouvera une salle d’exposition temporaire (520 m2, 5,50 m sous plafond), un auditorium de 220 places, un centre de documentation (stockage et espace de consultation) ouvrant sur un patio qui apportera sa lumière.

54 millions d’euros

Les travaux suivant désormais le calendrier établi, le bâtiment vide devrait être livré en décembre de cette année. Il conviendra ensuite d’installer les collections pour une ouverture au public prévue en juin 2027. Le coût prévisionnel du « nouveau » Musée des Beaux-Arts de Reims reste actuellement établi à 54 M€ HT.