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129e année

Monier étend sa carrière d’argile

Extension. La tuilerie ardennaise vient de présenter un projet d’extension de sa carrière d’argile sur la zone artisanale de la Fosse au Mortier.

Nichée entre deux pâturages sur le territoire de la commune de Signy-l’Abbaye et opérationnelle depuis 2008, la tuilerie ardennaise vient de présenter un projet d’extension de sa carrière d’argile sur la zone artisanale de la Fosse au Mortier. La superficie totale concernée par ce programme s’étendrait sur 89 hectares dont 64 exploitables pour une capacité moyenne de 120 000 tonnes par an pendant une durée de trente ans. Ce projet vient de faire l’objet d’une demande d’autorisation environnementale. Une enquête d’utilité publique de trente jours est donc jusqu’au 23 novembre prochain. Inaugurée en grandes pompes il y a treize ans, l’usine de fabrication de tuiles en terre cuite avait à l’époque nécessité un investissement de 65 millions d’euros.

Désormais placée dans le giron du géant américain BMI Group (Braas-Monier-Icopal), leader mondial de la toiture en pente, elle occupe déjà une surface de plus de 100 hectares comprenant l’usine (30 000 m2), le parc de stockage des produits finis et la carrière adossée. En 2019, 20 millions de tuiles par an étaient produites à Signy l’Abbaye où cinq formats sont conçus. Le site ardennais avait au départ été choisi en raison de la qualité de son gisement d’argile. Une matière première réputée pour sa plasticité et une très grande résistance au gel. Signy-L’Abbaye se trouvait, par ailleurs, à proximité d’une alimentation en gaz et à courte distance des marchés du nord de l’Europe (Allemagne et Benelux).

Le plus grand four d’Europe

85 salariés (opérateurs de fabrication, techniciens de maintenance, mécaniciens et électromécaniciens, agents de maîtrise et caristes) plus un volant d’une trentaine d’intérimaires travaillent dans cette usine très automatisée dirigée par Thomas Doudoux. Pièce maitresse de la chaîne de production, le four qui est le plus grand d’Europe dans ce secteur d’activité (200 m), nécessite un fonctionnement 24 heures sur 24, seulement interrompu l’été lors des travaux de maintenance.

Après différentes phases (extraction, broyage, extrusion, pressage, séchage, engobage, cuisson et palettisation). 40% des tuiles made in Ardennes partent à l’export. En Belgique, Hollande, mais aussi en Ukraine, en Corée et en Chine. La tuilerie fabrique aussi une cinquantaine d’accessoires de toitures (faîtières, rives, chatières) et des systèmes de cheminées. Les clients de Monier sont des négociants de matériaux de construction, des entreprises de couverture, des architectes et un peu les grandes surfaces de bricolage.

Pascal Remy