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MK Energies passe du côté rayonnant des ETI

Énergie. Le Club ETI Grand Est, dont l’ambition est de fédérer les entreprises de taille intermédiaire à l’échelle régionale puis nationale, organisait une réunion au sein de l’entreprise MK Energies ; l’occasion de (re)découvrir cette entreprise qui vient de franchir le cap des 250 salariés et connaît une forte croissance.

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Photo de Johan Manka
Johan Manka, Directeur général, développe les étapes de la croissance du désormais groupe Manka, composé de trois filiales : MK Energies, MK School et ManeKma au Maroc (Crédits : DR)

Installée dans la zone d’activités de Saint Léonard, à l’est de Reims, l’entreprise MK Energies a franchi une étape structurante de son développement en y transférant son siège social au printemps 2022. C’est donc des locaux à l’esthétique épurée, pensés aussi bien pour le bien-être des salariés que pour s’adapter à la croissance de l’entreprise créée en 2013, que Johan Manka, Directeur général de l’entreprise spécialisée dans la conception et l’intégration de solutions globales dans les métiers de l’énergie, a reçu une vingtaine d’entreprises membres du club ETI Grand Est.

Ce dernier a retracé, non sans émotion, le parcours de l’entreprise depuis sa création : « Si nous sommes dans l’électricité depuis 1948, MK Energies est née d’un projet familial. Nous en parlions souvent. En 2013, nous nous sommes lancés avec mon père, Jack Manka actuel PDG, avec peu de moyens. Nous étions cinq ou six au départ, dans deux bureaux. Nous avons grandi progressivement grâce à l’engagement des équipes », se remémore-t-il. Six ans après sa création, celle qui était alors une PME affichait déjà une solide montée en puissance avec 110 salariés et 30 millions d’euros de chiffre d’affaires grâce à des collaborations structurantes avec des grands groupes autant qu’avec des entreprises de plus petite taille. « Notre coeur de métier est de rendre optimale la production chez nos clients industriels grâce à l’intégration d’équipements électriques. On a à peu près 2 000 projets traités par an, ce qui nous donne un ratio moyen de 25 000 euros par projet. En moyenne, nous avons quatre projets supérieurs à 1 million d’euros, parfois même supérieurs à 10 millions d’euros, mais nous avons aussi beaucoup de projets de 500 000 ou 100 000 euros au quotidien. Cela nous permet d’avoir une résilience. Si un client a une problématique économique, on n’a pas tous nos oeufs dans le même panier. »

55 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025

(Crédits : DR)

C’est pourquoi la technologie maîtrisée peut varier de la plus classique à la plus pointue selon les installations. « On accompagne les industriels pour être encore plus performants dans l’électricité, dans la production d’énergie, et dans l’automatisation de leurs machines. » Au fil du temps, le groupe s’est notamment spécialisé dans l’installation de matériel électrique pour l’industrie sucrière. « Chez Cristal Union par exemple – un de nos tous premiers clients – nous avons refait toute la distribution et installé un turbo alternateur récupéré en Angleterre. On travaille aussi à l’export dans l’industrie sucrière, notamment avec Cosumar au Maroc ou en Côte d’Ivoire avec Sucrivoire. On a une forte expertise sur les contre commandes de turbo alternateurs, ce qui nous a permis de nous développer à l’international », détaille Johan Manka. Une expertise qui ne se limite pas à l’industrie sucrière cependant puisque le groupe a aussi travaillé récemment pour EnVision, entreprise de fabrication de batteries dans le Nord – « pour une puissance de 120 MW soit l’équivalent de 6 fois la sucrerie de Sillery » – ou encore ArcelorMittal. « Nous avons aussi travaillé sur la plus grosse unité de méthanisation avec TotalEnergies. On forme beaucoup de clients industriels : Le Creuset, Bonduelle, Tereos, Cristal Union… Nous sommes vraiment spécialisés chez Siemens, Schneider et Rockwell pour tout ce qui est automatisme et on accompagne nos clients sur tout ce qui est contre commande. » En 2025, le secteur sucrier a ainsi représenté 20% du chiffre d’affaires de MK Energies et 120 nouveaux comptes, tous secteurs confondus, ont été ouverts. Une filiale a également été créée au Maroc, ce qui a conduit le groupe à atteindre l’année dernière un chiffre d’affaires de 55 millions d’euros.

(Crédits : DR)

Depuis 2013, le groupe Manka se développe en effet sur deux volets avec une croissance organique et une croissance externe. « Aujourd’hui, nous sommes implantés principalement dans les Hauts-de-France, en Normandie, dans le Grand Est et dans le Loiret. Nous avons l’ambition de continuer à grandir et de densifier notre maillage territorial. » Car pour Johan Manka, « il ne s’agit pas seulement de grossir, mais de grandir, d’être au plus près des clients industriels et de leur proposer les meilleures expertises techniques. » C’est pour cela que le groupe a créé MK School en 2021. « Notre école de formation s’adresse aux clients, partenaires et collaborateurs. C’est un outil de management important car nous formons beaucoup en interne, en faisant monter en compétences, on fidélise aussi nos salariés. » MK Energies a ainsi reconstitué dans ses locaux « une mini centrale » avec tout un ensemble de matériel que l’on peut retrouver dans les industries où le groupe intervient. « On y travaille la forte technicité. » L’objectif à l’avenir est de rendre cet atelier de plus en plus mobile, en allant chez les clients pour former les techniciens sur place. MK School est certifié Qualiopi et propose 16 modules différents. En plus du centre de formation, le groupe a monté un bureau d’études, qui occupe une place incontournable au sein de l’entreprise. « Nous misons beaucoup sur l’ingénierie car nous aimons pousser la technicité, c’est à dire qu’on recrute beaucoup d’ingénieurs, d’automaticiens, d’électrotechniciens pour accompagner nos clients et être force de proposition. » Toutes ces compétences se retrouvent au sein des 17 sites d’implantation du groupe. Détenteur de nombreuses certifications, MKE est depuis 2025 reconnue CEFRI et peut donc désormais effectuer des travaux sous rayonnements ionisants, lui ouvrant la porte à des chantiers d’envergure, notamment les EPR.