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Medef Marne : « Le pessimisme n’est pas une stratégie »

Patronat. Pour le Medef, il n’existe pas de politique ambitieuse, sociale, économique ou culturelle sans une économie forte et des entreprises en bonne santé.

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Photo de Christian Brethon
Christian Brethon, président du Medef Grand Est. (Crédits : BB)

Même absent de la cérémonie de voeux du Medef Marne, Damien Sionneau a tenu à laisser un message fort à ses adhérents par écran interposé en affirmant : « le pessimisme n’est pas une stratégie ». S’il a déploré l’illisibilité du climat économique et politique, le Président de l’organisation patronale marnaise regrette surtout la propension française à prendre des décisions publiques trop souvent « défavorables aux entreprises et au bon fonctionnement de notre économie ». Face à cet environnement instable, il rappelle à quel point les entreprises sont des acteurs solides et dynamiques : « elle innovent, investissent, embauchent fortement, exportent » et elles restent « l’avant-garde des grandes transitions énergétiques, numériques et sociétales ». Pour 2026, la trajectoire du Medef est assumée : « rester volontariste, rester lucide », dans un « optimisme de combat » fondé sur l’ingéniosité et la capacité d’action des entrepreneurs.

Au niveau national, le Medef veut rappeler aux gouvernants qu’« il n’existe pas de politique ambitieuse, sociale, économique ou culturelle sans une économie forte et des entreprises en bonne santé ». Une ambition incarnée dans les 35 propositions du Medef « véritables feuille de route économique pour redonner à notre pays le goût de l’action et de la réussite collective ».

Sur le plan marnais, l’organisme patronal entend renforcer son accompagnement de proximité et se positionne « plus que jamais à vos côtés sur le terrain », adresse Damien Sionneau aux adhérents à qui il veut offrir « les meilleurs outils pour transformer les défis en opportunités ». Pour ce faire, la structure multipliera les rencontres centrées sur les réalités des chefs d’entreprises : rendez-vous business champenois, réunions thématiques sur la RSE, la facturation électronique, l’innovation ou le logement. Dans un contexte d’élections municipales, le Medef affirme également sa volonté de porter la voix des entrepreneurs dans le débat public local. « Notre ambition est claire : faire de nos collectivités de véritables partenaires de l’entreprise, capables de simplifier l’action publique, d’accroître l’attractivité du territoire et de soutenir un développement économique durable ».

Cap sur la jeunesse

Dans la foulée, Christian Brethon l’affirme : en ce début d’année, c’est le moment d’oser. « Oser regarder en face les difficultés de notre pays sans perdre de vue ce qui fait notre force », précise-t-il. Sur le plan économique, le constat du Président du nouveau Medef Grand Est est lucide, celui d’une économie sous pression, dans un contexte de plus en plus instable, avec des entreprises en première ligne. « Nos concurrents en Europe, en Amérique du Nord, en Asie, en Afrique font des choix clairs : ils sécurisent le cadre fiscal, misent sur l’investissement, accompagnent leurs entreprises, simplifient et stabilisent les règles du jeu », souligne-t-il, quand en France le manque de lisibilité s’amplifie, la fiscalité s’alourdit pour les entreprises, et les dispositifs essentiels à la compétitivité comme la trajectoire de baisse des impôts de production et des aides à l’apprentissage sont remis en cause.

« Les entreprises se trouvent ainsi à devoir avancer avec un sac à dos de plus en plus lourd, alors même qu’elles ont besoin d’agilité pour investir, recruter, augmenter les salaires, se transformer… et pourtant, malgré ce contexte, la croissance tient encore, l’emploi résiste et l’innovation progresse », observe le Président du Medef régional. Si la résilience du tissu économique animée par « des millions d’entrepreneurs qui continuent d’assumer leurs responsabilités », permet au pays de tenir le choc, la situation n’est pas tenable à long terme. Lorsque la fiscalité se transforme en « concours de l’imagination punitive », ce sont des investissements différés, des embauches reportées et des projets délocalisés, insiste Christian Brethon. Pour ce dernier, il faut davantage se pencher sur la jeunesse, qui représente un enjeu économique, social et sociétal majeur. « Notre grande ambition, mais aussi notre intérêt le plus rationnel, c’est de faire réussir les jeunes ». Or les chiffres sont alarmants : près de 400 000 jeunes ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, 17 % des collégiens ne maîtrisent pas les savoirs de base en mathématiques et un jeune sur quatre sort de l’université sans diplôme. Si l’on ajoute à cela la perspective de la suppression de 70 000 contrats d’apprentissage, il y a urgence à agir pour la jeunesse. « Le choix de la jeunesse et les compétences, c’est pour nous un combat prioritaire ».

Et à l’heure de présenter ses voeux, Christian Brethon s’engage : « Quelles que soient les difficultés, nous choisirons l’action plutôt que la résignation, le courage plutôt que le renoncement, la confiance dans l’initiative plutôt que la tentation de la défiance et du repli ».