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130e année

MB Industrie regarde vers l’avenir

Industrie. Voilà 25 ans que MB Industrie a été créée à Moncetz-Longevas. L’entreprise a été rachetée il y a six mois par Benjamin Walshofer, dont la volonté a « toujours été, un jour, de racheter une entreprise ».

Benjamin Walshofer s’imprègne de tous les dossiers en cours. Nastasia Desanti

C’est une histoire de reprise d’entreprise pas banale. MB Industrie créée en 1996 à Moncetz-Longevas, à quelques encablures de Châlons-en-Champagne par Gilles Macchi et Emmanuel Baes, a grandi et prospéré pendant 25 ans, dans le secteur très spécifique de la peinture industrielle et bâtiment. Mais Gilles Macchi, président directeur général et détenteur de 50% des parts de l’entreprise partant en retraite et Emmanuel Baes, ne souhaitant pas racheter l’intégralité des parts ni vendre à un grand groupe, se sont mis en quête d’un repreneur.

De son côté, Benjamin Walshofer, 36 ans, originaire de Saint-Martin-sur-le-Pré, commune jouxtant Châlons, a « toujours souhaité reprendre un jour une entreprise », arguant que « créateur et développeur », ne sont pas du tout les mêmes métiers et ne requièrent pas non plus les mêmes qualités. « J’ai plutôt une fibre commerciale et après un diplôme en gestion et maitrise de l’eau, je me suis dirigé vers de petites structures, afin d’apprendre mon métier sur le terrain », explique celui qui a commencé sa carrière comme responsable technique et commercial dans la récupération des eaux pluviales.

MB Industrie, « une vraie pépite »

Par la suite, après voir acquis l’expérience nécessaire, il se dirige vers un plus gros groupe, en l’occurrence Loxam (leader européen de la location de matériel, 1 100 agences et plus de 11 000 collaborateurs dans 30 pays pour un CA 2,3 milliards d’euros en 2019) pour y parfaire sa maîtrise de « la gestion, du management et y acquérir encore plus de rigueur ». Directeur de l’agence de Châlons-en-Champagne, Benjamin Walshofer fait passer en 4 ans et demi, le chiffre d’affaires d’un à 2,4 millions d’euros. Fort de ce succès, il ne lâche pas sa volonté première et se met en quête de l’entreprise idéale, à racheter et développer. « Je visais plus spécifiquement une entreprise du secteur du bâtiment, de par mon expérience passée et mes contacts ».

« Nous rayonnons sur l’ensemble du territoire en ayant une véritable expertise technique sur un secteur très particulier, celui de la peinture industrielle. »

Avec l’aide d’un cabinet d’expert-comptable, on lui présente le cas de MB Industrie, « une véritable pépite industrielle ». Mais l’acquisition n’est pas si simple. Tout d’abord, Benjamin Walshofer décide de créer une holding pour exécuter une LBO ou Leveraged buy-out (montage financier permettant le rachat d’une entreprise par le biais d’une société holding). Et pour cela, il fait entrer au capital de sa holding, un « sleeping partner » en la personne de l’homme d’affaires châlonnais Jacky Vauthier, lui permettant de compléter les capitaux nécessaires. Car l’achat se chiffre à plusieurs millions d’euros… Aide modeste mais non moins nécessaire, le jeune homme va aussi « chercher d’autres fonds comme un Prêt d’honneur d’Initiative Marne de 23 000 euros, qui apporte aussi une crédibilité au dossier auprès des banques ».

Une transition en douceur

Pour asseoir la transition en douceur, les deux anciens actionnaires et créateurs de l’entreprise gardent un oeil sur le projet et la transition : pour Gilles Macchi en étant prestataire de services en apportant des conseils et pour Emmanuel Baes en restant salarié de MB industrie chargé du bureau d’étude de la société et occupant toujours le poste de directeur général. « Entreprise au fonctionnement familial, nous souhaitions une transition en douceur pour les salariés et surtout garder le même esprit de proximité », insiste Emmanuel Baes. « Nous rayonnons sur l’ensemble du territoire en ayant une véritable expertise technique sur un secteur très particulier, celui de la peinture industrielle. »

Forte de 25 salariés, l’entreprise effectue plus de 130 chantiers par an et dispose de nombreuses qualifications. Pour autant, elle est arrivée « à un plafond de verre », de l’aveu même de son directeur général. « Après 25 ans à travailler avec la même équipe, il fallait aussi un regard neuf ». C’est ce que propose et ce qu’a déjà commencé à apporter Benjamin Walshofer. « Pour l’instant, nous avons revu et modernisé le logo. Nous travaillons aussi à moderniser le site internet, à rendre également l’entreprise visible sur les réseaux sociaux. » Les objectifs de Benjamin Walshofer sont clairs : partant d’un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros, à deux ans, il vise 3,5 millions d’euros de CA et 4 millions d’ici 5 ans.

Nastasia Desanti