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129e année

Manquillet Parizel sur les bons rails

Industrie. Historiquement tournée vers l’industrie ferroviaire, l’entreprise Manquillet Parizel va investir deux millions d’euros lors des deux prochains exercices.

Avec le marteau-pilon de 25 tonnes, MPS a raffermi ses positions vis-à-vis de la concurrence

Vénérable forge fondée en 1934 par la famille Manquillet, l’entreprise de Hautes-Rivières est depuis 2006 placée dans le giron d’un Family Office lyonnais, la holding privée Michel Fraisse Gestion d’Investissements (MFGI) qui s’est donnée pour mission de perpétuer le savoir-faire et d’améliorer le niveau de performance d’une PME qui compte dans la vallée de la Semoy. Implantée dans le hameau de Sorendal, MPS emploie aujourd’hui, 83 salariés et une dizaine d’intérimaires et réalise 13,7 millions d’euros de chiffre d’affaires.

L’entreprise a changé de président le 17 mai. Entré dans la société en 2010 comme responsable de production puis responsable technique à partir de 2016, Brice Moreau qui avait auparavant démarré « au pied des machines » à FFF (Fabrication Ferronneries, Fixations), vient de succéder à Philippe Bello, démissionnaire. Natif de Charleville-Mézières et premier adjoint de la commune de Clavy-Warby, Brice Moreau est désormais à la tête d’une forge dont la particularité est de consacrer 95% de son activité au service ferroviaire et autres industries du transport.

Un pilon de 25 tonnes

Ultraspécialisée dans ce domaine, au point de trouver des débouchés dans le monde entier, Manquillet Parizel a assis sa réputation dans le rail en fabriquant des pièces de sécurité forgées de 500 grammes à 150 kg à haute valeur ajoutée. Elle écoule des produits pour les infrastructures ferroviaires (voies ferrées, aiguillages) et les matériels roulants (fret et transports de passagers). Ces pièces (ensemble de freinage, tendeurs d’attelage, crochets, bielles, suspension) équipent les TGV, TER et les métros.

Après avoir fait ses preuves auprès de la SNCF, la RATP, Alstom et Bombardier au point de devenir fournisseur de rang 1 chez les donneurs d’ordre, Manquillet grâce aux homologations obtenues a su aussi filer grand train à l’international en exportant 30% de sa production en Allemagne, dans les pays de l’Est, en Chine et en Corée. Bref, les produits made in Ardennes voyagent un peu partout sur la planète.

« Nous sommes devenus une des rares entreprises en Europe à proposer une gamme de pièces de plus en plus lourdes et complexes. »

« Nous présentons l’avantage de fournir des pièces forgées, usinées, soudées et traitées thermiquement. Le fait de maîtriser toute la chaîne de fabrication nous offre une grande réactivité », détaille Brice Moreau qui attend beaucoup du retour en grâce du rail pour optimiser les résultats de l’entreprise et garnir son carnet de commandes. Pour travailler au plus près des clients dans la conception et la rétroconception et renforcer sa position, MPS, certifiée depuis 2011 NF EN15085, procède régulièrement à de nouveaux investissements.

« De 2016 à 2019, nous avons engagé 8 millions d’euros dans une ligne automatisée équipée d’un marteau-pilon de 25 000 kgm. Cela nous a ouvert de nouveaux horizons. Il y a peu d’entreprises dotées d’un tel outil. Nous sommes devenus une des rares entreprises en Europe à proposer une gamme de pièces de plus en plus lourdes et complexes. Cela nous donne un avantage concurrentiel déterminant, tout en diversifiant notre offre ».

Une dizaine d’embauches

Les 5% de production ne provenant pas du ferroviaire se partagent entre le machinisme agricole (tirants de remorques), les remontées mécaniques (accroches de télésièges) et les matériels de travaux publics. MPS fait aussi du traitement thermique pour d’autres entreprises locales. Un domaine où elle a doublé sa capacité de production. À l’avenir, Brice Moreau se donne l’objectif d’investir deux millions d’euros en deux ans dans des machines d’usinage, des moyens de manutention pour améliorer les conditions de travail, dans la digitalisation et la robotique.

Deux tours à commande numérique et un centre d’usinage seront intégrés. « D’ici 2024, on veut passer notre chiffre d’affaires de 13 à 17 millions d’euros, contribuer à la montée en compétence de nos opérateurs et procéder au recrutement d’une dizaine de personnes dans la maintenance, la production, le commercial, le bureau d’études et le contrôle de gestion. Nous recherchons déjà des gens répondant à ces profils ».

Pascal Remy