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Les services de Présoa intègrent le Familistère de Guise

Santé. Présoa, service de prévention et de santé au travail, implanté dans les Hauts-de-France, a inauguré une nouvelle permanence emblématique, à l’intérieur même du Familistère de Guise, symbole du progressisme social.

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Présoa
Présoa intègre l’aile droite du Familistère de Guise, lieu précurseur en matière de santé, d’hygiène et de bien-être au travail. (Crédits : ND)

Qui a déjà mis les pieds à l’intérieur du Familistère de Guise est forcément ressorti marqué par cet endroit hors du commun. Fruit de la volonté de l’industriel Jean-Baptiste André Godin, édifié à partir de 1858, le Familistère est une « ville dans la ville », pensée pour les ouvriers travaillant à la fonderie à proximité d’où sortent les fameux poêles en fonte « Godin ». « Ce qui rend ce projet unique, c’est l’association créée par Godin en 1880 : l’Association coopérative du capital et du travail. Grâce à elle, les ouvriers deviennent collectivement propriétaires des bâtiments, de l’usine et des capitaux générés. Avec le Familistère, Godin cherche à établir la justice sociale », explique Maxime Dequecker, en charge des événements d’entreprise au Familistère.

Profondément humaniste et influencé par ses lectures de Charles Fourier, à l’origine du concept de phalanstère, le dirigeant développe aux côtés d’appartements, une école, des jardins, une piscine, des « économats » – épiceries pour produits de première nécessité – ainsi qu’une buanderie pour ses ouvriers. Il réfléchit à toutes sortes d’innovations pour garantir le bien-être des habitants du Familistère comme un réseau de 60 grilles d’aération à l’intérieur du bâtiment, permettant un renouvellement constant de l’air. Précurseur dans le domaine de la prévention, de l’hygiène et de la santé, c’est donc tout naturellement que le Familistère accueille aujourd’hui, Présoa, service de prévention et de santé au travail des Hauts-de-France. Une première pierre qui en appelle d’autres, le maire de la commune Hugues Cochet, lui-même « enfant du tas de briques », souhaitant l’implantation d’autres services liés à la prévention, au travail et à la solidarité, comme une Mission locale ou des services de France Travail. « Différents projets sont menés depuis plusieurs années pour dynamiser le site en intégrant de nouvelles activités économiques. L’un deux le Familistère campus, repose sur six piliers dont la santé et l’alimentation, auquel Présoa participe », indique Luc Baijot, président de Présoa.

La santé mentale au coeur des préoccupations...

C’est dans le théâtre italien du Familistère que les équipes de Présoa sont venues présenter leurs missions d’accompagnement des entreprises et des salariés, concernant notamment la santé mentale ainsi que la prévention des risques professionnels. « La santé mentale nous concerne tous », insiste Clément Duret, chef de l’unité de pathologies professionnelles et de l’environnement à l’hôpital de Garches, en région parisienne. Ce sujet est d’ailleurs désigné grande cause nationale pour la deuxième année consécutive. Au niveau national, environ 12 à 13 % de la population souffre de troubles anxieux caractérisés et près de 40 % connaît des troubles du sommeil, « un symptôme qui, s’il ne fait pas encore maladie, apparaît en revanche comme un signal », souligne le professionnel. Et si l’impact est réel pour l’individu, il l’est aussi pour la société : « La santé mentale est la première cause d’arrêts maladie de longue durée, une cause majeure d’absentéisme – environ 40 % des situations d’inaptitude au travail y sont liées – et c’est un motif de consultation en forte augmentation. »

Pour détecter les troubles, le médecin du travail analyse tout un ensemble de facteurs comme l’intensité du travail, les exigences émotionnelles, les relations sociales mais aussi le conflit de valeurs ou encore l’autonomie. « Tout cela, c’est une question d’interactions. Nous avons un seul réservoir psychologique à la fin de la journée et il est le même pour la vie personnelle et la vie professionnelle. Les deux pôles peuvent le consommer. C’est pour ça que c’est indispensable, en tant que médecin, d’analyser la situation globale », précise Clément Duret qui insiste sur la détection précoce du mal-être. Car si l’arrêt de travail peut soulager sur le moment, il ne traite pas le mal en profondeur qui nécessite un accompagnement plus poussé.

… tout comme les accidents du travail

Élus locaux et responsables de Présoa
Élus locaux et responsables de Présoa étaient présents pour inauguer les 140 m2 de locaux. (Crédits : ND)

Autre axe d’intervention des services de Présoa, la prévention des accidents du travail. « En 2023, dans les Hauts-de-France, sur les derniers chiffres recensés, nous avons à peu près 52 000 accidents du travail, dont 85 mortels. Au niveau national, on est à peu près à 630 000, avec quasiment 700 à 750 mortels », rappelle le docteur Simon De Wever. « Les chiffres montrent que les accidents de chute, qu’ils soient de plain-pied ou de hauteur, représentent environ 10 % des accidents du travail au total. Et cela représente environ 6 % au niveau régional. Au niveau national, on a environ 30 % des accidents du travail liés aux chutes, et 50 % pour les troubles musculosquelettiques. »

Des problématiques prises en compte par les entreprises en collaboration avec les services de santé au travail, comme les Fromagers de Thiérache, qui ont mis en place tout un ensemble de procédures destinées à éviter les chutes notamment. Dans le cadre des actions de sensibilisation menées avec Présoa, l’entreprise organise chaque année une semaine de la sécurité, qui constitue un temps fort de prévention grâce à des ateliers interactifs. Ces actions portent sur des thématiques clés telles que la sécurité des machines, la prévention des chutes et la gestion des risques, à travers des mises en situation concrètes et des chasses aux risques. Par ailleurs, des analyses de situations à risque sont régulièrement réalisées sur le terrain afin d’identifier des axes d’amélioration.