« Les Graines Champenoises » investissent 2,5 M€ à Juniville
Agriculture. Née de l’alliance de quatre structures agricoles locales et d’un associé, les Graines Champenoises espèrent traiter jusqu’à 9 000 tonnes de graines par an dans un bâtiment de 1 500 m² et se positionner en experts de la valorisation des productions végétales locales.
Face au manque de prestataires techniques pour les petits lots de spécialités, trois exploitations – les (SCEA) Clément Roussel, Gentils et Main Verte – ainsi que la Ferme de l’Alsontaine (société commerciale qui transforme et vend une gamme de produits de type épicerie issus de l’agriculture biologique) se sont unies pour créer les Graines Champenoises. Cette structure d’envergure sera capable de répondre à leurs besoins, à ceux d’autres producteurs, mais aussi aux besoins des filières agricoles et industrielles. Combinant déjà de nombreuses expertises en agriculture conventionnelle comme biologique – dont la production, la trituration, le conditionnement et la commercialisation – l’entreprise propose une offre de prestation de services complète allant du triage au séchage, en passant par l’inertage au CO2.
Cette association est renforcée par un cinquième associé en nom propre, Bruno Labilloy, ex-directeur agricole de Cristal Union qui amènera son expertise industrielle à ces jeunes agriculteurs associés installés. « Nous avons décidé de travailler ensemble et de mutualiser nos besoins au niveau du travail de différents types de graines via un projet industriel et humain qui sécurisera nos installations et nous permettra d’aller chercher plus de valeur ajoutée sur des filières structurantes », explique Thibaut Guillet, directeur général des Graines Champenoises et futur installé sur la Main Verte.
Une chaîne de traitement complète
Cette société se positionne comme un expert centralisateur pour la valorisation des productions végétales locales : lentillons champenois, lentille, chènevis, cameline, colza, tournesol, céréales diverses et maïs. Le sud des Ardennes va ainsi être doté d’un outil industriel de pointe et d’envergure pour le triage, l’inertage au CO2, le séchage et le stockage, voire même le conditionnement de graines à forte valeur ajoutée.
Les Graines Champenoises investiront 2,5 millions d’euros dans ce projet dont l’infrastructure proposera, selon Maxime Clément, « une chaîne de traitement complète incluant trois trieurs : rotatif, alvéolaire et optique boosté à l’I.A. De quoi séparer tous les différents types de graines et assurer l’absence de résidus et d’impuretés pour l’alimentation humaine. Il y aura également deux séchoirs à gaz de 16 tonnes chacun, des cellules d’inertage au CO2 et une capacité de stockage vertical de plus de 500 tonnes ».
L’appui financier de la Région Grand Est dans le cadre d’une aide liée à la filière « bas niveau d’intrants », des Agences de l’Eau Seine-Normandie et aussi du Pays Rethélois, à hauteur de 850 000 €, souligne la dimension environnementale d’un projet qui, selon ses exécutants, « structurera la filière lentillons champenois, en cours de certification IGP, mais aussi celles du chanvre, de la cameline et des cultures sobres en intrants, essentielles pour la protection de la ressource en eau ».
Les Graines Champenoises serviront ainsi de point de collecte et de transformation pour des partenaires majeurs tels que Saipol (biocarburants aéronautiques) ou La Chanvrière de l’Aube.
Mise en production en 2027
« Une partie de la future chaîne prendra place en intérieur pour le triage. L’autre, en extérieur, pour le séchage, l’inertage au CO2 et le stockage sous forme de grandes cellules traitant d’assez grosses quantités de produits », ajoute Thibaut Guillet en évoquant une valorisation au service de la souveraineté alimentaire locale. La phase de construction du bâtiment est prévue pour la fin 2026 et la mise en production officielle de la chaîne est attendue pour le premier semestre 2027, après une centaine de jours de travaux.
À terme, l’installation pourra traiter jusqu’à 9 000 tonnes de graines par an, offrant ainsi une solution de proximité dans un rayon de 200 kilomètres.