Les festivals ardennais génèrent 12M€ de retombées
Culture. La Ville de Charleville-Mézières et la CCI Marne Ardennes ont effectué une étude sur l’impact du Cabaret Vert et du Festival mondial des Théâtres de Marionnettes.
Pour mesurer le réel impact économique des deux grandes locomotives culturelles des Ardennes, le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes (FMTM) et le Cabaret Vert, la ville de Charleville-Mézières et la CCI Marne Ardennes ont, pour la première fois, effectué une étude sur les éditions 2025 de ces deux évènements territoriaux.
L’observation très fournie de ces résultats réalisée avec l’aide de l’institut breton Test, qui avait déjà exécuté de similaires analyses pour les Vieilles Charrues, la fête de l’Humanité et les Eurockéennes de Belfort, vient d’être rendue publique. Le bilan est clair et incontestable puisque les deux évènements entraînent des retombées économiques considérables, estimées à 12 millions d’euros à l’échelle des Ardennes : 4,56 millions d’euros drainés par le FMTM et 7,29 millions d’euros via le Cabaret Vert. « C’est la preuve que la culture est un réel moteur pour l’économie du territoire et que les dépenses publiques sont largement rentabilisées », se félicite Guillaume Maréchal, adjoint au maire, chargé du Commerce et des Animations et Nathalie Robcis, chargée de la Culture.
Deux publics, un même effet d’entraînement
Grâce à une hausse d’affluence dans diverses communes, liée à cette clientèle nouvelle, les commerces d’Ardenne Métropole ont largement haussé leurs chiffres d’affaires puisque 2,34 millions d’euros sont dépensés durant la semaine du Festival des Marionnettes et 2,76 millions pendant les quatre jours du Cabaret Vert.
Avec une grosse part dédiée à l’hébergement (950 100 € et 478 000 €), aux bars et restaurants (765 100 € et 845 700 €) et aux supermarchés et marchés (122 200 € et 246 900 €).
La conjugaison des deux manifestations a permis au département d’attirer de nombreuses personnes de l’extérieur avec une durée moyenne de séjour évaluée à 4,1 nuitées, dont 67% rien qu’à Charleville-Mézières pour le Festival des Marionettes et à 2,8 nuits dont 35 % au camping du Cabaret Vert. 78 % et 59% de ces publics – dont beaucoup n’étaient jamais venus jusqu’ici dans le département – ont par ailleurs exprimé le désir de revenir dans les Ardennes à une autre occasion.
237 ETP mobilisés sur les deux événements
Selon l’étude, pour un euro de subvention investi par la Ville de Charleville-Mézières, 8,5 euros et 22,7 euros ont été générés par l’un et l’autre festival. Éloquent. Pour rappel, la collectivité avait alloué 235 000 euros au FMTM et 180 000 euros au Cabaret Vert sans compter les moyens logistiques. Autre effet positif : le nombre d’emplois soutenus par les deux festivals : 68 équivalent temps plein retenus pour le Mondial des Marionnettes et 169 mobilisés pour le Cabaret Vert.
L’image très attractive des deux évènements est aussi appréciée des entreprises carolomacériennes : entre 64 % et 83 % des dirigeants ont une perception favorable pour l’un et l’autre et 89 % et 92 % et estiment qu’ils contribuent au dynamisme et à la renommée de la ville.
Des axes d’amélioration
Au-delà de ces données chiffrées réjouissantes, l’étude a aussi tenté de cibler les marges de progression en identifiant plusieurs pistes d’amélioration parmi lesquelles : mieux diffuser les flux d’orientation vers les commerces par une meilleure signalétique, associer plus encore les commerçants à travers un partenariat plus affiné entre les organisateurs et le tissu commercial à travers des dispositifs de visibilité, de facilités d’accès et de stationnement avec des navettes, des parkings-relais et une meilleure gestion des flux, notamment pour le Festival des Marionnettes.
L’âge moyen du public issu en large majorité de l’extérieur est de 49 et 33 ans et 28 et 14 % de ces festivaliers font preuve en général de fidélité. « Cela confirme notre légitimité en tant qu’acteurs culturels et économiques. On contribue ainsi au rayonnement des Ardennes. C’est aussi la preuve qu’il est important d’investir en faveur de la culture », disent en chœur les directeurs Pierre-Yves Charlois et Julien Sauvage, convaincus de leur « puissance de frappe » et finalement pas plus surpris que cela des conclusions de cette enquête.