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Les entreprises de transport dans l’impasse

Transport. La fédération des transporteurs de l’Aube inquiète face au prix des carburants dans un contexte économique en berne.

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Les transporteurs inquiets face à une augmentation sans précédent du prix des carburants. (Crédits : MBP)

« Nous avons une augmentation du prix du carburant de plus de 50 % depuis les conflits, c’est du jamais vu et c’est dramatique. »

Dominique Ferron, président de la Fédération des transporteurs de l’Aube, décrit une situation complexe dans un contexte inédit lors de la dernière assemblée générale de la profession le 11 avril dernier à Troyes. Avec une économie en difficulté et une dette abyssale, « le gouvernement n’a pas d’argent, nous sommes dans une impasse politique et économique. »

Une inquiétude marquée par la répétition des crises. Si après la covid, l’économie repartait, là elle s’enlise. « Avec le conflit au Moyen-Orient qui succède à la guerre en Ukraine, l’économie est en berne. »

Répercussion de l’augmentation sur les clients

« 89 % des biens quotidiens sont transportés par la route. Nous avons de vrais partenariats avec nos clients. La loi de 2006 nous permet de répercuter les variations de prix du gasoil sur nos clients. Ils ne sont pas tous contents, mais ils comprennent. »

Et le président d’insister sur la nécessité de répercuter cette hausse. Bien que ce soit une obligation, certains transporteurs pourraient être tentés de ne pas l’appliquer pour être plus compétitifs. Ce qui est illégal. « Aujourd’hui, la marge des transporteurs est de 1,5 à 2 %. Le gasoil représente habituellement à peu près 30 % des charges, et 45 % avec l’augmentation. Il passe devant la main-d’œuvre. Nous n’avons pas le choix. Celui qui n’accepte pas de répercuter, il va dans le mur. C’est notre devoir de chef d’entreprise pour la survie de nos entreprises de répercuter cette indexation. Même s’il est beaucoup plus facile d’aller voir un client pour lui annoncer une baisse de tarif qu’une hausse. »

Sauf que, par comparaison avec 2022, les clients aussi ont subi les aléas conjoncturels.

Pour les entreprises les plus fragilisées à la trésorerie en péril, le gouvernement a mis en place le report des charges sociales et l’étalement fiscal* pour assurer leur survie. Mais, le carburant n’est pas la seule inquiétude, les effets d’une économie au ralenti se ressentent aussi par une baisse des volumes de marchandises.

Avancer ensemble

Le rôle de la Fédération consiste à aider les plus fragiles. La centaine d’adhérents présents à l’assemblée générale souligne l’intérêt et le besoin de soutien entre confrères. « Pour que cela fonctionne, il faut jouer collectif, je ne suis pas sûre que nous ayons été très bons dès le départ », annonce Carine Lourdelet, présidente de la Fédération des transports de voyageurs. « Cette assemblée générale n’est pas une simple formalité, c’est un moment décisif. Le transport de voyageurs est le lien entre les territoires, un moteur de l’économie locale et un service essentiel pour nos concitoyens. La question n’est plus : il faudrait s’adapter. La question est : à quelle vitesse ? Avec quelle ambition ? »

Parce qu’au-delà du prix des carburants, la loi sur les cumuls emploi/retraite affecte fortement les chauffeurs. De nombreux retraités ont cessé de travailler, pourtant, ils permettaient de compenser la pénurie de chauffeurs. Un regret pour la FNTV qui continue d’avancer et de former les acteurs du transport. La nouvelle formation des mécaniciens poids lourds à la Maison des transports accueille sept candidats. Arrivés en février, ils seront diplômés en mai et en contrat CDI en juin. Même dans un environnement complexe, la profession continue d’avancer.

*Au moment de l’assemblée générale de la FTP de l’Aube, les nouvelles mesures de soutien au transport n’étaient pas connues