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130e année

Les effets concrets des relocalisations industrielles

Industrie. Plusieurs gros dossiers sont actuellement en cours de réalisation sur le bassin de Saint-Dizier, dont Yanmar et la Manufacture du Piano.

La « tour Miko » à Saint-Dizier, symbole d’une entreprise emblématique qui va fêter le centenaire de sa création dans la cité haut-marnaise. Laurent Locurcio

Le bassin de Saint-Dizier illustre de manière très concrète les retombées positives du mouvement de relocalisation industrielle qui se dessine en France. Depuis quelques mois, les bonnes nouvelles s’enchaînent sur le front économique, avec de nombreuses créations d’emplois en prévision. « Le bassin de Saint-Dizier a pu préserver son savoir-faire pendant les années plus difficiles et il en retire les fruits aujourd’hui », constate Benoît Deboos, ancien président du Medef Champagne-Ardenne.

Ce chef d’entreprise haut-marnais qui a longtemps dirigé l’usine Yanmar de Saint-Dizier avant de passer la main le constate. « Yanmar continue de marcher très fort et prévoit 200 créations d’emplois supplémentaires d’ici 2026 », rappelle-t-il. Fort déjà de 500 salariés, le site de Saint-Dizier s’est vu confier la fabrication de modèles jusqu’à présent assemblés au Japon où se situe la maison-mère du fabricant de mini-pelles de 1,5 à 6 tonnes. L’industriel développe aussi des modèles pour le marché américain, ou encore un nouveau prototype tout électrique. D’ici cinq ans, la production du site bragard sera doublée.

Des pianos venus de Chine

Autre relocalisation gagnante, celle concernant la fabrication de pianos numériques, actuellement fabriqués en Chine. À l’origine de ce projet, un chef d’entreprise local, Olivier Colin à la tête de la Manufacture du Piano. Une entreprise bien connue dans le monde de la musique avec la marque de pianos de luxe Gary Pons, aujourd’hui entièrement fabriqués à Saint-Dizier. Olivier Colin a parallèlement misé sur le développement du piano numérique en créant Colmann France, dont certains modèles comme le piano Olya s’arrachent à 399 euros dans une enseigne de grande distribution où il s’en écoule déjà 23 000 par an.

Et ce n’est qu’un début d’autant que le fait de relocaliser la production en France renforcerait l’engouement pour les pianos numériques à prix abordable en Europe, comme aux États-Unis ou encore en Afrique. Le chef d’entreprise haut-marnais envisage de commencer à rapatrier la production de Chine dès le printemps prochain en créant 100 à 200 emplois pour lancer le projet.

Mais la Manufacture du Piano travaille aussi sur un nouvel instrument très prometteur qui pourrait porter, à terme, les effectifs jusqu’à 3 000 emplois. Pour cela il lui faut des disponibilités foncières importantes. Bref, beaucoup de projets pour une agglomération de 30 000 habitants qui va fêter les 100 ans d’une entreprise emblématique toujours bien présente, le glacier Miko.

Laurent Locurcio