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130e année

Les cartes de Codium ont de multiples atouts

Technologie. La start-up haut-marnaise, fondée par quatre ingénieurs à Langres, a doublé ses effectifs et s’impose dans la conception et fabrication de cartes électroniques.

L’entreprise compte aujourd’hui sept ingénieurs au sein de son bureau d’études. Laurent Locurcio

C’est une jeune entreprise au parcours original dont on n’a pas fini d’entendre parler. Installée en plein centre-ville de Langres, Codium est née de la volonté de quatre ingénieurs originaires de Haute-Marne de « revenir au pays ». Axel Moinet, Mathieu Poinsot, Pierre Belloche et Thomas Poinsot, bardés de diplômes en électronique, informatique et télécommunications auraient pu se contenter de continuer de belles carrières au sein de grandes entreprises. « Mais nous avions envie de revenir à nos racines pour une aventure entrepreneuriale, d’autant qu’il n’y avait pas véritablement d’offres comme celle de Codium dans une région où par ailleurs les PME et ETI sont très présentes », explique Thomas Poinsot.

La spécialité de Codium est précisément la conception et la fabrication de cartes électroniques. Une activité que l’on imagine plus volontiers dans la Silicon Valley ou dans le sud-est asiatique. « Pourtant, aujourd’hui les cartes électroniques sont de plus en plus présentes, même dans les produits les plus traditionnels, à l’image des poêles à bois qui se transforment aujourd’hui en poêles à granulés pilotés par électronique », précise cet ingénieur d’affaires. Les PME et ETI n’ont pas forcément les moyens d’employer à temps plein des ingénieurs spécialisés pour concevoir les cartes électroniques dont ils doivent équiper leurs produits.

Matière grise et production

« Nous avons innové en regroupant sur un même lieu un bureau d’études pour la conception de cartes électroniques sur mesure et une ligne de production automatisée pour leur fabrication en petites et moyennes séries », ajoute Thomas Poinsot. Cette configuration permet également une forte réactivité dans la conception de prototypes avant de passer à la phase de tests puis de lancer une production. Depuis le lancement de l’entreprise fin 2020, les ingénieurs de Codium ont développé des prototypes pour des clients très divers allant de la start-up à la PMEETI en passant par un designer français installé à l’étranger.

La ligne de production robotisée fabrique les cartes électroniques conçues par le bureau d’études en fonction des besoins de PME, ETI et start-up. Laurent Locurcio

Par exemple, Codium travaille avec des jeunes pousses de la Technopole de l’Aube comme Ellipse Bikes pour la mise au point d’un vélo géo-localisable par GPS. Autre collaboration fructueuse, celle réalisée avec la start-up Handivisible qui a mis au point sa solution à destination des personnes en situation de handicap dans les files d’attente avec une autre entreprise régionale, l’agence troyenne de développement informatique, Web Up. Grâce à toutes ces collaborations, Codium est sur de bons rails et a déjà embauché trois ingénieurs supplémentaires auxquels s’ajoutent régulièrement des stagiaires d’établissements d’enseignement supérieur.

Un investissement d’un million d’euros

Une « matière grise » qui n’hésite pas à rejoindre l’aventure, et Langres où les collectivités locales ont aidé les quatre fondateurs à s’implanter, « en centre-ville qui est plus attirant pour de jeunes diplômés qu’une zone industrielle anonyme ». L’investissement, de l’ordre d’un million d’euros est conséquent, notamment pour la ligne de production, mais les partenaires bancaires n’ont pas hésité à soutenir Codium. Il est vrai que la relocalisation industrielle, le développement des objets connectés, et même la pénurie internationale de composants électroniques sont des facteurs favorables.

« Comme nous sommes à la fois bureau d’études et producteur de cartes électroniques, nous pouvons orienter nos clients sur le choix de composants aisément disponibles sur le marché pour obtenir une même fonctionnalité sans nous heurter à des difficultés d’approvisionnement », conclut Thomas Poinsot. Tout roule pour la start-up langroise qui va aussi bientôt proposer ses propres produits et songe déjà à une seconde ligne de production à l’avenir.

Laurent Locurcio