Les Business Angels gardent le cap de l’investissement
Investissement. Les Business Angels Marne Ardennes (BAMA) ont tenu leur Assemblée générale, dévoilant leurs chiffres de l’année 2025. Et malgré un contexte économique en repli, l’association constate une hausse de ses adhésions et un engouement soutenu pour l’investissement dans des start-up du territoire.
Soutenir le tissu économique local, découvrir de nouvelles innovations, valoriser les idées avant-gardistes, accompagner la prise de risque… Au-delà de « mettre un billet » dans une start-up, voilà quelques raisons évoquées par les Business Angels pour expliquer leur engagement dans un contexte économique pourtant peu rassurant. D’ailleurs, s’il y a bien une chose qui caractérise les Business Angels, tous chefs d’entreprise, c’est bien cette volonté d’aller de l’avant et de parier sur l’avenir. « Si le contexte économique est incertain, c’est peut-être quand même une excellente période pour investir dans les entreprises. Il faut simplement savoir identifier les bonnes opportunités lorsqu’elles se présentent, et il y en a forcément. Ce qui compte aujourd’hui, c’est l’adaptabilité », confie Sylvain Bertrand, Business Angel, investisseur dans des start-up évoluant notamment dans la mobilité et l’énergie, deux secteurs clés selon lui.
Celui qui est également expert en recrutement a ainsi investi dans Zeplug, une société de bornes de recharge de véhicules électriques, solution numéro 1 des copropriétés en France ainsi que dans Philéole, une start-up proposant des éoliennes verticales pour les collectivités, les entreprises mais aussi les voiliers. « Ces mini-éoliennes verticales peuvent être installées sur les toits d’immeubles, les bords d’autoroutes, les mâts de bateaux ou encore dans différents environnements urbains. Je suis convaincu que tout ce qui permettra aux particuliers comme aux entreprises de réduire leur consommation énergétique représente une excellente opportunité », insiste-t-il.
Localement, c’est la start-up Alterskinqui a retenu son attention et notamment la capacité de sa fondatrice à se remettre en question et à faire preuve d’agilité dans des moments cruciaux de développement. L’assemblée générale de BAMA a ainsi permis de faire un point sur toutes les start-up récemment accompagnées aussi bien de manière individuelle que de manière collective, avec SIBAMA, véhicule d’investissement collectif visant à renforcer le soutien financier et stratégique mis en place par l’association. Un projet qui a permis de renforcer le nombre d’adhérents, à l’image de Fabrice Bare, Directeur financier chez Maggotteaux SAMaggotteaux SA. « C’est ce véhicule financier spécifique, mis en place par BAMA qui m’a décidé à franchir le pas de l’investissement. À travers cet instrument, c’est beaucoup plus simple. Les membres présentent les différentes sociétés étudiées, expliquent leurs choix, etc. Seul, je n’aurais jamais eu le temps de faire ce travail. Il y a aussi l’intérêt de la diversification. En matière de capital-risque, investir sur une seule entreprise ou sur une dizaine, ce n’est évidemment pas la même chose. »
Limiter les risques
« Cette nouvelle étape nous a permis de passer à la vitesse supérieure tout en étant très fédérateur pour notre association », rebondit Domitille Letissier, Déléguée générale des Business Angels Marne Ardennes. À date, BAMA comprend ainsi 37 structures adhérentes, représentant 43 Business Angels, contre 27 fin 2024, soit « une très belle progression ». « Les dossiers les plus intéressants arrivent souvent par le réseau, les événements et le bouche-à-oreille. L’an dernier, nous avons organisé neuf séances de pitch. Une dixième réunion avait été consacrée à une revue de portefeuille. Au total, 18 projets ont été présentés. 14 dossiers ont fait l’objet d’une instruction complète. C’est beaucoup », précise Domitille Letissier. Et si certains projets ne sont finalement pas assez matures et que d’autres renoncent à leur levée de fonds, les BAMA ont plus fait preuve de refinancement cette année que les autres. « De plus en plus de Business Angels choisissent ainsi de réinvestir dans des sociétés dans lesquelles ils étaient déjà entrés au capital quelques années auparavant. Ils les soutiennent sur le long terme. C’est d’ailleurs l’une des particularités du BA par rapport à d’autres investisseurs : au-delà du capital qu’il apporte, il souhaite accompagner l’entreprise, mettre les fondateurs en relation avec son réseau, partager son expérience et ses compétences lorsque celles-ci sont pertinentes pour le projet », observe Cécile Oudiette, Déléguée générale France Angels.
Au total, durant l’année 2025, 370 000 euros auront été investis (contre 192 000 € en 2024) par les Business Angels dont 85 000 € avec Sibama dans quatre start-up : Agri Lab Leverage (100 000 €) ; ADEMUS(120 000 €) ; Inergeen(145 000 €) et Apmonia Therapeutics (5 000 €). La Déléguée générale rappelle en outre qu’un Business Angel, s’il accompagne la start-up dans son développement et sa croissance, a, in fine, vocation à se retirer. « Avec Est Angels (qui réunis les BA du Grand Est) nous avons rédigé un pacte type commun qui intègre notamment un rôle dans la gouvernance sur les décisions clés, ainsi qu’une clause de liquidité. L’idée est claire : se dire avec la start-up "dans cinq ans, nous voulons sortir". Nous sommes là pour aider à démarrer, mais ensuite nous avons vocation à sortir afin de réinvestir ailleurs. » Ce que constatent les Business Angels c’est qu’aujourd’hui, moins de start-up se lancent et surtout, moins de subventions sont accordées. « Sur la partie investissement Business Angels, on ne constate pas de recul majeur. En revanche, la baisse des subventions publiques a un impact sur le nombre de projets qui émergent. On le constate en 2025 : une part importante des dossiers concerne des refinancements. Cela représente environ un tiers habituellement, et cette année plutôt la moitié », indique Maxime Valette, Président des BAMA. « Les investisseurs sont plus prudents. Les processus de décision sont souvent plus longs et les attentes en matière de rentabilité interviennent davantage à court terme alors qu’il y a quelques années, l’accent était principalement mis sur la croissance. En revanche, les investisseurs sont toujours présents. Le nombre d’entreprises financées reste globalement comparable », appuie Cécile Oudiette.