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129e année

Le Très En Retard Paris-Laon

Transport. Les usagers du TER Paris-Laon ont connu un été pourri. Entre les travaux, les pannes, l’absence de communication de la SNCF et autres impondérables, ils ont peiné comme jamais pour aller à Paris ou en revenir. Une vraie galère pour ceux qui travaillent en août.

Les usagers du TER Paris-Laon ont connu un été pourri

Les Axonais et autres habitués de la ligne ont fait déborder leurs mauvaises surprises et leur colère dans un groupe Facebook, sobrement nommé « Paris-Laon : ma 2ème maison ». Vu le temps qu’ils y passent certains jours, c’est assez juste. On peut y suivre le fil d’une dégradation continue du service cet été. Elle s’est accélérée en août, les trains étant ralentis pour plein de raisons. Elle a atteint son apogée à la mi-août, plusieurs trains par jour étant supprimés sans avertissement, à l’exemple du 15 août.

Dès juillet, les désagréments habituels se sont multipliés, tels les retards à répétition ou le manque de rames contraignant les passagers à s’entasser. A tel point qu’une réunion a été organisée en visioconférence le 13 juillet entre des représentants de la SNCF, de la région des Hauts-de-France et des usagers. Ensuite, ça ne s’est pas arrangé.

D’« indisponibilité » en « absence inopinée »

Les travaux sur les voies, prévus en août, ont engendré des retards et même des fermetures. Des bus ont parfois suppléé le train à certains endroits, mais le chauffeur ne connaissait pas toujours le trajet et s’est parfois perdu. Et puis les ennuis sont arrivés en cascade, au même titre que les raisons avancées sur ses panneaux d’affichage par l’opérateur : « travaux sur les voies », « indisponibilité du matériel » à diverses reprises tout comme « absence inopinée d’un agent », « panne de signalisation », « difficultés lors de la préparation du train en gare » ou encore « réutilisation d’un train en retard ». Au moins ça le mérite de la transparence. Les travaux devaient s’achever lundi dernier. Mais ce jeudi 19 août, les ennuis continuaient, avec un premier train supprimé et du retard sur les autres.

Maintenance et investissement

Pour sa défense, la SNCF s’est abritée derrière le covid, avec ses tests et ses cas contact, qui expliqueraient ces « absences inopinées ». Les usagers se demandent pourquoi il n’y a pas en gare d’autres employés prêts à assurer le service. Et puis cela n’explique ni les « pannes » ni les « indisponibilités ».

L’élu régional chargé des mobilités s’en est aussi expliqué dans L’Aisne nouvelle : « Toutes ces pannes sont dues à la SNCF, s’est-il empressé de dire, à la maintenance du matériel. » Il lui a reproché en outre, quand elle y est conduite, de « sacrifier un train des Hauts-de-France plutôt qu’un transilien », du fait de « la puissance parisienne ». Vu le manque récurrent de rames, les usagers s’interrogent, de leur côté, sur l’insuffisance des investissements réalisés par la région. Ils ont bien droit à « la garantie TER » prévue par la région pour se consoler, mais sa mise en œuvre paraît des plus byzantines. Il y a de quoi mettre en doute la priorité accordée aux transports publics. Comme le résume une habituée, en citant sur Facebook un vieux slogan de la SNCF : « A nous de vous faire préférer le train… Ou pas. »

Stéphane Bourdier