Le sprint de l’innovation de Re-Cycles
Industrie. Moins de deux ans après la reprise de Cycleurope, le fabricant construit une usine 4.0 pour atteindre 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2028.
Re-Cycles France construit une usine 4.0 de 30 000 m² aux portes de Romilly-sur-Seine pour un début d’activité prévu début 2028. « L’usine produira pour nos marques et en sous-traitance pour d’autres marques », explique Grégory Trébaol, PDG du groupe Rebirth dont fait partie l’usine auboise. Une accélération rendue possible par la confirmation du renouvellement du marché public de La Poste et de sa flotte de 17 000 vélos électriques fabriqués sur cahier des charges spécifique à Romilly. « C’est structurant pour notre entreprise. Le métier du facteur évolue et nous impose d’apporter des solutions. »
Re-Cycles a même été au-delà des ambitions inscrites dans son plan d’action. L’entreprise a aussi remporté le marché des solutions de triporteurs pour accompagner la mutation du métier sur le dernier kilomètre. Parce qu’ils livrent de moins en moins de courrier et de plus en plus de colis. Un facteur qui fait sa tournée visite 90 foyers. Il descend de son vélo, le met sur la béquille et remonte sans cesse. Le cahier des charges prévoit toute une ergonomie autour d’un produit qui paraît lambda mais auquel Re-Cycles apporte les solutions. « Nous sommes très fiers, ces marchés avec La Poste faisaient partie de la première phase de retournement après la reprise de Cycleurope. »
Rupture des codes avec des cadres injectés
D’ici à 2027, soixante emplois seront créés. « Nous avons plus de 25 personnes qui ont plus de 25 ans d’ancienneté dans l’entreprise », explique le président du groupe qui doit recruter trente personnes pour compenser une pyramide des âges vieillissante et anticiper les départs à la retraite. Pour autant, la transmission reste essentielle, notamment pour le marché de La Poste. Des recrutements également nécessaires pour accompagner l’innovation technologique de l’entreprise avec de nouveaux profils.
D’un investissement de 32 millions d’euros, l’usine fera en effet la part belle à l’innovation. Elle accueillera des équipements de pointe comme deux cabines de peinture, liquide et poudre, des lignes de montage conçues pour une efficacité maximale et devrait rapidement fabriquer des cadres thermoplastiques injectés. Les premiers vélos Peugeot avec des cadres thermoplastiques ont été présentés en juin dernier au Mans, des cadres sans aucun point de soudure. « Aujourd’hui les cadres sont injectés en République tchèque. En 2028, nous pourrons d’injecter ses cadres sur le site de Romilly. Nous sommes sur une technologie plus performante que l’aluminium. Le rendu est identique et le cadre est quatre fois plus résistant. Il absorbe les chocs, est plus léger et sera dédié à des gammes de produits plus grand public. »
Passer à la vitesse supérieure
Si le nom Re-Cycles n’a rien à voir avec le recyclage mais vient d’une contraction de Rebirth et de Cycles Peugeot, l’entreprise pourra mettre en place une filière vertueuse avec l’injection thermoplastique. « En fin de vie, le cadre sera 100 % recyclable. L’idée est qu’on puisse travailler avec la filière de recyclage des plastique ABS de chez Peugeot pour en faire des vélos Peugeot. »
Rebirth fabrique des vélos électriques ou musculaires. Il regroupe les marques Peugeot, Gitane, Easy Bike, Matra, Solex, Lejeune, Cowboy et Coleen. « Chaque marque a son identité et son marché. Ces marques ne se retrouvent pas chez le même distributeur. » En vélo électrique, les prix oscillent entre 1 700 euros avec Easy Bike et 7 000 euros pour des Peugeot électriques. En musculaire, ils vont de 300 euros à 6 000 euros selon les gammes. Le groupe surfe aussi sur le vintage avec un vélo Solex électrique qui va évoluer en cyclomoteur. Le groupe, qui a une usine à Saint-Lô, gère 10 magasins Ovelo, 89 affiliés et un réseau de 900 magasins revendeurs.
40 000 vélos sortent de Romilly par an pour un chiffre d’affaires de 65 millions d’euros. L’objectif est de 100 millions d’euros en 2028. « Le marché est en croissance malgré les turbulences des trois dernières années. En France et en Europe, il doit doubler sur les dix prochaines années. Nous visons des progressions plus importantes. Les pouvoirs publics ont déjà beaucoup fait pour mettre en avant la mobilité douce. Maintenant c’est aux entreprises de proposer des plans de mobilité à leurs employés dans le cadre d’avantages en nature », poursuit le dirigeant. Re-Cycles emploie 150 personnes et une quinzaine vient à vélo. « Nous nous incluons dans cette démarche pour mettre une flotte de vélos à disposition et inciter les salariés à venir à vélo ! »