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130e année

Le retour à « L’Usine », c’est pour avril

Évènementiel. Des porteurs de projets investissent d’anciens ateliers de mécanique à Bernon (Aube) pour en faire un complexe de loisirs.

Yannick Delavallade et Salomé Picard dans un projet sortant des sentiers battus, celui de L’Usine à Bernon. Laurent Locurcio

Se donner rendez-vous à « L’Usine » pour s’y amuser et passer de bons moments, tel est l’objectif audacieux que se sont fixé Yannick Delavallade et son associée, Salomé Picard. Forts d’une solide expérience dans le domaine évènementiel, ils ont eu l’idée de redonner vie à une ancienne usine située à Bernon, petit village aubois localisé entre l’agglomération troyenne et Saint-Florentin, dans l’Yonne. Un village qui a la particularité de disposer d’une usine de 20 000 m², rénovée par le Département après la fermeture des ateliers de fabrication d’équipements pour poids-lourds de la SMB (Société mécanique de Bernon), voilà plus d’une vingtaine d’années. Un site aujourd’hui occupé, sur une petite partie seulement, par une société de distribution de vins. Une entreprise électronique s’y était bien installée début 2019, avant de quitter les lieux au début de la crise sanitaire.

La Communauté de communes du Chaourçois et du Val d’Armance a accueilli à bras ouverts le projet des deux entrepreneurs de transformer l’ancienne usine en complexe de loisirs, d’activités culturelles et de séminaires d’entreprise. Un pari osé en zone rurale mais qui semble bien correspondre à de nouveaux besoins. « La population des communes rurales évolue et la crise sanitaire a accéléré le mouvement avec l’arrivée de jeunes couples et de familles dans les villages », constate Yannick Delavallade qui a lui aussi effectué cet itinéraire avec sa famille. Télé-travail, prix attractifs de l’immobilier et qualité de vie motivent cette nouvelle population qui rachète souvent d’anciennes résidences secondaires pour y vivre à l’année.

« C’est aussi une population qui veut pouvoir consommer du loisir sans avoir à faire une heure de route pour cela », poursuit-il. Concrètement, sur près de 2 000 m², L’Usine sera une sorte de « couteau suisse » modulable accueillant aussi bien des jeux gonflables pour enfants, des spectacles de cabaret, des concerts ou encore des humoristes. « Nous avons aussi prévu des prestations pour les séminaires et réunions d’entreprise avec des salles équipées de différentes capacités et le concours de nos partenaires traiteurs », précise Yannick Delavallade.

Une initiative soutenue

Le projet de L’Usine a été mûrement réfléchi, et 200 000 euros ont été investis pour l’agencement et la mise aux normes d’accueil du public. Des banques, Aube Initiative et Bpifrance suivent les porteurs de ce projet sortant des sentiers battus. Tout est prêt pour que « l’Usine » reprenne du service dans les premiers jours d’avril. Un lieu qui bénéficie déjà d’un capital de sympathie certain, tant de la part des collectivités que des artistes.

Le parrain n’est autre que l’humoriste Tex, originaire de l’Aube, qui va d’ailleurs y rôder son prochain spectacle. D’autres comme l’imitateur Marc-Antoine Le Bret sont déjà programmés. « Ce sera aussi une ouverture pour la scène régionale », promet Yannick. Bref, le retour à L’Usine concernera en fait toutes les générations et contribuera à l’animation de tout un territoire entre Aube et Yonne.

Laurent Locurcio