Le prix des Rubans du Patrimoine revient à Joigny-sur-Meuse
Patrimoine. La commune a été récompensée de son action de réhabilitation de l’église Sainte-Anne en étant désignée lauréate de l’édition 2025 de l’opération soutenue par la Fondation du Patrimoine et la Fédération ardennaise du BTP.
Fermée le 15 décembre 2020 à cause du mauvais état de sa toiture, des fuites qui avaient occasionné de gros dégâts à l’intérieur et des risques de chutes de pierres, l’église de Joigny-sur-Meuse n’était plus ouverte au public en raison de l’arrêté d’état de péril auquel avait été contraint le maire de l’époque, Jean-Pierre Colinet.
« Grâce à la mobilisation de la municipalité, à la générosité de nombreux donateurs qui ont d’ailleurs reçu une ardoise de l’ancien toit en récompense de leur investissement et au soutien aussi de la Fondation du patrimoine, 36 000 euros ont été récoltés », rappelle René Colinet, personnalité bien connue du village, qui a profité de la récente réouverture de la nef et de la remise officielle des Rubans du Patrimoine pour rédiger avec le brio qu’on lui connait un livret sur l’histoire de l’église et son intérêt patrimonial, notamment la superbe chaire à prêcher, le Christ bleu et le tableau de la Sainte-Trinité.
En présence de la sénatrice, Else Joseph, du maire actuel, Richard Depoix, du responsable ardennais de la Fondation du Patrimoine, Yannick Simon, et d’Eric Jolion, secrétaire général du BTP 08, l’historien du cru a refait l’historique de ce lieu du culte. « C’est en mars 1846 que le maire Barthélémy Jacquemart et ses collègues du conseil municipal décident la construction d’une nouvelle église. Car la vieille nef datant de 1626, "pauvre et chétive" est selon eux "la honte du village" et peut à peine contenir "le quart de la population". Le projet validé par le Préfet sera confié à l’architecte du département Louis-Clément Labarre qui, auparavant, avait déjà réalisé les églises de Montcy-Notre-Dame (1837), Rocroi (1844) et Rimogne (1846). C’est à la fin septembre 1853 que le maire validera l’exécution des travaux pour un montant équivalent à 29 800 euros. "Soit six années des revenus de la commune." »
Le représentant de la Fédération ardennaise du bâtiment a, pour sa part, souligné que les travaux de restauration de l’église ont été exécutés par les entreprises locales Adnet & Technique du Toit ainsi que la société marnaise Coanus, initiés en 2020 et débutés en 2023 pour s’achever en avril 2024 à la grande satisfaction des élus locaux et des habitants très attachés à leur édifice religieux. « Ils ont consisté en la réalisation d’une nouvelle toiture en ardoises naturelles avec réfection de la charpente et de la maçonnerie, le travail du zinc, des gouttières et cheneaux ainsi que la réfection des plâtres et peintures à l’intérieur de l’édifice religieux ». Ce qui ne fut pas une mince affaire.
Le coût total de l’opération s’est élevé à 363 680 euros HT et a bénéficié de plusieurs aides financières émanant de la Dotation au Soutien d’Investissement Local (40%, de la Dotation d’Equipement des Territoires Ruraux (5 %), de la communauté de communes Plateau et Vallée d’Ardennes (10%), de la Fondation du Patrimoine (5%) et de fonds propres (25%). C’est en début d’année 2025, que Richard Depoix a eu la bonne idée de présenter un dossier de candidature au concours des Rubans du Patrimoine. Une excellente initiative puisque sa commune a remporté le prix départemental 2025 pour son engagement et l’implication de ses habitants