Le médicobus comme remède aux déserts médicaux
Santé. Le centre de santé du département sillonne les communes rurales auboises avec le médicobus et compte en trois mois près de 300 patients.
Déjà près de 300 patients, dont 184 souffrent d’une maladie chronique avec un suivi régulier, ont fait du centre de santé du département leur médecin traitant. L’objectif est clair et le résultat encourageant, signe de sa légitimité. Depuis plus de trois mois, le médicobus arpente les routes du département. Impulsé par le Conseil départemental, il est tout équipé et permet à six médecins retraités, une infirmière, une secrétaire et une coordinatrice d’assurer et de suivre des consultations dans les zones de désert médical. Il s’agit de faciliter l’accès aux soins dans la ruralité dans cinq communes : Villenauxe-la-Grande, Rigny-le-Ferron, Essoyes, Bayel et Ville-sous-la-Ferté. Une fois par semaine, le médicobus se rend dans ces communes pour des visites sur rendez-vous ou sans rendez-vous retransmises par le SAMU quand une urgence se profile.
Véritable cabinet médical itinérant, le bus est équipé d’un espace salle d’attente et d’un espace de consultation avec tous les équipements indispensables aux prises de constantes, y compris un échographe assisté par intelligence artificielle.
Un outil important
« Nous avons fait le choix d’agir pour la protection des Aubois dans le cadre du plan Aube Santé décidé en 2024 », explique Philippe Dallemagne lors d’un point inaugural du dispositif. D’un investissement de 252 000 euros, le médicobus est financé par le Département avec le soutien de l’État, de l’agence régionale de santé Grand Est, de la MSA. Le Département prend à sa charge les frais de personnel et l’entretien du véhicule avec le soutien de la Caisse primaire d’assurance maladie. Les consultations font l’objet de prises en charge sans avance de frais.
« Nous avons un outil qui a trouvé son public en un temps record », constate Pascal Gauci, préfet de l’Aube. « Le médicobus répond à un besoin. Il prend acte des difficultés de ce qu’on appelle le désert médical, et facilite la venue et l’engagement de médecins retraités qui ne concurrencent pas les médecins installés. C’est un outil parmi d’autres, mais c’est un outil important. » Le médicobus est labellisé France Santé, avec un objectif d’aller au plus proche des concitoyens pour proposer une solution de soin en moins de 48 h et à moins de 30 minutes. « Nous n’y sommes pas encore, mais on s’en approche. »
Dans l’Aube, 28 000 personnes n’ont pas de médecin traitant. Un pourcentage très au-dessus des moyennes : 13,7 % des Aubois n’ont pas de médecin référent contre 11 % au niveau national. Le département compte 201 généralistes, trop peu, et absents de la ruralité.