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129e année

Le mécénat d’entreprise progresse dans la région

Mécénat. Réalisé tous les 2 ans depuis 2015, le baromètre Admical du mécénat d’entreprise*, opus 2020, montre que l’intérêt pour cette pratique se développe - quoique que freiné par la crise sanitaire - et notamment en Champagne-Ardenne.

Le mécénat d’entreprise progresse dans la région

Les entreprises de Champagne-Ardenne (puisque c’est le périmètre de l’ancienne région administrative qui est pris en compte par le baromètre Admical) peuvent être fières de leur implication en termes de mécénat. En 2018 (dernier chiffre connu) elles étaient 1 559 à s’être engagées dans une action de mécénat (contre 1 346 en 2017) pour un montant total de dons déclarés de 10,4 M€ (contre 9,8 en 2017), et un don moyen de 6 692 €. Ce sont ainsi quelque 5 % des entreprises champardenaises qui pratiquent le mécénat et il faut surtout souligner qu’entre 2010 et 2018 leur nombre a été multiplié par 3,8 et le montant de leurs dons par 3,1 !

Le social d’abord

D’une manière générale, si le sport est un domaine prisé par les entreprises mécènes, c’est surtout le social qui demeure le premier poste en termes de dons. L’éducation, la santé, l’environnement font également partie des principaux axes de mécénat.

80 % des actions de mécénat bénéficient à l’économie locale et l’intérêt général représente 89 % de la motivation des entreprises. Comme le souligne Jean-Marc Roze (adjoint au maire de Reims, délégué aux Finances et au mécénat), suite à la présentation du baromètre d’Admical, « le mécénat représente un impôt “choisi” car on sait où va l’argent. » C’est ainsi que la Ville de Reims reçoit environ 400 000 € de dons par an dans le cadre d’actions pouvant bénéficier du mécénat (réhabilitation de patrimoine, par exemple).

« Le mécénat, c’est du partage, de l’accompagnement, un projet dans lequel tout le monde se retrouve… »

De fait, si le mécénat financier reste le plus pratiqué (79 %), car les entreprises appréhendent de mieux en mieux le dispositif et ses contreparties fiscales (crédit d’impôt), on voit cependant apparaître un net intérêt pour le mécénat de compétences (11 %), ainsi que pour une approche collective du mécénat impliquant plusieurs entreprises autour d’une même action. C’est notamment ce que fait l’association rémoise Prisme, que préside Didier Janot, avec l’engagement des collaborateurs sur les projets ainsi soutenus, « et une ouverture vers “autre chose” » ajoute Valéry Brabant, directeur général de Charbonneau-Brabant.

Du partage

Sans doute la crise sanitaire - et, par voie de conséquence économique - qui vient d’être traversée va-t-elle perturber un peu le mouvement, 87 % des entreprises estimant que leur engagement sociétal risque d’être ralenti. Il n’en reste pas moins que tous les intervenants de cette présentation partage l’avis d’Alain Collard, président de l’association « La Salle d’attente » : « Le mécénat, c’est du partage, de l’accompagnement, un projet dans lequel tout le monde se retrouve… »

*Fidèle à sa vocation qui consiste à encourager le développement du mécénat sur le territoire et à favoriser l’engagement collectif, l’association Amdical, fondée en 1979 et reconnue d’utilité publique a réalisé l’enquête servant de support à son baromètre 2020 du 21 septembre au 30 octobre 2020 auprès d’un échantillon de 1 414 entreprises de plus de 10 salariés.

Jacques Rivière