Le Grand Est, deuxième région la plus fortement impactée par la sous-occupation des logements
Région. En 2022, le Grand Est compte 31% de son parc de logements en situation de sous-occupation très accentuée et occupe la deuxième place des régions françaises les plus marquées par un phénomène en progression.
Alors que la population du Grand Est demeure globalement stable, le parc de logements progresse. En 2022, la région compte 2,9 millions de logements dont 2,5 millions de résidences principales, 272 000 logements vacants et 86 000 résidences secondaires. Selon l’Insee, un peu plus des trois quarts des résidences principales sont en situation de sous-occupation dans la région, soit un total de 1,9 million.
L’Insee distingue trois degrés de sous-occupation, selon l’écart entre le nombre de pièces du logement et les besoins du ménage : « Sous-occupation modérée, avec une pièce de plus, prononcée avec deux pièces de plus et très accentuée avec au moins trois pièces de plus ». Selon cette distinction, sur les 77 % de résidences sous-occupées, 31 % le sont en situation très accentuée, 22 % en prononcée et 24 % en modérée.
Une région particulièrement concernée par la sous-occupation
La moyenne nationale de sous-occupation est de 25 %. Avec 31 %, le Grand Est s’installe à la deuxième place des régions en sous-occupation, derrière la Bretagne, et à quasi-égalité avec la Bourgogne-Franche-Comté, les Hauts-de-France et les Pays de la Loire. Plusieurs départements du Grand Est sont parmi les plus concernés de France. C’est notamment le cas de la Meuse, avec le taux record de 40 % de sous-occupation, comme le Finistère et les Côtes-d’Armor. Les Vosges, les Ardennes et la Haute-Marne affichent également des taux élevés.
Plus de la moitié des logements sous-occupés concerne des couples sans enfants. Autres situations propices à la sous-occupation, les ménages installés de longue date, plus de trente ans, les ménages âgés, plus de soixante-dix ans. Au départ des enfants, l’attachement à la résidence conduit également à une sous-occupation.
La sous-occupation se trouve plus fréquemment présente selon certaines catégories socio-professionnelles, avec en tête les agriculteurs, les retraités, les cadres ou encore les artisans, commerçants et chefs d’entreprise. L’implantation est un critère évidemment fort remarqué par l’Insee : « Les agriculteurs vivent dans des territoires où il est plus facile d’habiter des logements vastes ; le foncier y est plus abondant et les contraintes d’urbanisme moins fortes qu’en milieu urbain. En France métropolitaine, l’empreinte foncière médiane liée au logement s’élève à 77 m² dans les grands centres urbains, contre 676 m² dans les bourgs ruraux et 2 312 m² dans les communes rurales les moins denses ».
Principalement des maisons et des vieilles constructions
Neuf logements fortement sous-occupés sur dix sont des maisons individuelles occupées par des propriétaires. Ces maisons sont huit fois plus souvent fortement sous-occupées que les appartements. Les logements de grandes tailles sont plus fréquemment en sous-occupation très accentuée : 72 % des logements de plus de 120 m² ou plus sont concernés contre 18 % de ceux de moins de 80 m². Plus d’un tiers des logements construits avant 1946 est fortement sous-occupé. Cette proportion est moindre pour les constructions réalisées entre 1946 et 1990 et ceux plus récents. Cette barre du tiers est largement dépassée dans certains départements du Grand Est comme la Marne, la Meuse, la Haute-Marne, les Vosges et les Ardennes, avec des pourcentages entre 43 et 46 %.
Un phénomène plutôt rare dans le parc social
La sous-occupation dans le parc social, plutôt en occupation normale ou en sur-occupation, ne touche que 5 % des logements contre 35 % dans le parc privé. Pour de nombreux ménages, le social n’est qu’une étape de leur parcours résidentiel. De plus les bailleurs sociaux favorisent les relogements vers des appartements plus adaptés à la taille des locataires.
La sous-occupation très accentuée dans les territoires ruraux s’établit à plus de 40 % des résidences principales des espaces ruraux. Le taux de sous-occupation dans les agglomérations du Grand Est est relativement faible. Ainsi, celle de Strasbourg dispose d’un taux nettement inférieur à celui observé dans la plupart des autres métropoles françaises. Il est de 14 % contre 16 % à Bordeaux, 20 % à Nantes ou 25 % à Lille. Les autres grandes agglomérations du Grand Est, comme Nancy, Mulhouse, Troyes, Metz, Reims ou Colmar ont des taux entre 18 et 25 %.
Une sous-occupation qui ne cesse de progresser
La sous-occupation très accentuée progresse. En 2022, ce sont 102 000 nouvelles résidences principales fortement sous-occupées qui s’ajoutent, dans les dix dernières années, portant le taux de 29 à 31 %. Ce phénomène concerne l’ensemble des départements du Grand Est, avec des hausses plus marquées, de 5 % par exemple dans la Meuse et la Haute-Marne.
La hausse de la sous-occupation très accentuée est particulièrement marquée pour les maisons individuelles et pour les logements des ménages les plus âgés. L’Insee remarque enfin : « Dans un contexte de diminution de la taille des ménages, les situations de sous-occupation très accentuées traduisent un décalage croissant entre les besoins des ménages et la taille des logements existants ».