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129e année

Le GPA : une structure de prévention des difficultés des entreprises

Économie. Le GPA (Groupement de prévention agréé) est une structure de prévention des difficultés des entreprises, instituée par le Code du Commerce. Existant au niveau régional, une structure vient également de se créer dans la Marne, avec comme premiers objectifs de trouver des experts bénévoles et des entreprises à accompagner.

Jacky Bantzé, président GPA Grand Est et Didier Develey, délégué Marne.

Le GPA est une association de droit local régie par le code du commerce, qui préconise que « toute personne immatriculée au registre du commerce et des sociétés et au répertoire des métiers peut avoir recours à un Groupement de Prévention Agréé (GPA) ayant pour mission de fournir à ses adhérents une analyse des informations comptables et financières que ceux-ci s’engagent à leur transmettre. »

Et si les GPA étaient inscrits dans la loi, ils ont mis du temps à voir le jour. Ainsi, entre l’idée de création et leur mise en application dans le Grand Est, il se sera passé presque trois ans. « Nous avons obtenu l’agrément en 2018 », indique Jacky Bantzé, Président du GPA Grand Est. « En 2019, il a fallu mettre en pratique le GPA, trouver des experts bénévoles et des entreprises à accompagner, car nous ne donnons pas de conseils, mais des préconisations. »

Accompagnement sur un temps long

Le Groupement de Prévention Agréé défend en effet un certain nombre de valeurs dont le premier critère est « l’indépendance ». « Nous réalisons un accompagnement d’une durée d’une année, ce qui est exceptionnel pour un groupe de prévention. Le deuxième critère est que nous nous rendons sur place, sur le terrain, pour accompagner le chef d’entreprise », souligne Jacky Bantzé, lui-même chef d’entreprise à la retraite et à la tête d’un grand groupe alsacien et national, spécialisé dans la restauration collective.

« Nous faisons en sorte que l’entreprise puisse, à la fin de l’accompagnement, se relever d’elle-même et gérer de manière autonome ses difficultés. »

L’intervention du GPA commence par « une alerte », donnée par un service de la Région, un mandataire judiciaire, un expert-comptable ou par l’entreprise elle-même qui sollicite un accompagnement. Se met ensuite en place « un comité d’écoute » composé de bénévoles, d’anciens entrepreneurs, avocats, experts comptables, en relation avec les tribunaux et la cellule prévention des juges consulaires. « Nous sommes en synergie avec tous les acteurs économiques locaux. Ce temps long, c’est souvent ce qui manque. Là, on écoute le chef d’entreprise chez lui. On travaille par rapport à la loi, qui nous oblige. »

Une fois ce premier contact pris avec l’entreprise, lui est proposé une adhésion pour une somme symbolique (50€ pour un CA de 10 000 à 100 000 € à 550 € pour un CA compris entre 1 et 1,5M€) pour être accompagnée pendant un an.

« Une fois l’entreprise adhérente, on se déplace très souvent sur le terrain avec elle pour travailler sur tous les types de difficultés : techniques, économiques, financières ou sociales… », précise Jacky Bantzé. L’objectif principal du GPA est de « maintenir de l’emploi, de l’activité et de la valeur ajoutée sur le territoire ». C’est pourquoi le groupement se territorialise non seulement à l’échelle de la région mais aussi à l’échelle du département. Après le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et les Vosges, c’est dans la Marne que le GPA Grand Est s’apprête à ouvrir une antenne, avec à sa tête Didier Develey et comme ambition de couvrir la totalité des 10 départements d’ici la fin de l’année.

Depuis sa mise en place, GPA Grand Est a prodigué 1 850 heures d’accompagnement pour plus de 60 entreprises représentant 380 salariés et 12 millions de chiffre d’affaires. « Le but est bien d’intervenir avant une procédure », explique Didier Develey, invitant les entreprises à se signaler d’elles-mêmes. Et si le contexte du Covid a forcément accru le nombre d’entreprises en difficultés, pour la plupart, la pandémie est venue renforcer une situation déjà compliquée. « Nous faisons en sorte que l’entreprise puisse, à la fin de l’accompagnement, se relever d’elle-même et gérer de manière autonome ses difficultés. »

Nastasia Desanti