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« Le gouvernement est présent aux côtés de cette filière essentielle »

Viticulture. La Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à appellations d’origine contrôlées (CNAOC) regroupe 18 Fédérations régionales, soit l’ensemble des syndicats viticoles d’appellation de France et représente tous les exploitants produisant des vins d’appellations d’origine (AOC) soit 386 en France, auprès des pouvoirs publics nationaux et européens.

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Photo de Jérôme Bauer, Annie Genevard et Maxime Toubart
Jérôme Bauer, président de la CNAOC, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et Maxime Toubart, président du Syndicat Général des Vignerons. (Crédits : BB)

La ministre de l’Agriculture s’est rendue à Reims pour conclure le 102e congrès de la CNAOC(Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à appellations d’origine contrôlées) et délivrer quelques messages très attendus par les professionnels de la filière viticole.

« Je crois pouvoir dire que la solidarité nationale n’a jamais fait défaut à la filière non seulement depuis que je suis à la tête de ce ministère mais bien avant, sous l’égide de mes prédécesseurs », a-t-elle souligné, à l’attention de Marc Fesneau présent au premier rang du Congrès, en s’adressant aux représentants des 18 fédérations régionales viticoles et des 386 Appellations d’Origine Contrôlées (AOC/AOP).

Pour appuyer son propos, la Ministre n’est pas venue les mains vides. Après avoir insisté sur « le soutien de plus de 1 milliard d’euros déjà consenti par l’État à la filière viti-vinicole depuis 2020 », Annie Genevard a rappelé son action pour obtenir la sanctuarisation d’une enveloppe dédiée de prise en charge et de cotisations sociales de 10 millions en 2026, ainsi que l’obtention auprès du commissaire européen le déblocage de la réserve européenne de 40 millions d’euros pour financer la distillation de crise.

La ministre n’a pas oublié non plus de citer l’effort de 130 millions d’euros pour l’arrachage définitif de vignes, ouvert à tous les vignobles, un dispositif visant à rééquilibrer l’offre et à restaurer la viabilité des exploitations. « La Commission européenne n’a pas encore validé le plan de notre dispositif national, mais je ne pouvais pas laisser les viticulteurs sans réponse face à la reprise végétative et aux risques sanitaires ».

Un effort budgétaire qui traduit selon elle la confiance du gouvernement qui croit « en la capacité de la filière à mobiliser l’ensemble des outils à sa disposition en responsabilité pour résorber les déséquilibres profonds qu’elle connaît se projeter vers l’avenir avec confiance ».

Deux enveloppes de 5 millions d’euros

Le gouvernement a également débloqué deux enveloppes de 5 millions d’euros chacune, demandées par les professionnels dans le cadre du PSN (Plan Stratégique National) : la première pour assurer le soutien à l’oenotourisme, la seconde étant consacrée à la prospection de la flavescence dorée.

« Il faut aussi adapter la production à la réalité d’une consommation qui n’est plus celle d’hier, a insisté la ministre. Il faut réenchanter la culture du vin auprès des jeunes en répondant à leurs aspirations par l’innovation et en redonnant du sens au partage du vin auquel de nouvelles modes se sont substituées ».

Loin d’être une fatalité, pour Annie Genevard, ce désamour pour le vin chez les nouvelles générations doit être l’occasion d’ouvrir grand les domaines, pour permettre, grâce à l’oenotourisme la rencontre et l’expérience, « un vrai gisement de valeur pour votre métier et les territoires que vous cultivez ».

La ministre a également insisté sur sa volonté de simplification. « Je veux simplifier la liste des opérateurs aussi loin que me le permettra la loi. Mon cabinet a engagé un cycle de réunions visant à identifier les points noirs qui irritent les opérateurs pour y apporter des simplifications de bon sens ».

Quant à la prochaine réforme de la PAC, qui a alimenté une partie des débats du Congrès, elle augure d’une « grande bataille pendant de longues années encore ». En effet, la ministre précise : « C’est peu de dire que les propositions de la commission ne nous conviennent pas. Ni à nous, ni aux nombreux Etats membres, j’aime à rappeler que 25 sur 27 se sont déclarés contre. La commission abîme ce qui a fait le succès de l’Europe agricole pendant des décennies ».

Accords commerciaux à surveiller

Pour Annie Genevard, « les grands enjeux de notre filière se situent aussi et surtout sur les marchés extérieurs. Pied à pied, nous devons défendre les positions françaises sur les destinations historiques et partir à la conquête de nouveaux territoires ». Et les accords commerciaux si décriés restent un levier de croissance conséquent. « Il est souvent question en France des sensibilités agricoles dans les négociations commerciales. Mais chaque négociation est aussi l’occasion de porter haut nos intérêts stratégiques dont la filière viticole fait partie. Les avantages obtenus dans les négociations récemment conclues avec le Mercosur le 1er septembre, tout comme celles avec l’Indonésie et l’Australie reflètent nos efforts pour ouvrir de nouveaux marchés pour nos viticulteurs ».

Elle ajoute : « Les accords commerciaux, c’est globalement 64 milliards de gains pour l’ensemble de l’Union européenne. Mais il faut que la France en tire tout le parti. Il faut que la France soit gagnante dans ces accords de coopération ».

Un message clair et entendu par les congressistes à qui la ministre a assuré, juste avant de quitter la scène : « Avec le plan d’urgence et malgré la forte contrainte budgétaire, le gouvernement a réaffirmé sans ambiguïté son soutien résolu à la filière viticole à laquelle notre pays doit tendre. Il ne s’agit pas d’un énième plan d’urgence, il s’agit d’un investissement pour redonner un cap à notre filière viticole et à tous les territoires dont elle est à la fois le poumon économique, le patrimoine paysager et la fierté légitime. Les appellations sont une des expressions les plus pures de la souveraineté, je fais confiance à celles et ceux qui les font vivre pour être les moteurs de ce nouveau cap ».