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130e année

Le dialogue social a de l’avenir dans l’entreprise

Social. Pour parler du dialogue social dans l’entreprise, et de ses enjeux à venir, le mieux était encore de se rencontrer ! Ce qu’ont fait les représentants de toutes les parties prenantes, jeudi dernier au campus Croix Rouge de l’URCA, à l’initiative de l’Association Nationale des DRH (ANDRH).

De gauche à droite : Angéline Barth (CGT), Stéphane Heit (CPME) et Loïc Belhomme (AG2R La Mondiale) étaient les intervenants de la table ronde « Dialogue social dans l’entreprise : pourquoi et comment ? » ; Sophie Mariot Michaut (ANDRH) et Fabrice Rosa (URCA) en étaient les animateurs. Jacques Rivière

L’objectif de ce colloque, intitulé « Dialogue social dans l’entreprise : pourquoi et comment ? », était bien de partager les pratiques et les évolutions du dialogue social dans une perspective de compétitivité durable et de performance sociale. À ce titre, la table ronde « Les grands enjeux du dialogue social pour demain » a donné quelques pistes même si, comme le soulignait Sophie Mariot-Michaut, présidente du groupe Champagne de l’ANDRH « l’exercice se pratique sans filet car ni les uns ni les autres nous n’avons de boule de cristal pour lire l’avenir ».

Conditions de travail et qualité de vie

Président de la CPME Grand Est, Stéphane Heit posait comme premier constat que « plus de 80 % des entreprises françaises sont des TPE/PME, avec des chefs d’entreprise au plus près de leurs salariés, qui tiennent le dialogue social pour essentiel, dans une démarche pragmatique consistant à écouter, à donner des informations aux salariés et à échanger pour trouver des solutions, sans vision manichéenne ». À ses yeux, les conditions de travail et la qualité de vie au travail (avec l’équilibre vie professionnelle/ vie personnelle) sont un enjeu majeur du dialogue social de demain. Mais, comme le faisait remarquer Loïc Belhomme, directeur régional d’AG2R La Mondiale, « le dialogue social a besoin des partenaires sociaux - et de représentants syndicaux - pour “porter les sujets” ».

« Il existe une crise du syndicalisme et la jeunesse ne se retrouve pas toujours dans les organisations syndicales, d’où la nécessité de former les représentants du personnel au dialogue social »

Occasion de constater que l’Etat se substitue trop souvent à ces derniers. À cet égard, Angéline Barth, secrétaire confédéral de la CGT en charge du dialogue social, regrettait la disparition du CHSCT « qui permettait d’évoquer les conditions de travail, en s’appuyant sur l’expérience des salariés ». Un autre aspect important à prendre en compte dans le dialogue social de demain est celui de la « reconnaissance du travail » (Angélique Barth), de « sa valorisation, au-delà même de sa rémunération » (Loïc Belhomme).

Se former au dialogue social

Reste que le dialogue social requiert une certaine formation de la part de ceux qui y participent. « Il existe une crise du syndicalisme et la jeunesse ne se retrouve pas toujours dans les organisations syndicales, d’où la nécessité de former les représentants du personnel au dialogue social », expliquait Angélique Barth. « Il n’y a pas de difficultés majeures avec les jeunes représentants syndicaux, qui n’ont pas d’idées préconçues - ce qui est un élément clé du dialogue social », expliquait Stéphane Heit.

« En revanche, poursuivait- il, il y a parfois un manque de formation des chefs d’entreprise au dialogue social - par manque de temps - ce qui peut créer un “décalage” avec la formation qu’ont les délégués syndicaux… » Enfin, la question environnementale et celle de la transition énergétique se sont invitées dans ces perspectives futures. Et il est acté que dans l’entreprise ces thèmes désormais incontournables ne peuvent pas être envisagés sans les salariés. Preuve que le dialogue social a l’avenir devant lui…

Jacques Rivière