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130e année

Le covoiturage a la cote dans l’Aube

Mobilité. Des dispositifs innovants permettent aux étudiants et aux particuliers de réaliser des économies et même de gagner de l’argent grâce au covoiturage.

Le covoiturage a la cote dans l'Aube
Une aire de covoiturage d’une centaine de places vient d’être inaugurée à la sortie de l’A5, à Torvilliers.

La flambée des prix du carburant va accélérer la pratique du covoiturage dans l’Aube. D’autant que automobilistes et passagers bénéficient à la fois d’incitations financières et d’une application dédiée au « court-voiturage ». L’idée est de développer à l’échelle locale la pratique du covoiturage qui s’est démocratisée depuis quelques années sur les longs trajets. « Nous rendons possible le partage des trajets du domicile vers le lieu de travail, d’études ou de loisirs en partenariat avec les collectivités et les entreprises », souligne Tom Attias, responsable des nouveaux utilisateurs chez Karos. Cette start-up lancée en 2014 compte aujourd’hui plus de 500 000 utilisateurs réguliers en France. « L’Aube est notre première implantation dans le Grand Est et nous comptons déjà plusieurs partenariats dans le département qui profitent quotidiennement aux Aubois », poursuit-il.

Par exemple, côté étudiants, quatre établissements d’enseignement supérieur troyens, (Y Schools, l’EPF, l’ESTP et l’IUT MMI) expérimentent auprès de leurs étudiants un dispositif inédit et astucieux. Via l’application Karos, il est possible de se trouver facilement entre conducteurs et passagers pour aller du domicile aux différents campus. Pour le passager qui n’a pas à verser de participation aux frais de carburant, le court-voiturage est entièrement gratuit à raison d’un aller-retour par jour. L’étudiant conducteur est pour sa part rémunéré en accueillant ses passagers. « Les étudiants touchent en moyenne 200 euros par mois en covoiturant de cette manière », précise Tom Attias.

« Nous rendons possible le partage des trajets du domicile vers le lieu de travail, d’études ou de loisirs en partenariat avec les collectivités et les entreprises »

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les établissements supérieurs ne déboursent pas le moindre centime : « C’est la vente de certificats d’économies d’énergie qui finance le dispositif », ajoute-t-il. Pour rappel, ces certificats payés par les entreprises polluantes financent des dispositifs réduisant la pollution ainsi que le covoiturage. Une expérimentation de six mois qui pourrait perdurer, l’État souhaitant atteindre plus de trois millions de covoitureurs quotidiens d’ici à 2024.

Entreprises et collectivités aussi

Dans l’Aube, Karos a aussi des partenariats avec plusieurs entreprises parmi les plus gros employeurs de l’Aube : le centre hospitalier de Troyes, 3 Média, Bonduelle ou encore MacArthurGlen par exemple. Grâce à l’application les salariés peuvent covoiturer sur leur lieu de travail et l’entreprise connaître précisément les économies de CO2 réalisées. Un point important à l’heure du RSE et des plans mobilité mais aussi de la fidélisation des salariés, l’entreprise pouvant, si elle le souhaite, abonder le dispositif. Autre partenariat, celui avec les collectivités locales. Le Département et Troyes Champagne Métropole financent une participation, tant pour le passager que pour le conducteur, des trajets effectués dans le département par les Aubois via Karos.

Une initiative pour, à la fois, répondre aux problématiques de transport, réduire l’empreinte carbone des déplacements et améliorer le pouvoir d’achat. En moyenne, grâce au covoiturage, un conducteur gagne une centaine d’euros par mois. Pour favoriser davantage cette pratique, les sociétés autoroutières implantent des aires de covoiturage avec des places de stationnement. Le Département assure la maîtrise d’ouvrage de la construction de ces aires. À terme, six aires de covoiturage seront aménagées, à Thennelières, Magnant, Saint Thibault, Vulaines, Ville-sous-la-Ferté, en comptant celle de Torvilliers, à la sortie de l’A5, qui vient d’être mise en service.

Laurent Locurcio