Le club ETI Grand Est veut peser auprès des décideurs
Économie. Le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) a été créé en 1995.
Le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) a été créé en 1995. Il rassemble et fédère les ETI (entre 250 et 4 999 salariés) autour de trois objectifs : faire connaître les ETI et porter l’ambition française ; plaider pour un environnement plus compétitif, aligné sur l’environnement économique et fiscal européen ; promouvoir l’investissement de long terme. Le club ETI Grand Est a pour sa part été créé en 2018, porté notamment par la Région et sous l’impulsion du PDG du Groupe Lingenheld (entreprise de travaux publics, 640 salariés, 250 millions d’euros de chiffre d’affaires). « L’objectif est de créer un lieu d’échange entre pairs sur une catégorie d’entreprise qui avait du mal à se retrouver parmi les grands groupes qu’elles ne sont pas, et qui se sentait un petit peu en décalage par rapport au pragmatisme des PME qu’elles n’appliquaient plus », confie Geoffroy Roederer, coprésident et PDG du courtier en assurances Roederer. « Il est aussi de mailler le territoire du Grand Est avec des représentants d’ETI et également de PME de croissance qui pourraient être des ETI demain, l’idée étant de jouer un rôle d’ascenseur, de facilitateur pour ces dernières. » C’est pourquoi celles-ci sont accompagnées pour leur permettre de franchir ce cap, souvent grâce à une innovation, un rachat, ou une extension. « C’est pour cela que le club ETI Grand Est a eu l’idée de leur mettre à disposition des mentors, souvent d’anciens dirigeants qui ont revendu ou passé la main à une nouvelle génération. »
93 membres et une volonté de grandir
Actuellement, 93 entreprises sont membres du club ETI Grand Est, avec pour but, lors des rencontres en Région, de se faire connaître pour augmenter cette visibilité et accueillir de nouveaux membres. À l’échelle de la Champagne Ardenne, c’est Quentin Renard, Président du groupe Audeo, qui représente le club et est la « personne ressource » pour les ETI intéressées. « La condition pour intégrer le club est d’être une ETI, autonome de décision. Donc pas une filiale d’un grand groupe. D’ailleurs, beaucoup d’entreprises de tailles intermédiaire sont des entreprises familiales. On peut être coté en bourse, on peut avoir un fonds d’investissement, mais en tout cas il faut avoir une autonomie de décision », précise-t-il. L’implantation historique de beaucoup d’entre elles en font des acteurs clés du territoire. « Les ETI sont des recruteurs et des investisseurs importants, et particulièrement dans leur territoire d’origine », renchérit Frédéric Creplet, coprésident et directeur général d’E’nergys (conseil en efficacité et transition énergétique). Ainsi, si le club « ne fait pas de politique » à proprement parler, il entend cependant peser sur certaines décisions en « effectuant de la pédagogie auprès des élus et en rappelant certains principes », souligne Frédéric Creplet qui déplore le manque de culture économique de certaines personnalités politiques. « Nous avons tous une expertise dans notre domaine, on est donc en capacité d’apporter des solutions parfois nouvelles, souvent originales, parfois tout simplement croisées dans d’autres pays de la planète. C’est vital d’avoir une marque France qui soit compétitive sur la scène européenne, voire mondiale. »