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Le champagne, demain, selon le Groupe des jeunes vignerons

Champagne. À partir de constats clairement établis et de propositions qui ne manquent pas d’ambition, le Groupe des jeunes vignerons de la Champagne dresse un plan d’action pour sortir de la crise.

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Le bureau autour de Marie-Pierre Lutet-Charpentier
Pour le Groupe des jeunes vignerons de la Champagne (ici le bureau autour de Marie-Pierre Lutet-Charpentier, sa présidente - au centre), l’avenir passe par une collaboration étroite de tous les acteurs. (Crédits : JR)

Lors de son assemblée générale, qui se tenait fin mars dans les locaux de Terroirs & Vignerons de Champagne, à Chouilly, le Groupe des jeunes vignerons de la Champagne a dressé la liste de ce qui freine et pénalise aujourd’hui le vignoble. En premier lieu la baisse des ventes, notamment sur le marché français (-42 % depuis 2009, soit 29 millions de bouteilles en moins) ; la diminution du nombre de metteurs en marché ; la hausse des coûts de production (+25 % en 5 ans) ; le vieillissement du vignoble entraînant une perte du potentiel de production ; un morcellement extrême (280 000 parcelles) pénalisant l’efficience ; et, ce qui n’est peut-être pas le moindre phénomène, une évolution des modes de consommation et un décalage entre l’offre et les attentes des consommateurs.

Dans ces conditions, comment revenir à ce qui apparaît comme le bon équilibre du vignoble champenois avec une production de 300 millions de bouteilles par an réparties entre le Vignoble (un tiers) et le Négoce (deux tiers) - soit quelque 10 000 kg/ha ?

Avenir commun

En la matière, les jeunes vignerons de la Champagne ne manquent pas d’idées. Ils les ont clairement exposées, dans ce style un rien iconoclaste qui leur va bien. Le vignoble vieillit ? Il faut alors procéder à son rajeunissement par arrachage/replantation à raison de 3 % – soit 1 000 hectares – par an. Les coûts de production augmentent ? L’optimisation de ces coûts, par l’optimisation et la mutualisation des moyens de production doit être envisagée. Le remembrement, l’échange de parcelles doit permettre de lutter contre le morcellement. Par ailleurs, si le champagne, en multipliant les cuvées, et s’orientant vers des dosages de plus en plus faibles, s’est éloigné des attentes et des goûts de la majorité des consommateurs, il convient de retrouver une cohérence entre l’offre et la demande. À ce titre, il importe de redonner toutes ses lettres de noblesse et de volume au brut sans année, en s’adaptant aux goûts de marchés qui font encore la part belle au sucré (Inde, Mercosur…) notamment en fonction de leurs habitudes culinaires. Mais les pistes des nouveaux conditionnements (12 cl, 25 cl, coffrets découverte…) comme des nouveaux modes de consommation (cocktails) ou des nouvelles tendances (le no/low alcool) sont également à explorer. De la même façon, le Groupe des jeunes préconise de renouer le lien avec la grande distribution, mais dans le cadre d’une visibilité et d’une identification qui mette en valeur toute la singularité du champagne.

Enfin, le champagne doit pleinement s’appuyer sur l’inscription des Coteaux, maisons et caves de Champagne au Patrimoine mondial de l’Unesco pour faire de l’oenotourisme un levier stratégique de développement, et transformer les touristes/ clients en ambassadeurs. Pour autant, aux yeux du Groupe des jeunes vignerons de la Champagne, rien ne se fera sans une collaboration étroite entre les vignerons, les Maisons, les territoires, ce qui implique de dépasser les logiques individuelles pour mieux envisager l’avenir en commun.