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Le Cabaret Vert veut fêter ses 20 ans en se rassurant

Festival. Doté d’un budget de plus de 12 millions d’euros et fort de 2000 bénévoles et 600 partenaires, le Cabaret Vert soufflera ses 20 bougies du 20 au 23 août à Charleville-Mézières (Ardennes).

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Cabaret Vert
Crédits : PR

Devenu, avec plus de 100 000 festivaliers en quatre jours, un des rendez-vous musicaux majeurs en France, le Cabaret Vert contribue largement au rayonnement des Ardennes. Il vivra sa vingtième édition du 20 au 23 août à Charleville-Mézières sur la plaine de La Macérienne et du square Bayard.

Cette année et malgré une baisse du budget artistique, les programmateurs du festival carolomacérien, Christian Allex et Vivien Becle, sont parvenus à attirer dans leurs filets les artistes Deftones, Nick Cave, Cat Power et GIMS, à faire revenir Théodora, cette fois sur la grande scène, tout en réussissant à décrocher la présence de plusieurs lauréats ou nominés des dernières victoires de la Musique (Feu ! Chatterton Charlotte Cardin, Miki, Disiz).

Entre grosses pointures et découvertes, le format choisi pour tenir compte de la cohabitation des générations et de la diversité des genres, sera marqué par des thématiques quotidiennes destinées à rassembler des publics différents et venus de tous les horizons : métal le jeudi, rock le vendredi, rap et pop urbaine le samedi et rendez-vous plus rassembleur et familial, le dimanche. Une édition qui, même restructurée, sera encore de haute volée.

Consolidation des acquis

Lors de l’avant-première du festival, Cédric Cheminaud, l’un des deux directeurs, a souligné que cette édition-anniversaire serait celle de la consolidation des acquis, « ce qui permettra de finir ce qui a été engagé depuis 2022 ». Avec notamment un réaménagement progressif du site ayant permis la traversée publique de la Meuse et l’amélioration de la déambulation.

Après des années où le Cabaret Vert a longtemps recherché à grandir, l’évènement se veut désormais « résilient et robuste ». Il se fixe une jauge entre 20 000 et 25 000 festivaliers par jour tout en maximisant son impact économique par de meilleures recettes « pour donner de l’ambition à tous nos futurs projets ». À savoir la mise en place sur la friche de la Macérienne du Cabaret Vert Village, un espace de vie pensé pour toute l’année comprenant un espace hôtelier, des ateliers partagés, une école de musique et un parc urbain aménagé de 15 hectares. Un nouveau quartier grâce à la réhabilitation de 12 000 m² de bâtiments sur 15 hectares.

Toujours un sacré défi

Enfin, le Cabaret Vert, engagé depuis toujours dans le développement durable, ne renie pas ses origines : il veut contribuer à changer les habitudes quotidiennes dans des domaines comme la mobilité du public, une offre végétarienne de plus en plus étoffée (59%) sur les lieux de restauration et des adaptations au changement climatique déjà commencées avec le renforcement de zones ombragées, la multiplication de points d’eau et la révision des horaires d’ouverture. Sans oublier les efforts continus en matière de tri sélectif, de circuits courts et de décarbonation énergétique.

Devenu l’un des deux derniers festivals associatifs hexagonal dans un contexte culturel de plus en plus difficile, le Cabaret Vert a été conçu pour ne pas dépendre des financements publics. Il entend garder ses valeurs et son indépendance, la longévité étant devenue le maître mot de ses organisateurs.

« Ce type d’activité n’est pas de nature rentable, ce qui nous oblige à trouver des solutions de rationalisation et à être plus regardant. Cette année, il a ainsi fallu faire de la dentelle équipe par équipe », remarque son directeur, Julien Sauvage.

Pour continuer de cultiver sa singularité, sécuriser son modèle et ne pas céder aux sirènes des gros investisseurs en quête de rachat, FLaP, s’appuie sur un réseau de 600 partenaires locaux dont 500 mécènes et souhaiterait à moyen terme « se restructurer juridiquement en faisant appel à de l’actionnariat local, pour pouvoir avoir recours à de l’investissement, améliorer nos fonds propres et éviter une éventuelle absorption. C’est le seul moyen de sanctuariser la marque Cabaret Vert et de la développer sans dépendre d’une intervention extérieure ». À quelques jours de l’ouverture du Festival, les premiers indicateurs sont encourageants et annoncent une bonne fréquentation 2026. « On est plutôt satisfaits, la billetterie fonctionne bien », avance Julien Sauvage, confiant mais pondéré.