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129e année

Le Bâtiment Associé construit son avenir

Bâtiment. Un nouveau site et l’agrandissement de ses ateliers bois et pierre… Le Bâtiment Associé investit 5 millions d’euros pour créer, au cours des trois prochaines années, de nouveaux locaux et du matériel de pointe.

Au premier plan, les travaux de construction et d’agrandissement de l’atelier pierre qui ont débuté sur le site de Muizon du Bâtiment Associé. Au second plan, le siège qui sera remplacé par un nouveau bâtiment à partir de 2022.

Entreprise phare du territoire en matière de construction et à la pointe dans les travaux de rénovation et d’exception (bois, pierre...), le Bâtiment Associé (200 salariés pour un chiffre d’affaires de 31,5M€ en 2021) continue de bâtir son avenir. Pour son dirigeant, Christophe Possémé, l’heure est donc aux investissements pour offrir à l’entreprise de Muizon (Marne) un outil agrandi et performant dans la perspective d’une croissance durable et du respect des nouvelles normes en matière de construction.

Il vient donc de lancer la première phase d’un vaste programme de développement sur trois ans (et 5 M€ d’investissement), qui va comprendre la construction d’un nouvel atelier taille de pierre, un nouveau siège et un nouvel atelier bois. « En novembre, notre atelier , que nous sommes en train d’agrandir, recevra un nouveau robot de taille de pierre », explique Christophe Possémé, qui a investi 800 000 euros dans un robot « 5 axes », fabriqué en France et équipé de plus de 20 outils de taille, couplé avec un logiciel DAO et un scan. « Parallèlement à cette installation, nous allons mettre en place un silo de récupération des eaux de taille avec un bassin de décantation pour n’avoir aucune perte d’eau lors de la taille de la pierre ».

Pour le dirigeant, très attaché au travail de la pierre, un des objectifs de cet investissement est d’améliorer les conditions de travail au sein de son atelier. « Il s’agit de gagner en pénibilité pour nos hommes, pour faire réaliser les travaux les plus pénibles par le robot et de leur réserver les tâches à valeur ajoutée ». Cet agrandissement des bâtiments est aussi l’opportunité pour l’entreprise de stocker davantage de matière première, améliorant la réactivité au niveau des demandes des clients.

Le retour de la pierre

« Une machine aussi performante nous offre aussi la possibilité de répondre à des demandes spécifiques, à des commandes sur-mesure, grâce notamment à l’outil de scan qui permet d’aller plus loin que travailler la pierre en restauration pour faire des créations ». De quoi favoriser le retour de la pierre sur le devant de la scène, la fabrication des pièces en série pouvant faire baisser le coût de la construction pierre dans le neuf. « Alors qu’elle était pratiquement inexistante dans la construction neuve, ces dernières années nous observons une nouvelle clientèle qui apprécie la pierre et une demande réelle dans ce sens de la part des architectes ».

Quant au marché de la restauration, il a lui aussi connu un rebond récent, remis au coeur des débats il y a deux ans à la suite de l’incendie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Une évolution qui devrait prendre forme encore plus concrètement dès la mise en route du robot en janvier 2022 et qui permettra à Christophe Possémé de faire progresser son activité et donc ses effectifs. « Cette nouvelle organisation devrait nous permettre de monter en compétences et de recruter au sein de notre bureau d’études par exemple. Il compte 5 personnes actuellement et l’objectif est de passer à dix personnes d’ici trois ans ».

La deuxième phase des travaux consistera à construire un nouveau siège social, à quelques centaines de mètres de l’existant, désormais à l’étroit dans le cadre du développement de l’entreprise. Il accueillera les bureaux du siège ainsi que ceux de la partie gros oeuvre. Prévu en 2022, ce chantier devrait durer un an et précéder le troisième projet du Bâtiment Associé : l’atelier bois.

Les matières premières en tension

« En 2023, nous commencerons notre chantier d’atelier usinage bois. C’est un investissement qui lui aussi répond aux attentes et aux besoins de plus en plus grands dans le secteur de la construction bois », précise Christophe Possémé. Si l’entreprise est déjà à la pointe de la construction bois depuis 2001 et l’ouverture de son atelier de charpente, elle a franchi une étape supplémentaire dans ce secteur d’activité avec son atelier ossature bois, ouvert en 2011, qui lui permet d’assurer de nombreuses constructions de toutes tailles.

Grâce à ces travaux, l’entreprise veut accompagner sa croissance, à peine ralentie par la crise sanitaire.

« En 2011 nous faisions 3 millions d’euros de chiffre d’affaires sur le bois, aujourd’hui, nous réalisons 10 millions d’euros. Pour continuer à nous développer, il est temps pour nous de passer à autre chose et de prendre une nouvelle dimension », assure celui qui doit aussi préparer son entreprise aux nouvelles réglementations, la RE 2020 notamment qui vise à privilégier les matériaux biosourcés, le bois en tête. Si son entreprise a limité la casse lors de la crise sanitaire, elle a bien rebondi en 2021 en enregistrant un chiffre d’affaires en progression de +13% par rapport à 2019 (27,5M€) « Nous avions enregistré -8% en 2020 ce qui reste honorable au vu des circonstances », souligne le dirigeant, qui n’a pas fait appel au PGE pour surmonter l’année 2020.

« En novembre, notre atelier , que nous sommes en train d’agrandir, recevra un nouveau robot de taille de pierre »

La conjoncture est d’ailleurs un élément d’inquiétude pour Christophe Possémé qui est également Président national des Maçons et Président de la Commission des marchés au niveau de la FFB. Outre la pénurie de main d’oeuvre - « il manque 25000 maçons en France et entre 2010 et 2020 nos métiers ont perdu 15% d’entrées en apprentissage », alerte-t-il - c’est la pénurie de matière première, les délais d’approvisionnement et les risques de flambée des prix qui occupent l’esprit des chefs d’entreprise du bâtiment cet été. « En quatre mois glissants, le prix de l’acier a doublé mi-2021. Au niveau du bois, le laminé-collé a quant à lui plus que doublé entre novembre 2020 et juillet 2021 », précise le Marnais qui redoute la réduction voire la disparition des marges des entreprises au niveau des commandes déjà signées et sur les marchés non révisables.

« Certaines entreprises en viennent même à se demander si elles ne doivent pas résilier certains contrats », argumente-t-il, espérant pour la rentrée une stabilisation de l’offre et de la demande sur les marchés pour maintenir l’équilibre de sa filière.

Benjamin Busson