La théorie du DonUTT pour penser l’environnement universitaire
Environnement. L’UTT de l’Aube travaille sur sa responsabilité sociétale et environnementale en recensant la faune et la flore des 12 hectares de son site.
La nature se développe autour de l’UTT de Rosières-près-Troyes avec des arbres de 5 à 6 mètres de hauteur aujourd’hui et la renaturation des espaces pavés. Des zones végétalisées en gestion différenciée et raisonnée pour favoriser la biodiversité. Et pour preuve, cent cinquante espèces ou plus précisément taxons (organismes vivants) ont été recensées. Une végétation dont vingt espèces sont rares ou très rares, comme la molène floconneuse, qui devient des refuges pour les insectes ou la petite faune.
Côté faune, le site situé en zone périurbaine accueille principalement des oiseaux, des insectes et des lièvres avec des espèces protégées ou en danger comme le cochevis huppé, un oiseau en voie d’extinction. Quatre-vingt-dix-sept espèces animales y sont inventoriées. Il s’agit du second inventaire de biodiversité sur le site, le premier ayant été réalisé en 2020. L’étude réalisée par Yohann Brouillard, expert en biodiversité pour la faune, et Arnaud Laculle, botaniste pour la flore, sera agrégée et valorisée dans les données de l’inventaire national du patrimoine naturel (INPN).
Un outil de mesure local
Pour analyser les résultats, l’UTT a développé un outil : le DonUTT. Il considère le plancher social dans ses dimensions de santé, travail et étude, cohésion et justice. Cet espace interagit sur le plancher écologique qui se répercute sur la planète avec le changement climatique, la biodiversité, l’eau, la santé des sols et la qualité de l’air.
Inspiré du modèle de l’économiste Kate Raworth, le DonUTT est un modèle simple et visuel coconstruit par les enseignants, le personnel, les chercheurs. Neuf ateliers ont permis d’identifier les 10 indicateurs à mesurer pour analyser les interactions du campus sur l’environnement. Le DonUTT se veut une boussole pour guider les actions sur la base d’une vision transversale et collective.
Les premières conclusions montrent les actions à maintenir ou développer pour l’UTT pour préserver ce patrimoine naturel. Le maintien et l’extension des zones de prairie et de pelouse avec des tontes aléatoires, la préservation des haies, des arbres, la préservation de zones refuges pour la faune, la prise en compte des périodes de reproduction des oiseaux lors des interventions sont autant de pistes et de bonnes pratiques en faveur de l’environnement.
« Cela nous permet de voir si la politique mise en oeuvre il y a quelques années porte ses fruits », explique Jérôme Plain, directeur adjoint de l’UTT. « Et, visiblement, c’est le cas. Le DonUTT est une vraie mesure qui permet de gagner des degrés dans les bureaux en été. Nous contribuons à la politique de zéro artificialisation en réduisant notre empreinte sur le sol et en permettant à l’eau de se réinfiltrer. »
Une étape supplémentaire inscrite vers la transformation environnementale de l’UTT pour atteindre les objectifs de son Plan stratégique 2035 et en mesurer les progrès dans son schéma directeur de développement durable et sociétal. En 2025, l’UTT a d’ailleurs obtenu le label national Développement durable et responsabilité sociétale pour quatre ans en reconnaissance de ses engagements.