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130e année

La scierie du Chênelet se développe en utilisant le bois local

Artisanat. L’entreprise signacienne qui permet à des personnes sans emploi de se former afin de trouver par la suite un emploi durable va bénéficier d’un investissement assorti d’une aide de l’État.

La petite scierie ardennaise, spécialisée dans la production de bardages en bois, bois d’emballage et d’éléments préfabriqués, va profiter avec celle d’Audruicq (Nord) d’une aide de 1,6 millions d’euros. DR

Lauréat de l’appel à projets « Industrialisation de Produits et Systèmes Constructifs bois et autres biosourcés » du plan France Relance, la scierie ardennaise de l’association « Le Chênelet », basée à Signy-le-Petit, a reçu la visite de Thomas Buffard. Le sous-préfet à la Relance est venu annoncer une aide de l’Etat de 1,6 million d’euros, profitant à l’unité locale ainsi qu’à celle d’Audruicq (Nord) faisant suite à un investissement commun et global de 2,5 millions d’euros.

Créée en 2017, après une phase d’installation des machines, la scierie a mis en place son activité de sciage destinée à la production de bardage en bois d’essence locale et de bois d’emballage à laquelle elle a ajouté la conception d’éléments préfabriqués pour la construction. À partir de janvier et jusqu’en 2024, avec ses 33 salariés en insertion, elle a pour objectif de déployer des filières courtes industrielles dans le domaine de la construction bois, allant de la première transformation à la construction. Un projet qui vise à réduire l’impact carbone des constructions, à autonomiser la filière et à augmenter les impacts sociétaux et environnementaux sur les territoires.

« Notre projet, qui concerne aussi une autre antenne du groupe, se décline autour de la construction de logements écoconstruits, en particulier sociaux, en réponse aux besoins de petits bâtiments modulaires écologiques type bungalows. Ici, à Signy-le-Petit, cela permettra de renforcer le sciage et la fabrication d’éléments préfabriqués de construction en valorisant les bois de pays et en créant de l’emploi sur le territoire », souligne Anne-Gaëlle Charvet, la présidente de l’association Le Chênelet.

80 % de taux de sorties positives

En étant rattachée à un groupe solide qui accompagne plus de 250 personnes en situation de précarité, peu ou pas qualifiées, et en les aidant à s’insérer durablement sur le marché de l’emploi, la scierie ardennaise dirigée par deux permanents dont le responsable de la structure, Maxime Lion, profite pleinement des synergies permises par cette intégration. L’association Le Chênelet qui réalise 5 millions d’euros de chiffre d’affaires regroupe en effet quatre unités commerciales organisées par métiers : un site industriel de transformation du bois autour de six activités à Audruicq, un atelier à Landrethun-le-Nord qui oeuvre dans le maraîchage, l’agroalimentaire, la chocolaterie et les éco-gîtes et enfin une production de palettes à Toucy, dans l’Yonne.

« En offrant une expérience de travail, un accompagnement socioprofessionnel et de la formation, nous agissons aux côtés des personnes travaillant pour nous avec un objectif : les aider à retrouver le chemin de l’emploi par l’obtention, au bout de 18 mois, d’un certificat de qualité professionnelle « salariés polyvalents ». Pour conduire cette mission, nous prenons appui sur des activités industrielles porteuses en travaillant en partenariat avec les entreprises du territoire qui recrutent. Nous avons 80% de taux de sorties positives », se félicite Anne-Gaëlle Charvet.

Pascal Remy