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La Safer mobilisée pour accompagner la relève agricole

Agriculture. La Safer organisait une cérémonie « coup de pouce » à Chaumont-Porcien (08), suite à l’installation de jeunes agriculteurs. L’organisme soutient en effet le renouvellement des générations au sein des exploitations afin de garantir un modèle agricole varié, participant à tout un écosystème de territoire.

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Huit agriculteurs se sont vus remettre un chèque d’un montant de 300 euros afin de valoriser des projets qui participent au renouvellement des générations agricoles. (Crédits : ND)

Ils étaient une dizaine, jeunes installés, repreneurs d’exploitation familiale ou non, à célébrer avec la Safer cette étape fondatrice. L’occasion pour Thierry Bussy, Président de la Safer Grand Est, et Eric Labbé, Président du comité technique Safer Ardennes, de remettre huit chèques d’un montant de 300 euros et ainsi de valoriser des projets qui participent au renouvellement des générations agricoles.

« Je voudrais rappeler l’importance du renouvellement des générations, un sujet que nous défendons depuis de nombreuses années, voire plusieurs décennies, au sein de la Safer », s’est exprimé Thierry Bussy. « Il faut aller encore plus loin dans nos actions. Le partenariat technique mais également l’intermédiation locative, c’est-à-dire la capacité de capter davantage de biens et de les proposer à candidature. Nous avons également relancé un travail de sourcing depuis quelque temps. Les premiers résultats commencent à apparaître, mais il faut amplifier ce phénomène si nous voulons réussir le renouvellement des générations. » Un point crucial pour les responsables de la Safer qui mettent en avant l’importance du modèle agricole français, un modèle qui se veut résilient, avec des actifs. « Nous voulons des producteurs, et pas seulement de la production », insiste le Président de la Safer Grand Est. Car derrière cette question se joue l’avenir des territoires et de leur aménagement.

Une problématique étroitement liée à celle du prix des terres et du contexte économique. Un état des lieux est à cet égard effectué chaque année par la Safer, grâce aux données envoyées par les notaires pour chaque vente. « Ces notifications nous renseignent sur le vendeur, l’acquéreur, la liste des biens et le montant de la transaction », précise Benoît Ducret, Chef du service départemental des Ardennes. « Nous observons une pression foncière beaucoup plus importante sur le territoire de la Champagne crayeuse. Une partie des Ardennes se situe dans cette zone, où l’offre de foncier reste très limitée. Les terres de grandes cultures, de betteraves ou encore de pommes de terre ont toujours connu une évolution plus marquée des prix que les secteurs d’élevage, qui ont longtemps souffert de difficultés économiques liées à la conjoncture », indique-t-il.

Grand écart entre le Nord et le Sud

En effet, le prix des terres libres peut varier d’environ 4 000 euros l’hectare dans le nord du département des Ardennes à près de 16 000 euros dans le sud ! Néanmoins, depuis quelque temps, la Safer observe un léger regain d’intérêt pour les terres d’élevage et les prés. « Cette évolution est directement liée à l’amélioration de la situation économique de la filière. Les ovins, les bovins et l’ensemble des productions d’élevage ont bénéficié de prix plus rémunérateurs. » À l’inverse, en Champagne crayeuse, le nombre de ventes est en baisse et les prix reculent de 6,85 %. « On constate que le contexte devient de plus en plus difficile dans les zones de grandes cultures. » Dans l’Argonne, les prix poursuivent leur progression avec une hausse marquée de 17,53 %. À surface vendue équivalente, cela représente une augmentation particulièrement significative. C’est pourquoi, comme les transactions se sont davantage déplacées vers le nord du département par rapport à 2024, la Safer constate une baisse de la valeur moyenne en termes de transactions.

« Entre 2024 et 2025, le prix moyen des terres libres connaît une légère baisse, passant de 11 132 euros à 10 578 euros par hectare », fait savoir Benoît Ducret. L’évolution des prix est également analysée par petite région agricole, notamment pour les terres occupées, qui intéressent particulièrement les GFA (Groupement foncier agricole) et les fermiers. « Il faut rappeler qu’un fermier dispose du même droit de préemption que la Safer. Il peut exercer ce droit normalement mais aussi dans le cadre d’une révision du prix. Lorsque cela est nécessaire, nous sommes là pour accompagner les personnes concernées. »

Enfin, de manière globale, les prix marnais demeurent systématiquement supérieurs à ceux observés dans les Ardennes qui présentent des évolutions beaucoup plus irrégulières. « Il suffit que les ventes se concentrent davantage dans le nord ou dans le sud du département pour modifier sensiblement les statistiques. À l’inverse, dans la Marne, la progression reste plus régulière et continue », confie le Chef du service départemental des Ardennes. À l’échelle nationale, environ un tiers du foncier attribué par la Safer est destiné à l’installation. Parmi ces installations, 70 % concernent des projets hors cadre familial. « Cela signifie que la majorité des attributions réalisées par la Safer permettent à des porteurs de projets qui ne disposent pas d’une exploitation familiale à reprendre de s’installer. La principale difficulté n’est pas tant l’absence de candidats que le manque d’exploitations disponibles à la reprise. Dès lors qu’une exploitation économiquement viable est mise sur le marché, nous constatons qu’il existe des candidats à l’installation », explique Thierry Bussy.

Solutions foncières

L’enjeu reste donc de trouver des solutions pour porter le foncier. « Il ne faut pas qu’un jeune soit contraint d’acheter simultanément l’exploitation et l’ensemble des terres, ce qui est quasiment irréalisable. » C’est pourquoi différents outils existent : les GFA mais aussi des fonds d’investissement spécialisés comme le fonds Élan (fonds de portage de foncier agricole créé par le FNSafer) ou encore des investisseurs privés. « Nous faisons régulièrement appel à des apporteurs de capitaux pour maintenir des exploitants en activité ou faciliter des installations. Certains investisseurs recherchent simplement un placement patrimonial dans le foncier agricole. Même si la rentabilité reste relativement modeste, cela permet de diversifier un patrimoine et d’équilibrer les risques. »

Dans les dix prochaines années, on estime que près de 50 % des exploitations agricoles devront être transmises.