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« La prochaine étape, c’est le blocage complet »

Transport. Près d’une centaine de poids lourds et de tracteurs ont manifesté devant la Préfecture de Châlons-en-Champagne pour protester contre la hausse des prix du carburant le mardi 31 mars.

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Plusieurs dizaines de transporteurs marnais, au volant de leurs poids lourds ont répondu à l’appel conjoint de la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers (FNTR) Marne et de l’OTRE (Organisation des Transporteurs Routiers Européens) pour manifester contre la hausse des tarifs du carburant. Rejoints par une vingtaine de tracteurs emmenés par les adhérents de la Coordination Rurale 51 à La Veuve, ils ont roulé ensemble en direction de la Préfecture de la Marne, à Châlons en Champagne.

Pour les transporteurs routiers, la forte hausse des carburants de près de 60 centimes par litre pose assez nettement la question de la rentabilité des entreprises, voir même de leur survie, souligne Pascal Robert, le Président de la FNTR Marne : « Lorsque je mets 200 litres dans le réservoir de mon véhicule, j’enregistre un surcoût de l’ordre de 100 à 120 euros par rapport à début mars. La marge de notre activité est de 2% à 3% en moyenne, alors autant dire qu’elle a déjà disparu ». Dans ces conditions, le représentant de la FNTR ne mâche pas ses mots quant à la proposition gouvernementale de baisser de 20 centimes le prix au litre. « C’est peanuts, on n’en veut pas ! », commente-t-il. « D’autant plus que cela ne va concerner que les entreprises en grande difficulté ».

Les transporteurs demandent en effet une baisse de 60 centimes par litre et un blocage des prix au niveau de ceux de début mars (sans impact sur l’indice gasoil professionnel), mais aussi la possibilité de pouvoir temporairement reporter les remboursements de crédits avec les banques, sans oublier l’annulation de l’Écotaxe Poids Lourds prévue par la Région Grand Est.

Solidarité transporteurs agriculteurs

Venus soutenir les transporteurs routiers, les agriculteurs de la Coordination Rurale 51 ont eux aussi manifesté à Châlons par solidarité. « Le transport routiers est très important pour notre filière », souligne Sébastien Aubert, vice président de la CR 51. « La betterave par exemple, nécessite beaucoup de transport et de logistique, donc nous sommes solidaires. Si demain les transporteurs ne sont plus là, quelle sera la capacité de notre filière agricole à poursuivre son activité ? ». Pour l’agriculteur de Nuisement sur Coole, il faudrait que le Gazole Non Routier (GNR) soit stabilisé à 1 euro TTC, alors qu’il est facturé entre 1,40 et 1,45 euro. « Il y a une crainte économique pour les agriculteurs à laquelle s’accumule une peur de pénurie aujourd’hui », souligne le vice président qui rappelle que ce combat pour les carburants s’ajoute à ceux déjà menés ces dernières années contre le Mercosur et les difficultés rencontrées par le monde agricole (foncier, rentabilité, normes…). Une lutte de plus dont se seraient bien passés les agriculteurs marnais. « On préférerait être dans nos exploitations. Mais aujourd’hui, le mot d’ordre c’est de faire des actions symboliques pour montrer que nous sommes unis. Et que l’union fera la force ». Une union qui pourrait bien aller plus loin en cas de non réponse gouvernementale, selon Pascal Robert qui prévient : « Si les réponses ne nous conviennent pas, on durcira nos actions. La prochaine étape, c’est le blocage complet ».

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  • Photo de Pascal Robert
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  • Pascal Robert