La ministre de la Santé annonce des mesures en faveur des infirmiers
Santé. Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées s’est rendue à la Maison de Santé Pluriprofessionnelle (MSP) de Taissy pour faire des annonces concernant le renforcement des compétences des infirmiers.
« Nous sommes trop souvent considérés comme de simples exécutants. » Cette phrase prononcée par Véronique Pechey, Présidente du Conseil régional de l’Ordre des infirmiers, lors d’une table ronde organisée à la Maison de Santé Pluriprofessionnelle de Taissy, résume assez bien le sentiment partagé par la profession et l’orientation nouvelle du métier que souhaite donner la Ministre de la Santé, Stéphanie Rist, à la profession d’infirmier.
« La loi dite « Infirmières », votée en juin 2025, va permettre aux infirmiers de recevoir directement des patients ayant des plaies chroniques ou aiguës. C’est-à-dire que demain, si vous vous blessez et que vous avez une plaie, vous pourrez aller directement chez l’infirmier plutôt que de passer par le médecin traitant », explique celle qui est médecin rhumatologue de formation et connaît donc bien le système de santé. « C’est une mesure d’accès aux soins, mais aussi une mesure de reconnaissance des compétences des infirmiers », poursuit-elle en précisant qu’il y a également des négociations en cours sur la rémunération liée à cette reconnaissance.
« L’État accompagne cette transformation par des moyens financiers renforcés : 80 M€ pour aider les régions à financer l’ouverture de 5 500 places supplémentaires en instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) ainsi qu’un engagement du gouvernement à revaloriser les infirmiers en pratique avancée et à construire, avec la profession, une rémunération à la hauteur des responsabilités exercées », précise également Anne-Sophie Romagny, Sénateur de la Marne, Membre de la commission des Affaires sociales et de la Délégation aux entreprises et Rapporteur de la Loi « Infirmières ».
Redéfinition des missions
Cet enjeu de redéfinition des missions s’inscrit « en coopération avec les autres professionnels », notamment les médecins généralistes, qui ont pour leur part souvent le sentiment d’être « une variable d’ajustement ». L’objectif est ainsi non seulement de reconnaître les compétences des infirmiers mais aussi de désengorger les cabinets de médecine générale afin de redonner aux médecins les moyens d’effectuer leurs actes. Car l’attractivité et le modèle proposé – comme ce qui peut se faire au Centre Gutemberg Santé à Taissy – font ainsi partie des problématiques abordées. « Dans notre écosystème, nous avons réussi à créer une dynamique attractive pour les jeunes médecins », se félicite Guillaume Michaux, Directeur de la Maison de Santé pluriprofessionnelle.
« Mon rôle, c’est l’articulation entre les professionnels en veillant à la cohérence des discours : que le patient n’entende pas un message différent selon qu’il parle au médecin, à l’infirmier ou au pharmacien. Ici, cela facilite beaucoup de choses. » Réaction de la Ministre : « Je suis très favorable à ce que les professionnels s’organisent comme ils le souhaitent, car chaque territoire est différent. »
« Formation – expertise – responsabilité »
Sébastien Blateau, vice-président de l’Ordre des Médecins de la Marne a tenu pour sa part à mettre en avant l’importance du triptyque « Formation – Expertise – Responsabilité ».
« Nous faisons face à un double effet de cisaillement : peu d’installations, beaucoup de départs. La situation est extrêmement tendue. Plus de 12 000 médecins formés attendent une installation, mais ne s’installent pas car la médecine libérale actuelle ne les satisfait pas. Tant que nous ne comprendrons pas ce qui freine l’installation, nous ne répondrons pas aux enjeux territoriaux », insiste celui qui est également médecin généraliste, installé à Tinqueux. « La téléconsultation ne peut pas répondre seule aux besoins complexes : soins palliatifs, psychiatrie, annonces graves… Elle tend à capter les actes simples et à laisser les situations lourdes aux autres, sans reconnaissance financière adéquate. Le temps médical est essentiel : soigner, demande du temps ! » Après plusieurs jours de grève, les médecins généralistes avaient ainsi suspendu leur mouvement après des engagements donnés par le gouvernement.
« L’idée est de recréer de la confiance, que les médecins reprennent le dialogue avec l’Assurance maladie et avec le gouvernement, pour travailler sur tous les enjeux auxquels ils sont confrontés », assure Stéphanie Rist.