La justice ardennaise retrouve des effectifs complets et accélère sa modernisation
Justice. Après avoir perdu beaucoup d’effectif ces dernières années au gré des mutations, la juridiction carolomacérienne affiche désormais complet.
« Aujourd’hui, je suis très contente de cette rentrée judiciaire pour les justiciables comme pour les juges. Car en dehors d’un manque de quelques adjoints administratifs et techniques au niveau du greffe, nous sommes au complet au siège et au parquet », se réjouit Jennyfer Picoury, la présidente du tribunal judiciaire de Charleville-Mézières.
Une situation plus qu’appréciable après avoir connu six mois difficiles à moins de 34 % des effectifs du siège et travaillé en 2023 et 2024 avec presque 50 % d’effectif en moins. « J’ai même la chance de disposer d’une magistrate supplémentaire avec Mme Daugeras, qui siège lors des audiences criminelles tout en s’occupant des affaires de familles et des injonctions de payer, là où nous avions du retard », annonce-t-elle.
Neuf magistrats supplémentaires
La Loi de programmation a donc porté ses fruits. Et la juridiction carolomacérienne en a profité avec l’arrivée, dans les Ardennes, de neuf nouveaux magistrats, ce qui lui a permis de récupérer le retard accumulé ces dernières années. « Et cela au terme d’une période très prenante pour une équipe dynamique et courageuse qui a continué de faire vivre ce tribunal. »
Les nouveaux arrivants sont Mathilde Sulla, substitut du Procureur (parquet mineurs et civil), Eva Huet, elle aussi substitut du Procureur (atteintes aux personnes et à l’environnement), et Chloé Fogola, directrice des services de greffe judiciaire (chaîne pénale). Six magistrats du siège ont aussi été accueillis et installés par Jennyfer Picoury. À savoir : Melody Boukorras, juge du code pénal, Théo Grincourt, juge au pôle civil, Manon Bodet, juge au pôle civil et au pôle économique et social, Sarah Pullel, juge des enfants, Eline Ginez, juge des contentieux de la protection, Anna Voytenko, juge des contentieux de la protection et déléguée au tribunal de proximité de Sedan.
Relever le défi du numérique
Grâce à ces renforts, Jennyfer Picoury va pouvoir se lancer dans un mouvement de modernisation, la protection des mineurs à tous les niveaux et dans un enjeu majeur pour l’avenir : le choc numérique. « Au civil, on doit tout numériser et avec l’arrivée du portail numérique des justiciables, nous n’avons plus que trois mois pour relever ce défi. Il faut que l’on soit prêts dans ce domaine en janvier 2027 car les justiciables ont le droit de savoir où en sont leurs affaires. »
Lors de sa prise de parole, la présidente du tribunal judiciaire a aussi passé quelques messages pour que l’on laisse « l’autorité judiciaire rester à sa place dans la démocratie car il est important de ne pas céder à des tentatives d’illégitimation ».
Elle a également exprimé son désir d’ouvrir la juridiction au public en organisant des rencontres entre les professionnels du droit, les citoyens et les élus pour faire découvrir cette institution et renseigner les gens sur les pratiques des magistrats. Ce qui s’est récemment déroulé à la Foire de Sedan ou lors des Journées du Patrimoine.
Jennyfer Picoury a conclu son intervention en souhaitant qu’il n’y ait pas de précipitation dans de nombreuses réformes d’envergure « et notamment celle d’une loi récente sur le changement fondamental des fonctions du juge des violences intrafamiliales. Il est question de discuter de la fusion de deux compétences que sont le juge des enfants et le juge aux affaires familiales ».