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129e année

La gestion du port de Givet déléguée à la société Urano

Développement. Pour poursuivre l’essor du site portuaire de la Pointe des Ardennes, la CCI a décidé de confier son exploitation au groupe Urano, implanté à Warcq.

Concessionnaire depuis que le port de Givet est devenu public, la CCI vient de céder la sous-concession auparavant détenue par Eau et Force puis Suez Eau France au groupe Urano. DR

Après l’avoir sauvé de la fermeture avec l’aide du District de Chooz à la barre du tribunal de commerce de Nanterre, en 1994, suite à la liquidation judiciaire de Sanara qui gérait alors l’infrastructure, le port de Givet (28 hectares, 1 450 mètres de linéaire de quai autour de trois darses, 10 000 m2 de plateforme de stockage pour les conteneurs ) co-dirigé par la CCI et VNF (Voies Naviguables de France) sera désormais exploité par l’entreprise Urano. Le groupe Suez étant arrivé au terme de sa mission, la sous-concession de service public a été confiée, à partir du 1er janvier 2022, à l’entreprise de BTP de Warcq. L’autorité de tutelle, VNF donnera à son tour son feu vert d’ici la fin d’année. L’annonce a été faite lors de la dernière assemblée générale de la chambre consulaire.

Pôle multimodal (fer, route, eau) relié au réseau Freycinet vers le sud et le bassin parisien par la Meuse, le canal des Ardennes et le canal de l’Est, connecté aussi à la voie ferrée Charleville-Givet et proche de l’autoroute A304, l’infrastructure givetoise capable d’accueillir des bateaux à grand gabarit (jusqu’à 1 350 tonnes), présente par ailleurs l’avantage d’être située à quelques jours des ports d’Anvers et Rotterdam. Ces différents atouts ont permis au port de la Pointe des Ardennes de devenir, au fil des années et des améliorations apportées de façon régulière, une place stratégique de plus en plus attractive.

Un port à nouveau en pointe

De 2006 à 2020, près de dix millions d’euros ont ainsi été injectés par la CCI, la Région, le Département, Ardennes Rives de Meuse, l’Etat et le Feder dans différents travaux structurants tels que l’élargissement de la porte de garde, le raccordement à la voie ferrée Givet-Charleville-Mézières, la réhabilitation et la sécurisation des quais, la réalisation d’une ligne de conteneurs ou encore la création de bâtiments de stockage. L’acquisition de matériels de concassage et de criblage mais aussi l’aménagement du Quai des 3 fontaines en amont du port pour le transfert de granulats vers les Carrières de pierres bleues font également partie des transformations importantes.

EDF ayant, pour sa part, créé une voirie spéciale pour les colis lourds pour relier le port à la centrale nucléaire de Chooz. C’est cette conjugaison d’éléments qui a permis au port, créé en 1911 par la société des Fonderies Pont-à-Mousson pour assurer le transbordement du charbon, de ne pas rester à quai… Une dynamique s’est enclenchée ces dernières années sous la houlette d’Eau et Force puis Suez Eau France bien aidées par les différents financeurs. Et à l’heure du développement durable, d’écologie et de bilan carbone, l’avenir du transport fluvial s’annonce plus souriant.

570 000 tonnes de marchandises manutentionnées en 2019

Tous les voyants semblent donc au vert, sur place. Avec l’accueil d’environ un bateau par jour et 570 000 tonnes de marchandises manutentionnées en 2020, le port a retrouvé une certaine stabilité dans son activité que la pandémie avait ralentie en 2019 (440 000 tonnes de marchandises due à la baisse des exports de céréales). En 2019, les courants d’affaires se répartissaient ainsi : produits céréaliers (23 %), granulats de/ carrières (53%), charbon (4%), fonte (12%) et fertilisants (8%). La répartition des flux par destinations montre que les trafics principaux se font avec la Belgique (68%), les Pays-Bas (11%)et l’Allemagne (2%).

Parmi les entreprises se chargeant du port comme tête de pont pour leurs approvisionnements ou expéditions, on trouve entre autres PSA, Monier, Lafarge Holcim, Unilin, CDFG Energie, EDF, Tréfimétaux, Ahlstrom à Stenay, Enercon, Rhenus Transports de Reims, etc. Si cet espace n’a pas encore attiré beaucoup d’implantations d’entreprises hormis la société belge BST, une réserve foncière reste à la disposition d’éventuels investisseurs.

Pascal Remy