La Fondation François Sommer voit grand dans les Ardennes
Équipement. Destinée à trouver des solutions en faveur de la protection de la faune sauvage et de ses habitants, la Fondation François Sommer achève un centre de formation, de recherche et de création artistique à Belval Bois-des-Dames (Argonne).
Envisagé depuis 2019 par la Fondation François Sommer, le centre de formation et de recherche lié à la chasse et la nature, lancé en juin 2024 à Belval Bois-des-Dames est en cours de finalisation. L’institution parisienne assure la maîtrise d’ouvrage de ce projet qui a nécessité un investissement global de treize millions d’euros. C’est l’un des projets structurants les plus importants actuellement en cours dans le département des Ardennes. Neuf entreprises locales et un architecte carolomacérien ont pris part à ce projet.
Après avoir achevé les travaux de rénovation de son musée de la chasse et de la nature parisien, l’institution ancrée dans le sud des Ardennes depuis 1966, a entamé à partir de 2021 ce projet d’ampleur qui fera l’objet d’une inauguration officielle le 9 juillet. Plutôt qu’une réhabilitation de l’existant, le conseil d’administration, présidé par Henri de Castries, ancien PDG d’AXA, a opté pour une construction neuve permettant de disposer de plus de place et de confort. Ce programme essentiellement consacré à l’étude, à la conservation et à la gestion de la faune sauvage a été confié à l’atelier carolomacérien « Matières d’architecture », dirigé par l’architecte Frédéric Denisart, associé au cabinet parisien Paul Landauer, avec lequel il a déjà collaboré sur la ZAC du gros Caillou à Villers-Semeuse et sur la réalisation du marché couvert de Charleville-Mézières.
Un hameau de neuf pavillons de 225 m²
Frédéric Denisart présente le futur complexe : « Conçu comme un village-hameau, l’ensemble est destiné à l’accueil de chercheurs, naturalistes, scientifiques et chasseurs de toute l’Europe et de la France entière durant des séjours de plusieurs jours. Il comprendra neuf pavillons de 225 m², soit 1 600 m² de bâtiments couverts et fermés sur une emprise au sol de 2 500 m². Avec un pôle administratif pour le directeur David Pierrard et ses six employés, un lieu de restauration, un espace de conférences, deux hébergements avec des chambres pour 15 personnes, une vaste bibliothèque, une zone de convivialité, et placé comme une halle au milieu d’un village, un espace de recherches doté d’un laboratoire et d’un bureau dédié aux scientifiques. Sans oublier l’intégration d’une résidence d’artistes ».
À l’exception du charpentier « Le Bâtiment Associé » (Muizon, Marne), neuf entreprises ardennaises ont été sollicitées pour cette belle aventure. Dont la scierie Nouyrigat qui a utilisé la forêt environnante pour débiter du chêne et en faire du parquet mis en place par la menuiserie MCF à Carignan. « C’est une chance extraordinaire et une vraie stimulation de travailler sur un projet conforme à notre ADN et pour des gens qui n’hésitent pas à nous demander d’aller plus loin dans nos projections. C’est une belle possibilité de montrer notre savoir-faire », se réjouit Frédéric Denisart, ravi de s’inscrire ainsi dans une démarche mobilisant des techniques et des matériaux durables.
Avant de donner des précisions techniques. « Outre les bâtiments à ossature bois, nous utilisons un isolant en paille et des petites tuiles fabriquées par Monnier dans une de ses filiales françaises, on est aussi sur des menuiseries en bois à triple vitrage et un chauffage par géothermie, très peu consommateur en énergie (25 kW de puissance de chauffe pour tout le site). Ce qui témoigne de la volonté de la Fondation d’ériger un bâtiment respectueux et au plus proche de la nature et de la biodiversité. C’est écrit dans ses gènes ».
Financée en majeure partie par la Fondation François Sommer (13 millions d’euros d’investissements sur ses fonds propres, à hauteur de 94 %), cette réalisation a été aidée par l’État et la région Grand Est (778 000 euros). « Avec cet instrument, nous espérons aussi augmenter le nombre de nos stagiaires (au nombre de 3 000 depuis 1995) et ouvrir davantage notre domaine aux écoles et au grand public », ajoute David Pierrard, responsable du domaine.
« Cet équipement unique en France vise à réunir et soutenir l’ensemble des acteurs de la gestion durable des territoires. À savoir des propriétaires privés, des gestionnaires d’espaces naturels, des chasseurs, des naturalistes, forestiers agriculteurs et scientifiques ainsi que des établissements publics, des collectivités, des étudiants et artistes », synthétise le directeur général de la fondation, Alban de Loisy. Ce centre créé en accord avec l’URCA devrait être opérationnel pour septembre prochain.