Informations régionales économiques et juridiques
130e année

La CMMA assure et rassure

Assurance. La plus ancienne société d’assurance mutuelle de France encore en activité est aujourd’hui leader de la couverture des collectivités du département de la Marne.

La CMMA veut étendre son maillage territorial qui compte aujourd’hui 7 agences (ici celle de Reims). Sébastien Chauchot

Vénérable institution locale, la Caisse Mutuelle Marnaise d’Assurance fait preuve d’une étonnante jeunesse, malgré ses près de 250 ans ! Créée sous le nom du Bureau des incendiés de Châlons en 1774, elle était alors une caisse commune gérée par l’Eglise pour venir en aide aux habitants démunis à la suite d’un des nombreux incendies de l’époque. Si elle a été l’une des premières à voir le jour en France, elle est surtout aujourd’hui, la seule de ces caisses des incendiés à toujours exister, faisant d’elle la plus ancienne société mutuelle d’assurance de France encore en activité.

Elle change de nom dans les années 70 pour devenir la Caisse Mutuelle Marnaise d’Assurance (CMMA) mais conserve son ancrage local et voit ses missions évoluer. « Uniquement consacrée aux dommages liés aux incendies à Châlons, la CMMA prend progressivement de l’ampleur à Reims, à Epernay et dans toute la Marne. Elle se développe aussi de plus en plus auprès des particuliers et des collectivités », souligne Stéphane Vilain, le directeur de la CMMA, qui a pris ses fonctions le 1er avril 2022.

Un marché des collectivités marnaises sur lequel la mutuelle est aujourd’hui leader départemental. « Nous assurons plus d’une commune sur deux », précise le directeur, qui compte également parmi son portefeuille clients de nombreux particuliers, agriculteurs et viticulteurs. Il faut dire que la CMMA a su se diversifier dès les années 90 pour proposer toujours plus de services en lien avec la prise en compte des attentes des assurés, de l’habitation au multirisque en passant par l’assurance automobile, la santé et la prévoyance.

Rassurer les assurés

Preuve de cette stabilité, source de relations durables avec ses clients, le nouveau directeur a été recruté courant par son prédécesseur, Olivier de Bretagne afin d’assurer une transition en douceur pendant six mois. D’autant que la CMMA avance une solidité financière et une solvabilité enclines à entretenir la confiance mutuelle entre elle et la clientèle. « Nous présentons un ratio de solvabilité de 233% soit 2,33 fois plus que l’exigence de l’autorité de contrôle qui est de 100% », souligne Stéphane Vilain.

De quoi rassurer les assurés, au-delà de la taille modeste de la CMMA (7 agences, 37 salariés, 9,3 millions d’euros de chiffre d’affaires) face aux grands groupes d’assureurs qui dominent le marché national et régional. « Nous sommes relativement petits mais en capacité de gérer n’importe quel événement comme par exemple la tempête de 1999. Elle a touché de très nombreux marnais, et pourtant, cela ne nous a posé aucun problème pour jouer notre rôle d’assureur et couvrir tous les sinistres des particuliers comme des collectivités ».

« Pour nous, il est important de nous développer mais nous voulons surtout le faire bien, pour continuer à évoluer avec les besoins de nos sociétaires tout en conservant notre rôle sociétal, de proximité, aux valeurs mutualistes »

Pour le directeur, les valeurs mutualistes sont elles aussi un élément fondamental de la personnalité de la CMMA. « Nous n’avons aucun actionnaire à rémunérer. Nous sommes une société à but non lucratif et nos profits sont soit redistribués à nos sociétaires sous forme de ristourne, soit injectés dans nos fonds propres pour nous rendre encore plus solides », rappelle-t-il, très attaché également au maillage territorial. Situées à Châlons, Reims, Epernay, Sézanne, Vitry, Rethel et Château-Thierry, les 7 agences de la mutuelle dépassent légèrement les frontières marnaises mais ont toutes en commun une proximité constante.

« Nos agences sont ouvertes du lundi au samedi matin et nos agents sont joignables directement par mail, téléphone ou via l’espace sociétaire grâce à nos services digitaux : nous n’avons pas de plateforme, uniquement des lignes dédiées pour joindre nos collaborateurs en direct ». Une forme de circuit court, qui revient dans l’air du temps mais que la CMMA a toujours privilégié, en quelque sorte, notamment en soutenant de nombreuses associations et initiatives locales. « Je crois beaucoup en notre modèle mutualiste, qui est un modèle alternatif aujourd’hui mais qui séduit beaucoup les jeunes en particulier, qui font du mutualisme parfois sans le savoir en privilégiant l’autopartage ou la colocation par exemple », poursuit Stéphane Vilain.

Projets de développement

S’il évoque la jeunesse c’est aussi parce que sa mutuelle est sensible à l’évolution de ses clients, leur proposant sans cesse de nouveaux services destinés à les accompagner dans leurs événements de vie : jeunes actifs, familles nombreuses, jeunes retraités… « Nous sommes aussi là pour être attentifs à leurs évolution de comportements pour personnaliser notre accompagnement ». Dernier exemple en date, la création d’une assurance en responsabilité civile pour les utilisateurs de trottinettes électriques…

« Pourtant obligatoire, elle est encore méconnue », explique le directeur.
Outre le développement de ses offres produits et de services digitaux, la CMMA réfléchit très sérieusement à l’extension de son territoire d’intervention aux départements limitrophes (Aisne, Aube, Haute-Marne). De quoi étendre son portefeuille clients de 17 000 sociétaires (dont 600 collectivités) mais pas à n’importe quel prix.

« Pour nous, il est important de nous développer mais nous voulons surtout le faire bien, pour continuer à évoluer avec les besoins de nos sociétaires tout en conservant notre rôle sociétal, de proximité, aux valeurs mutualistes ». Un challenge palpitant avant d’aborder le 250e anniversaire de la CMMA en 2024.

Benjamin Busson