Entreprises

L’UIMM souhaite une vraie politique industrielle

Industrie. Dans son point trimestriel de conjoncture, l’UIMM Champagne-Ardenne constate une dégradation de la situation des entreprises industrielles de la métallurgie. L’accroissement des coûts et le manque de visibilité pèsent lourdement sur ce secteur économique.

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Photo de Nicolas Grosdidier, Cédric Kamerer et Sébastien Guenet
De gauche à droite : Nicolas Grosdidier, président de l’UIMM Champagne-Ardenne, Cédric Kamerer, président du comité local Marne, Sébastien Guenet, délégué général. (Crédits : JR)

7 trimestres consécutifs de recul d’activité, 41 % des entreprises sous leur niveau de 2025, 44 % des carnets de commandes en baisse ; 44 % des entreprises qui réduisent ou reportent leurs investissements… En quelques chiffres le ton est donné : les nuages s’accumulent dans le ciel de la métallurgie champardenaise. La guerre au Moyen Orient a également un fort impact sur les entreprises : inflation, augmentation des coûts de l’énergie et de transport, augmentation mécanique des salaires… À quoi s’ajoutent les offensives de la concurrence asiatique. Pour Nicolas Grosdidier, président de l’UIMM Champagne-Ardenne, « nos entreprises ne sont pas une variable d’ajustement budgétaire, et nous ne jouons pas avec les mêmes règles du jeu que nos concurrents étrangers. Région, agglomérations, collectivités multiplient les fiscalités sur le transport, la mobilité ou le réseau routier – que les industriels finissent toujours par payer. On ne peut pas appeler à la réindustrialisation le matin et alourdir la fiscalité des entreprises l’après-midi. La métallurgie champardennaise est certes résiliente, mais jusqu’à quel point ? »

Emploi et formation

Si l’emploi reste un îlot de résistance (63 % de stabilité des effectifs), c’est par la volonté des entrepreneurs de préserver leurs compétences dans un marché du travail tendu, alors même que les difficultés de recrutement s’amplifient. Sans oublier une pyramide des âges qui montre que le renouvellement des générations est une préoccupation majeure. Or, la métallurgie champardennaise a besoin de recruter 44 000 salariés chaque année d’ici 2030.

Se pose également le problème de la formation, à l’heure où, en la matière, les dotations de l’Etat aux Régions vont diminuer de 88 % (de 268 M€ destinés aux CFA en 2025 à 33 M€ en 2026). De quoi mettre en difficulté les 6 sites régionaux de formation, qui comptent 1 000 apprentis, 2 200 stagiaires et 120 salariés, alors même que pour la rentrée prochaine 500 jeunes souhaitent suivre un parcours en apprentissage dans les métiers de la métallurgie.

Défendre la Défense

Il y a cependant quelques aspects moins… sombres dans le panorama régional. Par exemple, la région est un territoire stratégique en ce qui concerne la Défense. « Notre industrie veut se battre [1]. Nous devons aider nos adhérents à aller vers les marchés de la Défense, qui constituent un débouché concret, accessible, en croissance. En la matière, il faut que notre territoire se fasse connaître », insiste Cédric Kamerer, président du comité local Marne. Après une première « Journée Défense » organisée l’an dernier en partenariat avec l’Armée dans la cadre de la Foire de Châlons et notamment tourné vers l’emploi des militaires quittant l’Armée, un format résolument opérationnel sera organisé dans une optique BtoB et job dating le 2 septembre, toujours à la Foire de Châlons.

Par ailleurs, après le succès du Salon Business Industries Reims, qui s’est tenu les 28 et 29 avril dernier, une deuxième édition est déjà prévue les 14 et 15 avril 2027, avec des ambitions à la hausse.

Un Pacte, un vrai

Enfin, à l’occasion de l’examen du Pacte Industrie Grand Est par le Conseil régional, l’UIMM, qui a participé à son élaboration, souhaite vivement : que cesse toute nouvelle initiative fiscale pesant sur les entreprises ; que les dispositifs financiers soient adaptés aux vrais besoins ; qu’une attention particulière soit accordée à la formation et à l’orientation ; et qu’elle soit associée pleinement à la gouvernance. À ce titre, pour Sébastien Guenet, délégué général, « l’industrie de la métallurgie du Grand Est mérite un Pacte à la hauteur de ce qu’elle représente pour le territoire ».

[1Rappelons que la Champagne-Ardenne est la troisième région la plus industrielle de France.