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130e année

L’optimisme sans faille du président du Medef

Patronat. Geoffroy Roux de Bézieux, en visite dans l’Aube, encourage les entrepreneurs malgré les difficultés de toute nature.

Geoffroy Roux de Bézieux accueilli à Troyes par Vincent Mathieu, président du Medef Aube. Laurent Locurcio

Ne comptez pas sur Geoffroy Roux de Bézieux pour verser dans le pessimisme. Pourtant, l’envolée des prix de l’énergie, la hausse des matières premières, la guerre en Ukraine, les difficultés de recrutement sont autant de difficultés que le président national du Medef ne nie pas devant les adhérents aubois qu’il a rencontrés. « La vie d’entrepreneur est aussi faite d’aléas, de surprises, de crises et dans le fond, c’est parce qu’il sait rester optimiste qu’un chef d’entreprise peut faire son métier de patron aujourd’hui en s’adaptant aux situations, en faisant preuve d’agilité, en étant capable de transformer son modèle économique », estime cet optimiste de nature, comme il se définit lui-même.

« Les compétences, ce sera la mère de toutes les batailles si la France veut réussir sa relocalisation industrielle »

Pour autant, il ne nie pas les difficultés actuelles comme celles dont à fait état le dirigeant de Larbaletier, Olivier Choiselat, en lui faisant visiter la PME de Fontaine-les-Grès. « Le prix des feuilles d’aluminium utilisées par Larbaletier a quasiment doublé et il est compliqué de pouvoir répercuter cette hausse dans la situation actuelle », reconnaît Geoffroy Roux de Bézieux. « L’augmentation des matières premières ne touche pas les entreprises dans les mêmes proportions, en revanche tout le monde est concerné par la hausse des prix de l’énergie, les entreprises comme les salariés », poursuit-il.

Le président du Medef note que les entreprises ont joué le jeu, en accordant 3 à 4 % d’augmentation des salaires en début d’année mais espère tout de même que le prix de l’énergie retournera à un niveau plus raisonnable lorsque la crise internationale sera passé. À ce sujet, le président du Medef a rappelé son soutien aux sanctions prises contre la Russie, même s’il regrette que des entreprises françaises puissent en subir les conséquences.

Le coût de la nécessaire transition écologique

Au niveau national, même si l’économie française se porte bien, l’équilibre reste fragile. « Beaucoup de candidats promettent un SMIC à 1 400 euros, voire au-delà : c’est généreux, mais dans une économie ouverte comme la nôtre faire ça c’est remettre en route la machine à chômage », craint-il. En revanche, le président du Medef regrette que lors de la campagne, le débat sur le financement de la transition écologique et des efforts à réaliser n’ait pas eu lieu. « Il ne faut pas laisser croire aux Français que la transition énergétique va être un long fleuve tranquille : produire plus vert c’est produire plus cher, et la question de savoir qui va payer est laissée de côté alors qu’il y a urgence », fait-il remarquer.

« Les compétences, ce sera la mère de toutes les batailles si la France veut réussir sa relocalisation industrielle », affirme Geoffroy Roux de Bézieux. L’économie française a de belles cartes à jouer. Les écarts de prix qui se réduisent, la nécessité d’indépendance industrielle mais aussi « un coût carbone des transports qui sera bientôt pris en compte » militent pour une « régionalisation de l’échelle de valeur » Mais pour réindustrialiser à grande échelle il faudra aussi tenir compte de nouvelles réalités. « C’est passé inaperçu pendant la crise sanitaire, mais la France compte désormais plus de cadres que d’ouvriers car c’est aujourd’hui la réalité des entreprises », conclut-il.

Laurent Locurcio